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Journée mondial de l’environnement : L’Algérie au 54e rang dans le monde pour la protection de l’environnement

Mme Boudjemaâ Dalila, DG de l’environnement au ministère de l’Aménagement du territoire, invitée d’El Moudjahid

PUBLIE LE : 06-06-2011 | 19:56
Ph. : Louiza

Dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale de l’Environnement, la directrice générale de l’environnement, relevant du ministère en charge du dossier, Mme Boudjemaâ Dalila, a rappelé quelle est la stratégie appliquée pour notre pays et pour le compte de l’institution qu’elle représentait. Cette politique relève l’oratrice, repose sur plusieurs axes, entre autres, sur l’amélioration du cadre de vie, la protection des espaces naturels, la culture environnementale, les mesures d’accompagnement, la gestion des déchets, la lutte contre la pollution.

Un programme national de gestion des déchets

S’agissant de la gestion des déchets qui pose, comme on le sait, de gros problèmes, la directrice générale de l’environnement, a fait état de l’existence d’un programme national de gestion intégrée des déchets. De 2005 à 2009, il a été entrepris la planification, la gestion et le traitement des déchets. De 2010 à 2014, ce sont des actions qui porteront sur le tri.
On compte, selon les chiffres qui ont été avancés par l’oratrice, 10 millions de tonnes de déchets ménagers produits. On compte une évolution de la quantité journalière par habitant et par jour. Aujourd’hui, le travail qui se fait va à la mise aux normes de la gestion, la fermeture et la réhabilitation des décharges non contrôlées. 985 communes sont aujourd’hui dotées d’un schéma directeur de gestion des déchets ménagers. 102 centres d’enfouissement réalisés, 90 décharges contrôlées.
Pour 2010-2014, il est prévu le traitement de 75% des déchets ménagers, un potentiel de réduction de 4 millions de tonnes de déchets, la fermeture de décharges publiques à la recherche d’autres sites.

Décharge d’Oued Smar, fermeture en cours

Pour la décharge publique d’Oued Smar, celle qui pendant longtemps a posé de sérieux problèmes environnementaux, la fermeture définitive est en cours avec un programme de réhabilitation du site et l’ouverture d’un espace vert. Dans le programme 2010-2014, l’oratrice a évoqué un programme de tri et de valorisation des déchets orienté vers les filières classiques (textiles, plastique, papier-carton, etc.) et vers des filières plus complexes (pneus, huiles, usagées, etc.), l’institution d’un système de traçabilité et de marquage comportant la raison sociale, le n° de fabrication, etc., 300 centres de tri sont en cours de réalisation et 48 déchetteries.
247 micro-entreprises de recyclage des déchets sont en activité entrant dans le cadre de l’emploi des jeunes. Pour 2010-2014, il est attendu un taux de récupération de 10%.

Système d’écotaxes institué

L’oratrice a également évoqué l’institution d’écotaxes. Pour les huiles usées, il y a eu en 2009, création de deux unités de régénération de l’ordre de 5.000 tonnes/an et l’exportation d’un stock de 20.000 tonnes/an par Naftal.
Pour 2010-2014, deux unités de régénération sont prévues pour une capacité de 8.000 tonnes/an chacune. S’agissant des batteries usagées, trois unités de récupération, entre autres une entreprise publique et deux privées, existent.
Pour 2014, l’objectif va à la création de trois entreprises de statut privé. L’objectif est d’aller à 10% du taux de récupération pour les piles usagées en 2009, la directrice de l’environnement a noté qu’en  2009, il y a absence de filière dans le domaine et que pour 2014, on songe à la mise en place de moyens de collecte et de valorisation de ce type de produit. Concernant les équipements électriques et électroniques, pour 2010-2014, aussi on songe à la mise en place de moyens avec un objectif en taux de récupération de 15%.
L’oratrice a évoqué la création de 40 établissements EPIC de wilaya, la gestion de centres d’enfouissement technique, la vulgarisation de plans d’action, de manuels de procédure, l’établissement d’un cahier des charges tout cela entrant dans le cadre de la gestion des déchets et récupération de produits et leur traitement, la formation de techniciens au niveau local, l’institution des taxes d’enlèvement des ordures ménagères, le paiement d’un droit d’entrée au centre d’enfouissement technique. En 2000, on comptait 87 incinérateurs. Ils seront au nombre de 348 pour l’horizon 2014.

Expérience pilote à l’hôpital Mentouri de Kouba

La directrice générale de l’environnement a évoqué l’expérience pilote en matière de traitement de déchets hospitaliers, en voie d’achèvement au niveau de l’hôpital Mentouri de Kouba. Avec formation de l’ensemble du personnel et pour objectif tracé, la neutralisation du risque infectieux au plus près de la source de production. Cette expérience est le fruit d’un partenariat algéro-belge. Mme Boudjemaa a également évoqué l’action qui est menée pour l’aménagement, la protection et la revalorisation des espaces verts et pour certains d’eux, en vue de leur classement en site protégé.
En 2007, 2 millions de mètres carrés ont fait l’objet d’un traitement. En 2009, 11 millions de mètres carrés, 2.325 espaces verts classés. 220 espaces verts ont été classés depuis 2007.

Un parc urbain par chef-lieu de wilaya

Pour l’horizon 2014, est envisagé la création d’un parc urbain par chef-lieu de wilaya. L’oratrice a cité les aménagements apporter à certains sites classés (jardin d’Essais du Hamma, le parc de Biskra, etc.). Elle a aussi évoqué la création de réseaux de surveillance de qualité de l’air à travers le territoire national, les réseaux de contrôle du bruit, l’aide à porter à une croissance industrielle de qualité à travers la signature de contrats avec des industriels (agroalimentaires, chimie, pétrochimie, sidérurgie, pharmacie, métallurgie, etc.).
2.000 délégués ont été désignés pour apporter leurs concours au programme de dépollution avec à la clé des travaux accomplis au près de l’industrie agroalimentaire. Pour le traitement des eaux, la réduction de la consommation d’eau de 40 % est prévue et la réduction de 66% de lâchage organique. Le travail a été également mené avec le complexe sidérurgique d’El Hadjar, où les résultats sont jugés positifs par l’oratrice, celui de zinc de Ghazaouet et un programme spécial de réhabilitation. S’agissant des cimenteries, entre 2005 et 2009, on a pu compter 9 mises à niveau de cimenteries et deux nouvelles cimenteries dites de technologie propre à Djelfa et à Mascara. Il reste un travail à mener auprès d’un certain nombre d’autres unités (Tébessa, Batna, Beni Saf, Saïda), celles de Ain Kebira, Chlef, Meftah, Sig, Raïs Hamidou ont bénéficié de mise à niveau.

Dépollution : un acte d’investissement

Pour la directrice générale de l’environnement, la dépollution se définit comme un acte d’investissement. L’oratrice a abordé aussi le volet des déchets spéciaux pour relever qu’un plan national des déchets spéciaux existe avec échantillonnage de déchets dangereux, assorti de la récupération de 9 ha d’assiette foncière dépollués. Pour les pesticides, une action semblable de dépollution est menée avec là aussi 9 ha d’assiette foncière récupérés. Concernant les déchets industriels, dans la perspective 2014, l’Algérie travaille en partenariat avec le Fonds national pour l’environnement pour une capacité de traitement de 5.000 tonnes.

Un complexe de traitement de déchets spéciaux

Il existe un projet de réalisation d’un complexe de traitement de déchets spéciaux. La durée de réalisation de ce projet a été évaluée à trois années. Le mode de transport de ces déchets spéciaux se fera par train aménagé. Concernant la dépollution des cours d’eau, oued Harrach, oued Cheliff, oued Seybouse, une société de management a été mise en place et des études lancées. Sur la protection du patrimoine naturel, les aires marines, des travaux d’aménagement, de protection et de réhabilitation, et de réalisation ont été confirmés et un corps de techniciens et d’ingénieurs formé pour la protection et la surveillance du littoral.

Espèces animales et végétales à protéger

Il y a une action menée pour la protection des espèces animales et végétales et en tout cas, qui semblent les plus fragiles et les plus exposées. 549 espèces végétales et 297 espèces animales seraient ainsi menacées, d’où des mesures de protection. Sur un autre plan, il y a des études et actions menées pour la protection et la réhabilitation de parcs nationaux et de zones humides.

Une culture de l’environnement à enraciner

Tout ce travail ne peut être que rehaussé si s’incrustait dans la société une véritable culture de l’environnement, au sein des établissements scolaires, des entreprises, du grand public, à travers le mouvement associatif. Une action de sensibilisation est menée précisément au niveau des écoles. L’oratrice a fait état de 1.412 écoles visitées et de la création de 345 clubs verts. 4.562 personnes ont été formées pour mener à bien les campagnes de sensibilisation. 8 millions d’élèves seraient concernés, selon les chiffres fournis, 10.000 mallettes et 11.000 supports pédagogiques, sont recensés et l’équipement de 1.000 clubs verts. 
S’agissant de l’entreprise, 2.000 délégués ont été formés, 8 maisons de l’environnement ont été achevées et 18 sont à l’étude. Des actions en direction du grand public sont également menées.

Institutions spécialisées d’accompagnement

Au titre des mesures d’accompagnement de la politique environnementale, l’oratrice a fait état de la création d’un nombre important d’institutions spécialisées comme l’Agence nationale des déchets, d’un observatoire, de l’Agence nationale des changements climatiques, le Centre national de développement des ressources biologiques, etc. Quatre laboratoires régionaux et 14 stations de surveillance, des réseaux d’analyse (air, eau, etc.) ont été recensés.
Une nouvelle fiscalité a été instituée selon la formule bien connue du pollueur-payeur, pour amener à un changement de comportement.
S’agissant de délinquance environnementale, il y a des contrôles de plus en plus sévères qui sont effectués. L’Algérie, affirme l’oratrice, est classée par des universités américaines comme 42e pays dans le monde en matière de protection de l’environnement, sur 153 pays étudiés. C’est le premier pays dans le monde arabe et le deuxième en Afrique.
Tahar Mohamed Al Anouar

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