dimanche 18 novembre 2018 07:57:12

Rencontre «Sahara, je t’écris» au 23e SILA : Le désert éternel, muse des auteurs

La création littéraire du Sahara à été au cœur d’une conférence-débat, tenue lundi après-midi, lors de la 23e édition du Salon international du livre d’Alger.

PUBLIE LE : 07-11-2018 | 0:00
D.R

La création littéraire du Sahara à été au cœur d’une conférence-débat, tenue lundi après-midi,  lors de la 23e édition du Salon international du livre d’Alger.

Animée par une pléiade d’écrivains, issus du Sud algérien ou ayant eu le Sahara comme unité de lieu dans plusieurs ouvrages, la rencontre intitulée  «Sahara, je t’écris» a fait un tour d’horizon sur les caractéristiques de l’écriture sur le désert, ses tendances, ses genres et son actualité.
Muse de la création selon Abdellah Kerroum, le Sahara a toujours poussé l’homme à se poser des questions existentielles sur son rôle et ses controverses dans la vie. Il a évoqué les contes et légendes mentionnés dans la littérature algérienne à l’exemple de Je t’offrirai une gazelle de Malek lorsqu’il a évoqué l’égarement du roi d’Ouargla entre les dunes. Abdellah Kerroum a, par la suite, évoqué les paradoxes entre le sensé et l’insensé, entre la limite et l’illimité, entre le chaos et la méditation, avant de faire les louanges des écrivains du Sahara qui, selon lui, ont l’art de transmettre l’histoire, les folklores, le vécu et les caractéristiques climatiques du désert.  Amier Boudaoud a, pour sa part, déploré le fait que beaucoup d’écrivains algériens, nés et ayant grandit dans le Sahara, s’inspirent très peu de leur lieu d’enfance. «Isabelle Eberhardt a quitté Genève pour Ain Sefra. Lors de l’attribution du prix Nobel de la littérature en 2008 à Jean-Marie Gustave Le Clézio, il a été mentionné que à travers son roman Désert on découvre une extraordinaire culture peu connue. Nous devons valoriser le désert», a-t-il relevé.
Lauréat du prix Assia Djebar du roman français en 2016, Djamel Mati a fait savoir que depuis son œuvre sur le Sahara dans le roman  Cybercafé.com il n’arrive plus à l’oublier. «Lorsqu’on met le pied dans l’écriture sur le Sahara on ne s’en sort jamais. Je suis revenu, instinctivement, dans le reste de mes publications.
Le Sahara reste l’un des plus grands énigmes du monde», a-t-il noté. Djamel Mati a souligné que le charme, l’inaccessibilité et les mystères du désert sont pour lui une éternelle inspiration. «L’homme découvre sa petitesse dans le Sahara et oublie systématiquement sa force, son statut, sa fortune et son influence», a-t-il conclu. De son coté, le journaliste Abdelhafid Ben Djallouli a fait savoir que la création littéraire dans le Sahara a commencé poétiquement ; cela dit, les actuels changements anthropologiques du Sahara changent la donne. «Personnellement, j’ai des difficultés à dire que j’habite dans le désert alors qu’en fait j’habite la ville. Cet accouplement entre la modernité de la ville et l’espace du sable a permis aux hommes de lettres d’avoir plus de possibilité pour s’exprimer à travers la narration», a-t-il souligné.
À la question de l’influence du désert sur la littérature algérienne et son impact d’inspiration sur les auteurs, Abdelhafid Ben Djallouli a expliqué que l’espace infini du Sahara est totalement différent des caractéristiques de l’unité de lieu de chaque création littéraire.
«Il s’agit d’un espace de vide infini. Parler de la notion du vide dans le sens où il absorbe et répand le silence, cette caractéristique a fait du Sahara un lieu d’immigration par excellence pour les auteurs en quête d’inspiration», a-t-il conclu.

Kader Bentounès

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L’écho dU SALON

Azzedine Mihoubi inaugure  le « Book Prod 2018 »

Le ministre de la Culture ,Azzedine Mihoubi, a inauguré lundi, le salon d’industrie du livre « Book Prod 2018 », qui se déroule jusqu’au 08 novembre à la Safex. Organisé par l’Organisation nationale des éditeurs de livres (ONEL). Ce salon est destiné à la création, la conception, la distribution et la commercialisation en librairie, en passant par l’impression et la reliure et les diverses opérations de façonnage du livre, ou encore la mise en vente des intrants et équipements de cette industrie. Le ministre de la Culture a déclaré que la priorité actuelle est d’exporter le livre algérien.

Des ouvrages « de qualité »

Au pavillon A, où sont réunit des éditeurs algériens et étrangers spécialisés dans les ouvrages pour enfants et le roman jeunesse, toute une gamme diversifiée de publications littéraire et ludique est proposée. Et les stands de ces éditeurs spécialisés, toutes nationalités confondues, ne  désemplissent pas depuis l'ouverture du salon. Les ouvrages en arabe, français et même en anglais proposés par les exposants vont du manuel d'apprentissage des langues aux contes illustrés, en passant par les jeux et autres livres de coloriage, à la grande satisfaction des tous les petits et de leurs parents. Ce genre de publication est d'une qualité d'impression jugée «bonne» par des visiteurs, dont l'intérêt est particulièrement porté aux contes illustrés et autres manuels d'apprentissage en langue française. 

Le roman maghrébin à l’honneur

Une rencontre a été organisée lundi pour débattre autour des caractéristiques du roman maghrébin. Animée par le romancier tunisien, Choukri El Mebkhout, le critique littéraire marocain, Charafeddine Majdoline, ainsi que le romancier algérien, Hbib Sayeh. Ce dernier a déploré le fait que beaucoup de romanciers de ces dernières années s’inspirent que de la culture orientale pour écrire. Hbib Sayeh a rappelé la similitude de la langue, du dialecte, de la culture et de l’histoire des pays du Maghreb, appelant ainsi les romanciers maghrébins à explorer ce riche patrimoine culturel.

L’auteur Fadéla Farouk ouvre sa porte à l’initiative
« Beau café »

Sous l’égide de la maison d’édition « El djazair takra » (l’Algérie lit), l’auteure Fadéla Farouk, établie au Liban, a lancé lundi, la transformation de sa maison d’Annaba en café littéraire intitulé «Beau café». Espace quotidien de promotion artistique selon l’auteur, Abderezak Boukeba, le café littéraire devrait abriter des rencontres d’auteurs, des séances de vente-dédicace, ainsi qu’un espace d’exposition des arts plastiques. Cet espace abritera également des résidences de créativité et des ateliers de formation, ainsi que des rencontres musicales dans une empreinte de rapprochement culturel algéro-tunisien- méditerranéen.
K. B.

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