mercredi 17 octobre 2018 16:09:36

Salon de l’élevage et de l’agroéquipement : produire localement une priorité nationale

M. Bouazghi : « Il faut produire toutes les variétés de semence de pomme de terre en Algérie. »

PUBLIE LE : 09-10-2018 | 0:00
Ph. : Billel

- Ouverture de la 18e édition du Salon de l’élevage et de l’équipement agricole.
- À l’ère d’une agriculture intelligente.

Les travaux de la 18e édition du Salon de l'élevage et de l'équipement agricole se sont ouverts, hier, à la Safex. Pas moins de 550 entreprises issues de 31 pays, dont 250 algériennes, ont pris part à ce rendez-vous. Intervenant dans un point de presse co-animé avec son homologue de la Hollande, invité d’honneur, à l’issue d’une visite qui l’a mené dans différents stands, le ministre de l’Agriculture, M. Abdelkader Bouazgui, a indiqué que l’agriculture intelligente, que l’Algérie veut mettre en place, permettra, entre autres, une amélioration considérable de la productivité. Outre les efforts de l’Etat, cette politique nécessitera une promotion de l’investissement privé qui s’érige, soutient-il, en une des priorités premières du secteur. Cette promotion, ajoute le premier responsable de l’agriculture, interviendra avec, notamment, des mesures visant à libérer l’initiative et lever les obstacles freinant l’essor des porteurs de projets. M. Bouazgui n’a pas manqué de lancer un appel pressant aux investisseurs pour une meilleure adhésion afin de mieux développer l’agriculture.

3.000 milliards DA mobilisés entre 2000 et 2017

Quant aux agriculteurs, le ministre les invite à adhérer massivement aux conseils interprofessionnels des filières. Egrenant les acquis réalisés, le ministre a souligné que grâce à une dynamique importante, 3.000 milliards de dinars ont été mobilisés depuis 2000 pour concrétiser les programmes nationaux du développement agricole au profit des agriculteurs et producteurs et pour assurer la disponibilité des ressources hydriques nécessaires au développement du secteur, soulignant que celui-ci assure 70 % des besoins du pays en produits agricoles. Il fait savoir, dans ce contexte, que depuis l’an 2000, le secteur de l’agriculture connaît des mutations «très positives» marquées par des acquis résultant de la sage politique menée par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. A propos du Sipsa, M. Bouazgui le qualifie de plateforme de dialogue et de concertation, où des débats fructueux auront lieu sur des thématiques qui sont en parfaite harmonie avec la politique agricole du gouvernement, citant au passage l’agriculture biologique et le tourisme agricole. Dans le même sillage, le ministre mettra en relief le rôle qu’aura à jouer l’agriculture dans la sécurité alimentaire. Sur la 4e participation de la Hollande, cette-fois en qualité d’invité d’honneur, le premier responsable du secteur dira que cela démontre les bonnes relations entre les deux pays. Lui emboîtant le pas, la vice-ministre néerlandaise de l’Agriculture, Marjolein Sonnema, s’est dit impressionnée par la Salon, précisant que son pays, avec les entreprises et centres d’expertises, souhaite approfondir son approche innovante dans le domaine agricole qui fait de lui un leader mondial. La ministre a souligné que des projets seront réalisés à Biskra, Ouargla et El Oued dans le domaine de la formation, selon la spécificité de chaque wilaya. À Biskra, à titre d’exemple, l'assistance consiste à développer les cultures maraichères et la construction de serres de type néerlandais tout en permettant d'économiser l'eau et augmenter la production de 30 % dans cette wilaya aride. D’autre part, la ministre néerlandaise demeure optimiste quant aux opportunités qu’offre l’avenir agricole aux deux pays, soulignant que la politique de coopération internationale hollandaise est axée sur le développement durable.

Un « Maghreb agricole » envisagé

Intervenant de son côté, le Dr Amine Bensemane, président du Cercle de réflexion Filaha Innove (CRFI), a relevé l’urgence de la mécanisation agricole, susceptible d’accroître la production et améliorer le timing des opérations dans toutes les chaînes de valeur agroalimentaire. Cet impératif, dit l’orateur, bute sur un problème de taille : le manque de main-d’œuvre, aussi bien pour l’Algérie que pour l’Afrique. Le Sipsa, ajoute M. Bensemane, «poursuit sa contribution dans l’identification des stratégies les plus adaptées pour augmenter durablement la productivité et la résilience des cultures et œuvre dans la continuité de la consolidation des bases de notre sécurité alimentaire qui constitue la ligne de mire de la politique nationale en la matière». D’autre part, M. Bensemane dira que cet évènement de quatre jours sera ponctué par des rencontres B to B, destinées à favoriser les échanges entre investisseurs et porteurs de projets, les conférences et forums sur les questions pendantes de politique agricole ainsi que la mise en route de l’opération «jeunes agriculteurs porteurs de projets». Pour les quatre forums qui seront tenus, explique le président de Sipsa-Sima, ils porteront sur l’agro-écologie, la filière lait, l’aquaculture et la filière fruits et légumes qui se focalisera sur les forces et les faiblesses des entreprises algériennes dans l’export des fruits et légumes et mettra en évidence le rôle de la logistique et la certification dans le développement à l’export. D’autre part, le conférencier indique que «pour les prochaines années, nous nous efforçons d’avoir l’ambition tant souhaitée, de réunir le Maghreb agricole, du moins les trois pays, Algérie, Maroc, Tunisie, pour aller ensemble conquérir ce marché colossal et encore vierge qu’est l’Afrique».
Fouad Irnatene

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