vendredi 16 novembre 2018 20:09:54
Ph : Louiza.

La présidente du Croissant-Rouge algérien a renouvelé, hier au Forum d’El Moudjahid, ses vifs remerciements au Président de la République, qui a mis fin au recours à la distribution du couffin de Ramadhan et qui a exigé que l’action de solidarité de l'État soit réalisée par des allocations financières. Cette décision est, pour Mme Saïda Benhabylès, une réponse à son plaidoyer pour la fin d’une opération qui se déroulait dans des conditions humiliantes.

Saïda Benhabylès n’est plus à présenter. Ses sorties médiatiques drainent toujours un grand nombre des représentants de la presse nationale. Son franc-parler ne laisse pas indifférent. Imprégnée de la culture d’État, elle a réussi, depuis 2014, à faire sortir le Croissant- Rouge algérien de sa léthargie. Elle le présente d’ailleurs comme un axillaire des pouvoirs publics et une organisation appelée à promouvoir la culture de la solidarité, car, dit-elle, l’effort de l’État doit être accompagné par l’engagement de la société dans l’action humanitaire.
Elle le présente aussi comme le bras humanitaire de l’Algérie, qui fait tout pour alléger les souffrances des victimes de la politique erronée, menée par des pays occidentaux dans la région. À ce propos, elle rappelle que notre pays a dépensé, entre 2014 et 2018, quelque 20 millions d’euros pour le rapatriement d’immigrants subsahariens, quelque 78.000, à la demande de leur gouvernement. Il ne s’agit pas là de parler d’argent, mais de dire ce que l’Algérie fait pour les Subsahariens, et elle le fait pour des considérations humanitaires et de solidarité envers ces populations victimes des interventions militaires étrangères.
Dans ce sillage, Mme Benhabylès n’a pas manqué de fustiger ceux qui critiquent, sans aucun fondement, la politique de l’Algérie à l’égard des migrants séjournant sur son territoire. «Nous défions toutes ces ONG qui nous critiquent de nous citer un autre pays qui traite les migrants mieux que le nôtre», a-t-elle lancé, tout en rappelant que «les autorités algériennes avaient mobilisé tous les services de santé et les structures d'accueil, pour une prise en charge des migrants dans de meilleures conditions». Pour mieux illustrer ses propos, elle cite comme exemple «l’hôpital de Tamanrasset, wilaya où est enregistré le plus grand nombre de migrants». Aussi, on apprendra que 37% des prestations de cette structure hospitalière sont destinées aux migrants, dont certains cas avaient été transférés vers les hôpitaux d'Alger par avion aux frais de l’État algérien. Pour la présidente du CRA, «l’Algérie demeure en position de force, car elle n’est pas la cause de cette tragédie humaine». «Nous avons aussi le droit de s’interroger sur les raisons de cette crise migratoire. Qui est responsable de cette tragédie et de ce drame humanitaire ?» a-t-elle soutenu, en réaction aux attaques des ONG à l'égard de l'Algérie concernant les conditions d’accueil et de rapatriement des migrants, notamment subsahariens. Elle ajoute que certaines ONG sont parties jusqu’à accuser l’Algérie de délester les migrants de leurs biens, alors qu’ils viennent pieds nus, les mains vides. L’invité de notre Forum nomme les choses comme elles sont. Et c’est sans ambages qu’elle dit qu’il faut remonter aux causes de cette tragédie humanitaire. Sans prendre quatre chemins, elle dit que c’est l’intervention de l'Otan en Libye, la source de ce mal. Et qu’il est grand temps que chacun prenne ses responsabilités, en aidant ces migrants à se stabiliser dans leur pays.

Le CRA sur tous les fronts

Mme Saïda Benhabylès refuse que l’on associe les activités du CRA au mois de Ramadhan ou à la prise en charge des sans domicile fixe. Pour elle, les activités de solidarité ont lieu toute l’année, et nécessitent une grande mobilisation.
C’est du moins la politique du CRA, depuis 2014. L’année où elle a été élue à la tête de cette instance. Les objectifs de la nouvelle équipe sont très clairs : vulgariser la culture de la solidarité et de l’entraide, compléter les efforts de l’État dans ce domaine et surtout ne plus être une charge pour les pouvoirs publics. Mais le grand problème dont souffre le CRA, c’est le manque d’espace pour le stockage des dons récoltés. Le projet initial, qui devait être réalisé en partenariat avec le FCE, n’a pas abouti. Autre point qui fait cruellement défaut, le fichier national des nécessiteux. Une revendication qui remonte à 2014. À cet effet, la conférencière appelle à la mise en place d’une commission chargée d’élaborer cette liste. La commission comptera parmi ses membres, des représentants des ministères de la Solidarité nationale, de l’Intérieur et des Collectivités locales, du Croissant-Rouge algérien et des Scouts. En plus, dit-elle, cette liste ne doit pas rester figée, elle doit être révisée annuellement. Cette opération nécessite un travail de proximité mené par des comités locaux. Par ailleurs, la présidente du CRA a indiqué qu’un grand travail doit être entrepris en collaboration avec les ministère des Affaires religieuses et de l’Éducation nationale.  À cet effet, elle a réitéré son appel pour la réintroduction de la vente de timbres du CRA au sein des écoles, pour inculquer aux enfants les notions de solidarité. Il y a lieu de noter que la conférence a été marquée par la présence du président du Croissant sahraoui, M. Bouhabini Yahia, qui a salué la CRA, qui a toujours été aux côtés des réfugiés sahraouis, depuis plus de 40 ans, rappelant par la même occasion toute la solidarité de l’Algérie au peuple sahraoui. Une aide et un soutien qui se font sans publicité ni tapage médiatique.  Dans ce contexte, il dit qu’actuellement, ils sont 7.400 étudiants sahraouis qui suivent leur cursus universitaire, et en 2017, ce sont quelque 2.300 malades qui ont été pris en charge. Il ajoute que les jeunes habitant les camp Edekhla, à 70 km de Tindouf, disposent d’internet. C’est pourquoi, estime le président du Croissant-Rouge sahraoui, Alger mérite le titre qu’on lui a attribué en 2016, celui de capital de l’action humanitaire. Pour sa part, la représentante de la Croix-Rouge espagnole, Ana Lpoez Gacia, a salué le travail accompli par le CRA et son appui pour la Croix-Rouge espagnole, pour assister les réfugiés sahraouis, ces oubliés de l’action humanitaire.
Nora Chergui
 

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