vendredi 16 novembre 2018 20:05:15

L’université Djillali-Liabès célèbre son quarantième anniversaire : Un parcours riche en enseignements

Le recteur de l’université, le professeur Mourad Meghachou : « Accompagner le développement de la région »

PUBLIE LE : 07-10-2018 | 0:00
D.R

Un parcours riche en enseignements

L’université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbès a célébré ses quarante ans d’existence lors de cette rentrée. Un parcours riche en événements et en enseignements. Il faut mesurer l’effort de l’Etat dans la promotion de cet espace de savoir à la vocation de recherche établie et évaluer également les progrès accomplis dans la formation des générations et leur perfectionnement. Des cadres et gestionnaires occupant aujourd’hui des hautes fonctions, ont fréquenté les amphithéâtres et laboratoires de cette université en perpétuelle mutation. Il y a quarante ans donc, cet établissement avec un rang de centre universitaire a vu le jour pour évoluer vers le statut d’université. Centre universitaire, institut national de l’enseignement supérieur puis université, des paliers obligatoirement empruntés pour se conformer aux normes de la carte nationale de l’époque, obtenir enfin cette autonomie et permettre à ses gestionnaires de se consacrer aux missions de formation et de recherche selon les besoins économiques du pays et la vocation de la région. La faculté d’électronique ou celle du génie civil créées pour soutenir l’élan d’industrialisation de la wilaya à travers l’ENIE et l’EN PMA fraichement réceptionnées et développer un partenariat dans la recherche en sont l’illustration pour relever la complémentarité entre l’enseignement supérieur et l’industrie. L’université peut aussi s’enorgueillir de son travail remarquable dans la formation de ses cadres occupant aujourd’hui de hautes fonctions dans les domaines technologiques,  à l’image de l’actuelle ministre des Postes et télécommunications, Houda Faraoun, du directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique, Aoureg Abdelhafid, du directeur général de l’ENIE, Bekkarra Djamel, de la directrice des laboratoires de recherche de cette entreprise, Guendil Baya et d’autres gestionnaires. Cette université a ouvert ses portes avec seulement 200 étudiants dans des locaux rapidement aménagés, on avait jumelé trois structures du cycle moyen pour être au rendez-vous et confier la responsabilité de cet établissement au professeur Mesli Abderrezek , un chimiste qui a eu le mérite de créer les premiers instituts. Une mention particulière également au wali de l’époque, Laalaouna Baghdadi qui s’est investi pleinement pour sa promotion. Plus de 35 OOO étudiants aujourd’hui sont inscrits dans les deux pôles.
D’énormes progrès ont été évidemment accomplis pour offrir des opportunités diverses et permettre à la communauté universitaire de s’impliquer dans la vie publique.
Abbès Bellaha

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Le recteur de l’université, le professeur Mourad Meghachou :
« Accompagner le développement de la région »

Nouvellement installé à la tête de cette université dont il est issu, le nouveau recteur, le professeur Mourad Meghachou est déterminé à valoriser davantage la capacité de cet espace de savoir qui se singularise par l’esprit de recherche de ses enseignants avec ce désir ardent d’accompagner le développement de la région et guider l’action des gestionnaires et des élus locaux. Physicien de formation, il œuvre à approfondir le concept de recherche utile liée aux besoins socio-économiques du pays.
Dans cet entretien, il nous fait une rétrospective sur les perspectives d’avenir après avoir rassuré, au gré des dispositions prises et de l’effort d’équipement de l’Etat le déroulement normal de cette rentrée universitaire.


Tout d’abord, Monsieur le recteur,        comment se présente cette rentrée universitaire ?
L’université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbes, à l’instar de toutes les universités et écoles sous tutelle, a mobilisé toutes ses ressources matérielles et humaines pour assurer une rentrée dans les meilleures conditions.
Chose faite, puisqu’à l’heure actuelle plus de 4300 nouveaux bacheliers, dont 110 étrangers de différentes nationalités, ont été inscrits et ont commencé à suivre leurs cours. Globalement, tous cycles confondus (sciences médicales, licence, master et doctorat), plus de 29600 étudiants, dont 2400 en post-graduation , sont répartis sur neuf facultés. Hormis, la finalisation des inscriptions en première année de Master, dû au fait de la nouvelle procédure d’inscription via la plateforme numérique nationale, pour plus de transparence et d’égalité des chances, je peux dire que l’ensemble de nos étudiants sont inscrits ou réinscrits, que les emplois du temps, élaborés à la fin de l’année universitaire écoulée, sont affichés au niveau des facultés et des sites web. Les enseignants ont pris leurs charges pédagogiques.
Parallèlement, en coordination avec les deux directeurs des œuvres universitaires, toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour prendre en charge l’étudiant quant à l’hébergement, la restauration et le transport. Les douze cités universitaires offrent des places suffisantes pour la demande en hébergement. Je salue, particulièrement les deux directeurs des œuvres universitaires pour leur engagement quant à l’amélioration du cadre de vie de l’étudiant, notamment en matière d’hygiène des cités.

Au demeurant donc un déroulement normal…
Oui, je le confirme. Permettez-moi de dire, quand même, que le «déroulement normal» est le fruit du travail et de la préparation des hommes et des femmes, enseignants, travailleurs et administrateurs pendant de longues mois, et ce dans le cadre de leurs missions.

Quelles sont les particularités ou les nouveautés de cette rentrée ?
Sur le plan organisationnel national, il convient de signaler l’introduction des différentes plateformes numériques d’inscription en master I et en doctorat. Une autre plateforme, initiée cette année, concerne les demandes de transferts géographique de première année de licence. Ces plateformes s’inscrivent dans le programme d’appui à la réforme sectorielle de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique (PAPS-ESRS). Elles permettent, comme je l’ai déjà dit, une meilleure visibilité des parcours des étudiants, une meilleure transparence quant à l’égalité des chances d’accès aux différentes formations, dont la tutelle ne cesse de rappeler le caractère national. Au plan local, l’université de Sidi Bel Abbes offre, en plus des 64 licences et 103 masters, deux nouvelles formations en licence professionnelle en chimie et en e-commerce. Pour cette dernière, il s’agit du marketing numérique. Ces deux licences professionnelles ont été élaborées dans le cadre d’un projet européen Coffee- Erasmus+ dont l’université de Sidi Bel Abbes, en plus de huit autres universités, fait partie. Par ailleurs, l’université organisera, le 20 octobre prochain, les concours d’accès à la formation doctorale pour 216 postes dans 57 différentes spécialités. Plus d’une centaine de nouveaux projets de recherche-formation universitaire (PRFU) ont été soumis à l’expertise au printemps dernier, en plus de soixante de projet en cours de réalisation. Nous attendons leur validation, en tout cas pour beaucoup d’entre eux. Cela va redynamiser certainement la recherche et la formation doctorale à travers les 49 laboratoires de recherche, que compte notre université, agréés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

L’université s’est singularisée par l’esprit de recherche de ses enseignants et ses cadres, peut-on connaître les projets initiés et les trophées remportés ?
En effet, la fierté de l’université Djillali Liabes réside, sans aucun doute, dans le travail de quelques enseignants-chercheurs qui se sont distingués au plus haut niveau mondial. Je citerai, à titre d’exemple, deux de nos chers collègues, le Pr Mouffak Benchohra et le Pr Abdelouahed Tounsi figurant dans «Highly cited researchers» de l’édition 2017 et ce dans les domaines des mathématiques et de l’engineering (génie civil) respectivement. «Highly Cited Researchers» est une liste de Thomson Reuters qui recense, parmi 21 domaines, les chercheurs les plus cités à l’échelle mondiale dans la prestigieuse base Web of Science. Ces deux professeurs sont les seuls chercheurs algériens cités non seulement au niveau national mais aussi au niveau maghrébin (Maroc, Tunisie, Lybie). Je citerai, aussi, deux académiciens, le Pr Bouhafs Bachir et le Pr Tilmatine Amar, tous deux directeurs de laboratoires de recherche. Le premier s’intéresse à la physique et à la science des matériaux, le second s’attèle à développer une recherche pratique dans le domaine d’électrotechnique. Avec ses équipes, il a déjà déposé une dizaine de brevet à l’INAPI.
Actuellement, son laboratoire est en train de négocier la commercialisation de leur produit de recherche avec une entreprise publique. Nous l’annoncerons officiellement dès sa finalisation.
Par ailleurs, selon le dernier classement par disciplines de ARWU-SUBJECT 2018, communément connu sous le nom du classement Shanghai, l’université Djillali Liabès devient, pour la première fois, une des cent meilleures universités dans le monde dans le génie civil. Aucune université maghrébine, ni africaine n’a eu ce mérite.
Parmi ces top-100, on trouve 32 universités américaines, 11 chinoises et 10 canadiennes. Selon le même classement académique par discipline, l’université Djillali Liabès occupe une place parmi les trois cent meilleures universités dans le monde dans les sciences des matériaux.
Encore une fois, selon le même classement, aucune université maghrébine, ni africaine n’a eu ce mérite. Je dois dire que cela n’aurait été possible sans la politique d’aide avisée de la tutelle et en particulier celle de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique qui a consenti des efforts financiers importants.

Justement, l’université Djillali Liabes célèbre cette année le quarantième anniversaire de sa création. Quel bilan faites-vous de ce parcours riche en événements et en enseignements ?
Certainement un bilan riche. Il a été progressif, évolutif et varié. De centre universitaire en 1978 avec un peu plus d’une centaine d’étudiants au démarrage, l’université compte, aujourd’hui, plus de 29.000 étudiants, près de 1.500 enseignants chercheurs permanents, plus de 1.800 travailleurs et administrateurs, 49 laboratoires de recherche, 9 facultés, sur 12 sites différents y compris la bibliothèque centrale universitaire et le centre des ressources informatiques. Des centaines d’événements scientifiques et culturels s’y sont déroulés, construisant petit à petit la spécificité de notre université. De nombreux hauts cadres de l’Etat ont été formés à notre université ou l’ont marquée par leur passage.

Et les perspectives d’avenir ?
De nature optimiste, je ne peux qu’entrevoir de belles choses pour notre université. Avant toute chose, je dirai consolider les acquis puis aller de l'avant en prenant en considération les intérêts et les attentes de la communauté universitaire. Il est certain que l’université aura tout à gagner si elle s’intéresserait aux préoccupations de sa ville et de sa région ? Elle pourrait offrir, par exemple, des formations plus ciblés et plus appropriés et une recherche appliquée tentant de résoudre quelques problèmes spécifiques. L’université pourrait accompagner les autorités et décideurs locaux dans la réflexion globale pour l’amélioration du cadre de vie du citoyen. D’un autre côté, notre université doit œuvrer de plus en plus à développer l’esprit entrepreneurial chez nos jeunes étudiants en leur inculquant le sens des responsabilités et leur rappeler continuellement leurs devoirs à participer dans le développement économique de notre pays. La maison d’entreprenariat de l’université de Sidi Bel Abbes, en partenariat avec l’ANSEJ, La CNAC et autres agences, organise régulièrement des sessions de formation pratique au profit des étudiants, dont quelques uns ont pu développer déjà leurs propres entreprises à l’issu de leurs formation. Il faudrait plus.

Un dernier mot ?
Depuis l’Indépendance, l’Etat a consenti de gros efforts pour le développement socio-économique, en investissant dans tous les domaines, y compris le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Cela, personne ne peut le nier. En retour, l’université, comme tout autre secteur, doit œuvrer au bien être du citoyen. Je remercie enfin le quotidien El Moudjahid pour m’avoir offert l’occasion de m’exprimer et faire part de la volonté de toute la communauté universitaire de promouvoir cet espace à l’effet de s’ériger réellement en un centre de rayonnement…
Propos recueillis par : A. B.
 

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