dimanche 18 novembre 2018 03:42:09

Théâtre traditionnel japonais : La pièce comédienne Kobu Uri s’invite à Alger

«Kobu Uri» (Le vendeur de laminaires), tiré du registre «Kyogen», forme comique du théâtre japonais traditionnel, a été présenté dimanche soir à Alger, devant un public relativement nombreux.

PUBLIE LE : 07-11-2018 | 0:00
D.R

«Kobu Uri» (Le vendeur de laminaires), tiré du registre «Kyogen», forme comique du théâtre japonais traditionnel, a été présenté dimanche soir à Alger, devant un public  relativement nombreux.
Accueilli à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth (Oref), «Kobu Uri», spectacle d’une quarantaine de minutes créé pendant la  dictature militaire des «Shôgun Tokugawa» (1603-1867), illustre l’attitude moqueuse et insolente de la plèbe, envers les «Daimyos»
( membres de l’aristocratie militaire féodale du Japon qui avait alors régné du IXe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle).  Dans le strict respect du texte et de la mise en scène originelle, Tadashi Ogasawara, dans le rôle du «Daïmyo» et son fils Hiroaki, dans celui du jeune «vendeur de laminaires» (algues marines), vont sur une scène nue et un éclairage standard se donner la réplique dans des échanges directs, à la diction délibérément grotesque, entretenus dans la langue japonaise, avec un sous-titrage en français.  Montrant l’utilité du «rire libérateur menant au bonheur», selon la la mise en scène origineltradition japonaise,  assumée par le genre comique Kyogen, le spectacle a permis une «subversion des valeurs» et une «inversion momentanée de la hiérarchie sociale».
Daïmyo, grand guerrier se retrouvant sans serviteur pour lui porter son sabre, décide de se rendre seul au Festival de Kyoto. Sur son chemin, il fait la rencontre d’un jeune vendeur de laminaires, auquel il propose de l’accompagner, lui confiant le statut de l’un de ses serviteurs pour lui permettre ensuite, de porter son sabre.
Embarrassé au départ, le vendeur de laminaires a fini par accepter, subissant les
injonctions répétées de son nouveau maître. 
Ne pouvant plus supporter, le jeune vendeur se sentant plus fort en possession du sabre, se retourne contre son maître lui ordonnant de lui vendre ses algues, en chantant, puis en dansant.
Dans des accoutrements traditionnels (kimonos), le père et le fils, menant la trame dans une gestuelle lente avec deux éventails comme accessoires, ont séduit l’assistance qui s’est difficilement adaptée à la pièce au départ, avant de prendre du plaisir à la suivre par la suite, en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi et de l’ambassadeur du Japon en Algérie, Kazuya Ogawa. 
Art du rire, le Théâtre Kyogen, «créé il y a 650 ans», selon Tadashi Ogasawara,  constitue avec les drames traditionnels représentés dans le «Théâtre du No», apparus bien après, un duo inséparable qui a donné lieu à  un théâtre d’une grande richesse, désigné au Japon sous l’appellation générique de «Nôgaku», inscrit en 2008 sur la liste du patrimoine  immatériel de l’Organisation internationale pour l’éducation, la Science et la Culture (Unesco).
La pièce de théâtre «Kobu Uri», programmée à la salle Ibn Zeydoun les 3 et 4 novembre derniers a été organisé par l’ambassade du Japon en Algérie, en collaboration avec l’Oref.

 

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