vendredi 22 mars 2019 22:30:12
D.R

Le ministre des Moudjahidine, M. Tayeb Zitouni, a affirmé que «des négociations par des commissions conjointes entre l’Algérie et la France se poursuivent actuellement, pour régler plusieurs dossiers relatifs à la guerre d’Algérie et à l’époque coloniale». Il s’agit, selon les explications du ministre, de «quatre dossiers concernant les archives, à la récupération des crânes de martyrs et des disparus de la Révolution, en plus du sujet concernant les indemnisations relatives aux essais nucléaires dans le Sud algérien». M. Zitouni, qui s’exprimait la veille du 1er novembre, lors d’une sortie sur le terrain à Alger, a précisé que le dossier relatif aux archives fait exception, car, explique-t-il, en raison de l'installation d'un nouveau directeur général des Archives françaises, «les négociations connaissent un certains retard, mais reprendront prochainement». Celui-ci a rappelé les déclarations de l’ancien ministre français, chargé des Affaires des anciens combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, sur la détention par la France de «475 km d’archives relatives à l’Algérie». Il a expliqué, à cet effet, que les négociations engagées par les commissions de spécialistes en charge des quatre dossiers revêtent un caractère «sensible» et exigent beaucoup de «persévérance et de sérieux». «Les Archives nationales sont réparties sur plusieurs ministères en France, à savoir ceux de la Défense, de la Justice, des Anciens combattants et de l'Intérieur, selon les déclarations de M. Todeschini», a rappelé M. Zitouni.
Dans ce sillage, le ministre des Moudjahidine a ajouté que «l'Algérie dispose de multiples archives, certaines se trouvant au siège de son département, d'autres présentes sur le terrain, à l'instar des Lignes Challe et Morice et des mines antipersonnel implantées, outres les archives récupérées de l'étranger par la diplomatie algérienne et celles détenues par certains moudjahidine et historiens». M. Zitouni a invité, notamment ces derniers, à restituer ces documents au ministère ou au Centre national des archives, afin qu’ils soient valorisés en tant que représentants des fragments de la mémoire collective.
L’autre sujet qui continue de créer la discorde est celui relatif aux crânes des martyrs. Le ministre M. Zitouni a indiqué qu'un comité composé d'instances spécialisées a été mis en place, ajoutant que les experts s'étaient déplacés à deux reprises au musée de l'#Homme à Paris, pour examiner les modalités et mécanismes de rapatriement des crânes de nos martyrs.
L'histoire consiste à recueillir les témoignages des «acteurs» et à remettre le tout dans le contexte et les circonstances de la cruauté coloniale. Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de notre pays, les Français, qui ne cessent d’appeler à «vivre ensemble la mémoire commune», doivent d’abord assumer leurs responsabilités. Pour s’imprégner de cette réalité, il n’y a qu’à se référer à la récente tribune publiée par l’historienne et directrice de recherche au CNRS, Sylvie Thénault, sur le site électronique «The Conversation France», qui s’exprimait sur la nature des archives détenues en France. Cette dernière explique que «les Français considéraient le transfert des archives à la veille de l’indépendance comme une autre manière de transfert de souveraineté».  Et l’historienne d’expliquer que «depuis 1962, l’Algérie n’a eu de cesse de dénoncer la dépossession des archives et de demander la restitution de tous les documents», en rappelant qu'«un accord a pu être trouvé sur les seules archives ottomanes que les autorités françaises avaient transférées».
    Tahar Kaidi

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