vendredi 16 novembre 2018 20:06:35

Les universitaires et le marché de l’emploi : Quand la formation « parallèle » ouvre de nouvelles perspectives

Des formations supplémentaires pour vaincre le chômage

PUBLIE LE : 05-11-2018 | 0:00
D.R

Décrocher un diplôme ne suffit plus de nos jours, pour trouver un emploi et réaliser le vieux rêve de l’insertion professionnelle,  condition sine qua non pour parvenir à l’autonomie financière ou tout simplement à avoir un statut social honorable et de la considération.

En effet, les temps sont durs et le marché de l’emploi se rétrécit avec des crises financières économiques et financières mondiales qui rendent difficile l’accès au monde du travail. Ce nouveau contexte, à vrai dire, a fait exploser la demande sur l’apprentissage des langues étrangères, notamment celle de Shakespeare et l’informatique. Les écoles privées, ne chôment pas. Elles sont même dépassées par l’engouement subit, voire l’euphorie «juvénile» qui grandit de jour en jour. De plus en plus, ils ne se contentent plus de la spécialité étudiée et des années de faculté. Bien au contraire, ils optent pour des formations parallèles pour étoffer ou tout simplement rendre leur dossier de demande d’emploi volumineux et intéressant aux yeux des employeurs. Tous les chemins mènent à… l’emploi pour les étudiants universitaires, décidés à utiliser l’artillerie ultra sophistiquée pour ne pas dire carrément «lourde», pour provoquer le destin. Le temps c’est de l’argent et les jeunes ont compris que la voie de la réussite passe aussi et surtout, par l’acquisition d’autres connaissances et des performances qui ne sont pas forcément liées, à leurs études initiales ou encore leurs passions. Aujourd’hui, ils sont très nombreux à favoriser cette donne pour augmenter leur employabilité sur le marché de travail, pas seulement national mis aussi mondial, à l’heure où des firmes internationales ­—pays du Golf notamment— ne cessent de miroiter le rêve de débouchés, au travers des offres de travail et des annonces, avec des rémunérations très alléchantes. Etre suffisamment outillés et «bourrés» de bagages devient ainsi, un must pour accélérer le processus d’intégration du marché du travail. Il faut dire aussi, que face à l’augmentation du nombre des sortants des universités et le recul des recrutements par les entreprises nationales, à travers les voies usuels et classiques ; c'est-à-dire, sur la base du diplôme obtenu —un ingénieur en chimie industrielle par exemple peut même lui être attribué, en sus de son travail le poste de gestionnaire de stocks pour un seul salaire bien entendu— explique tout l’intérêt de recourir au perfectionnement ou carrément des formations de courtes et moyennes durées afin d’augmenter leur cote de solvabilité. Le nombre d’étudiants universitaires est passé, pour rappel, de 12.000, il y a quelques années à 1.600.000, en 2017, passant pour la rentrée universitaire 2018/2019 à 1.730.000 étudiants. Un chiffre qui en dit long sur l’épineux problème de trouver des débouchés pour tous les sortants de l’université algérienne. Selon le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le taux d’insertion professionnelle des universitaires se situe autour de 17%, contre 21%, en 2010. C’est dire aujourd’hui, qu’être diplômé, n’ouvre pas les portes du marché du travail qui paie, à son tour, les conséquences de la chute du prix du baril du pétrole.

Des formations supplémentaires  pour vaincre le chômage

Il est établi, de nos jours que le diplôme, est loin d’être une protection contre le spectre du chômage. Le seul «antidote» pour des milliers d’étudiants pour éviter de figurer parmi la longue et interminable liste des jeunes portant le statut des sans emplois, demeure l’ouvertures, donc, de ces petites brèches que sont les écoles de formation de consolider ainsi que les centres culturels des représentations diplomatiques en Algérie pour donner un plus à leur cursus et partant, booster leurs chances de trouver un job. Elles sont nombreuses, les écoles qui dispensent, des cours accélérés de français, d’anglais, d’espagnol, d’allemand ou même de chinois, sans parler, des cours d’initiation à l’outil informatique et des stages de formation d’hôtesses de l’air et de stewards. L’arrivée de ce genre d’établissements, ces dernières années a été sans doute un bouffée d’oxygène pour des centaines d’étudiants lesquels parallèlement à leurs études dans les universités et instituts supérieur s’ingéniaient à trouver la parade pour trouver un équilibre entre leurs études à la faculté et les formations complémentaires, devenues une nécessité. Sofi, Amira, Oussama et bien d’autres ont tenté cette expérience très enrichissante, à plus d’un titre. Ces derniers, à vrai dire, n’ont pas attendu de terminer leurs études pour emprunter ce chemin. Loin s’en faut. Ils étaient en première années de fac, pour certains, en deuxième, quand ils ont décidé de prendre ce choix, encouragé d’ailleurs par leurs parents. Sofi, est en troisième année pharmacie. Elle adore articuler les sons de la langue de Shakespeare. Elle était en deuxième année quand elle avait opté pour améliorer son capital «connaissances», en la matière. Sa mère était fière de voir sa fille baragouiner des mots en anglais, à la maison pour épater toute la famille. Sofi dira qu’elle a toujours adoré cette langue, tout comme elle adorait depuis qu’elle était enfant être pharmacienne. «Pour moi, l’anglais, ce n’est pas seulement une langue de science, c’est aussi et surtout une très belle langue, chic et avec un pantois de fantaisie», insistera-telle.
Amira, étudiante en 1re année master, spécialité gestion, a, elle aussi, suivi des cours d’informatique dans une école privée, à Kouba alors qu’elle était en deuxième année. Amira tenait absolument à ne rien laisser au hasard et améliorer son niveau dans l’informatique. Pour Amira, la révolution technologique ayant pignon sur tous les domaines rend obligatoire la maîtrise de l’outil informatique. «Mes connaissances se limitaient avant à allumer et éteindre mon PC mais maintenant je me débrouille plutôt bien et j’arrive à résoudre les problèmes de mon micro, sans paniquer et avec sang froid, alors qu’avant je m’angoissais au moindre petit pépin».
Amira et Sofi ne sont certainement pas les seules à avoir profité de l’apport de ces établissements qui sont parfois même devenus un label en termes de succès. Oussama, qui termine cette année ses études, spécialité sport est, lui aussi passé par ces écoles pour mieux préparer son avenir. Une halte à ces dernières est un impératif. Elle est même décisive.
Oussama, qui a eu un bac en langues étrangères, adore les voyages en plus de ses études. Voler est pour «Ouss», comme l’appelle ses amis, un plaisir qui n’a pas d’égal. Aussi, il a choisit une école à Blida qui forme des stewards. Des stages de coutes durées en internat sont assurés par cette même école qui n’est pas à sa première promotion. Et cerise sur le gâteau, l’établissement en question se charge même de déposer, le CV du stagiaire, une fois la formation terminée. Il faut dire que cet établissement n’a pas cessé de faire le buzz, depuis sa création, sur facebook. «J’ai entendu beaucoup de bien sur cette école. Pour moi, avoir deux diplômes ou même plus est une nécessité absolue pour ne pas se retrouver au chômage. En plus la formation de steward m’ouvre de nouvelles perspectives et de nouveaux horizons», estimera-t-il.
Aujourd’hui, c’est un fait, l’ouverture de ces établissements spécialisés, tombent à pic, pour répondre aux attentes des apprenants, mais également aux besoins du marché du travail qui ne sont plus les mêmes par rapport aux années passées. Les écoles de formation sont devenues de nos jours, un créneau juteux qui attire de plus en plus les investisseurs, ce qui explique la soumission de ces dernières à une nouvelle réglementation qui rend obligatoire le respect des cahiers des charges pour les nouveaux établissements ayant reçu les agréments d’ouverture et l’attribution d’un délais d’une année pour celles en activité, pour se conformer aux textes de loi en vigueur, notamment en termes des espaces fonctionnels et les normes d’hygiène et de sécurité.
Samia D.
 
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions