mardi 07 juillet 2020 08:44:05

«Les samedis du film Amazigh» à la cinémathèque algérienne : Une filmographie méconnue du grand public

Un nouveau rendez-vous avec les cinéphiles du film Amazigh est proposé aux citadins algérois depuis le 19 mai, tous les samedis à raison de deux séances de projection à partir de 13 h, une manifestation inédite qui œuvre dans le sens de concrétiser le plan de charge du Festival du film amazigh qui s’est déroulé cette année dans la ville d’Azeffoun, un plan qui prévoit la promotion de ces films.

PUBLIE LE : 05-06-2011 | 19:15
Ph. : Billel

Un nouveau rendez-vous avec les cinéphiles du film Amazigh est proposé aux citadins algérois depuis le 19 mai, tous les samedis à raison de deux séances de projection à partir de 13 h, une manifestation inédite qui œuvre dans le sens de concrétiser le plan de charge du Festival du film amazigh qui s’est déroulé cette année dans la ville d’Azeffoun, un plan qui prévoit la promotion de ces films.

Le festival qui entretient une relation de partenariat étroite avec la cinémathèque algérienne de longue date puisqu’il faut  savoir que cet espace a vu la création de cette compétition de haut niveau à partir de l’année 1999, avec le démarrage de sa première édition qui avait pour slogan  d’arracher la place légitime des productions amazigh sur les écrans algériens dans le but de faciliter la circulation des copies  qui comportent des sous-titrages en langue arabe et française «Dans cette première étape, on a choisit l’itinérance pour véhiculer le message que l’amazighité telle qu’elle est perçue dans nos répertoires de films, peut être connue et découverte à travers tout le territoire algérien, dans l’Algérie profonde mais aussi que cela nous permettait de faire le pont entre toutes ces régions pour faire connaitre par le son et par l’image nos films. On a ainsi sillonné des grandes villes comme Ghardaïa, Annaba, Oran, Tlemcen, Sétif, Sidi Bel-Abbes. Partout où l’on a fait escale, le public était merveilleux et surprennant. Notre caravane cinématographique a été accueillie avec faste», nous dira Si El Hachemi Assad, commissaire de ce Festival, directeur de la promotion culturelle au commissariat à l’amazighité, sociologue de formation et possédant un master de cinéma. Il est par ailleurs, auteur d’un essai intitulé «Au cœur du cinéma algérien : La bouture Amazighe». La 11e  édition du film amazigh  après celle de Tizi-Ouzou, s’est déroulée à Azeffoun, ville culturelle où au printemps dernier, entre le 19 et le 23 mars, de nombreux artistes de talents, marquaient la pleine maturité d’une filmographie qui commençait à prendre forme et qui surtout perdurait contre vents et marées, une raison pour laquelle le staff du festival composé de personnes bénévoles animées par leur seule passion, celle du ciném, a décidé de choisir un lieu de fixation grâce à cette édition qui a pu gagner les galons de la reconnaissance de la population d’Azzefoun. Les organisateurs qui font un sérieux travail en direction des jeunes avec une initiation pédagogique à travers les ateliers de formation, offrent ainsi l’opportunité aux jeunes talents de se faire connaitre en faisant en amont et ce, durant toute l’année parallèlement aux six jours que dure la compétition , un travail d’accompagnement des projets de films inscrits au programme «C’est un travail de fond et ce qui nous encourage, c’est le soutien des institutions de l’Etat, du ministère de la Culture mais aussi des professionnels qui encadrent le festival». Cette dernière édition a provoqué quelques remous dans la presse parce que le jury n’avait pas décerné «L’Olivier d’or», la raison est que, au cours des délibérations les jury ont jugé que les films n’étaient pas suffisamment à la hauteur de cette distinction, mais aura tout de même donné deux mentions d’encouragement pour la réalisation de deux documentaires avec «L’oiseau bleu» de Rezika Mokrani, une cinéaste et documentaliste qui a réalisé un montage sur la base d’archives recueillies à la télévision algérienne et des documents français de l’INA. L’autre documentaire primé est «Concerto pour deux mémoires» de Mennad Mebarek qui raconte le parcours singulier d’un Algérien et d’un Français qui se sont engagés dans les rangs de l’ALN. Pour diversifier la ligne artistique de ce Festival, les promoteurs accueillent depuis 5 ans des pays amis comme invités d’honneur, tels que l’Irlande, le Liban, l’Iran, la Suisse, la Roumanie et pour cette année la cinémathèque Corse. L’objectif étant d’apporter une ouverture sur les productions faites ailleurs, et  de faire valoir la qualité des films projetés en entretenant des relations avec d’autres festivals comme celui de Clermont Ferrand qui se déroule à Paris. A noter que la ville d’Azeffoun organise actuellement une résidence d’écriture qui prend en charge 5 lauréats du concours de scenaris, ces jeunes cinéastes seront en conclave du 5 au 25 juin pour la réécriture de leur script puisque la crise cinématographique qui accuse un déficit selon notre interlocuteur résiderait dans le manque de qualité du texte. Les jeunes créateurs qui travaillent souvent en solo avec souvent des moyens dérisoires ont fortement besoin de structures d’encadrement sans compter le manque d’infrastructures cinématographiques de certaines villes. «Les Samedis du film amazigh » comptent projeter ces jours-ci au grand public à la cinémathèque algérienne une filmographie de plus de 200 films dont certains ont été primés, une véritable mémoire algérienne et dont les copies seront prochainement versées à la Bibliothèque nationale.
Lynda Graba

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  • film
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