mercredi 26 septembre 2018 12:44:13

Pour éviter le choléra : Contrôle et prévention

Dr Mohamed Bekkat Berkani : « La responsabilité incombe aux autorités locales, mais aussi aux citoyens. »

PUBLIE LE : 13-09-2018 | 0:00
D.R

La maladie du choléra, un thème qui revient chaque jour sur les colonnes des journaux et des flashs d’information des télévisons, mais aussi sur les lèvres des citoyens, en dépit des assurances des pouvoirs publics, néanmoins l’inquiétude persiste au sein des familles craignant la contagion.

Pour éclairer l’opinion publique sur l’épidémie qui a généré un climat d’inquiétude au niveau du centre du pays, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil national de l’Ordre des médecins s’est exprimé sur les ondes de la Radio Chaîne III à l’émission de l’Invité de la rédaction.
Selon le praticien, «le choléra, une maladie en relation directe avec l’environnement, a été oubliée par les praticiens et sa réapparition est due certainement au manque d’opérations de prévention» : «Probablement en matière préventive, nous n’avons pas fait ce qu’il fallait», regrettera l’invité de la rédaction.
Etayant ses dires, il expliquera qu’il aurait été préférable d’effectuer au préalable, un recensement des points d’eau pour avoir une idée sur le degré de contamination et éviter par la même occasion la propagation de cette maladie au niveau local, causée essentiellement par «l’absence de prévention, et le comportement inciviques du citoyen dans l’environnement». Partant de là, il pointe du doigt «les autorités locales et les bureaux d’hygiène qui ne maîtrisent pas suffisamment leur environnement» sans oublier également «les hectares de culture arrosés avec des eaux usées», précisera-t-il.
Prié de donner son avis sur la question, il a considéré que l’épidémie du Choléra «maladie des mains sales», est un indicateur, un signal d’alarme alertant que «notre système de prévention est à l’arrêt, d’où la nécessité de réagir». D'autre part, le président du Conseil national de l'Ordre des médecins a déploré l’absence de communication vis-à-vis du citoyen après l'apparition de l'épidémie. Soulignant que «la prévention doit être une règle et de rigueur», le spécialiste a appelé les autorités locales à faire plus en matière de protection de l'environnement, et à prendre des sanctions vis-à-vis de ceux qui ne respectent les règles d'hygiène et la propreté de l'environnement. A la question de l’inexistence d’une agence de veille sanitaire en la matiére, M. Bekkat Berkani a exprimé cependant son regret de ne pas voir la mise en place d’une Agence de veille sanitaire dans la loi sanitaire adoptée récemment. Pour lui, «une telle structure est importante, pour déterminer la notion de risque en étudiant et en anticipant toutes les situations de propagation des maladies épidémiques et décider des conduites à tenir lors de leur éventuelle apparition». Il expliquera que l’Ordre des médecins avait à maintes reprises «fait état de cet oubli».
Pour le Dr Bekkat Berkani, la prévention devrait être une seconde nature chez les citoyens, tout comme la propreté de l’environnement. A ce propos justement, il relève «l’état de difficulté enregistré dans le respect des règles d’hygiène dans lequel se débattent nos villes et jusqu’à nos campagnes car l’environnement est totalement impropre».  Le président de l’Ordre des médecins s’interroge également sur la raison de l’existence des conduites d’égoûts laissées à ciel ouvert en dépit des efforts considérables et des gros investissements réalisés par l’Etat en matière d’assainissement. «Des égouts avec lesquels on irrigue parfois, des fruits et légumes». Il dira que le choléra est une maladie «bien simple» dans la mesure où on peut «la traiter très tôt» avec des «antibiotiques tout à fait banals».
Nonobstant l’apparition du choléra, il relève, d’autre part, la réapparition, en Algérie, d’autres pathologies à l’exemple de la rougeole mais aussi de la rubéole, laquelle, ajoute-t-il, «cause des dégâts en matière de fœtopathie chez les femmes enceintes».
En plus de la mise en place d’un système de veille sanitaire, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins appelle à décentraliser les moyens de prévention et de lutte, à travers la création d’agences régionales de santé.
Pour l’invité de la rédaction, «à chaque fois on pointe du doigt les ministères de la Santé et des Ressources en eau, alors je me demande qu’a fait la commune et la wilaya pour maîtriser ce genre de foyers d’infection», regrettera-t-il.
«D’aucuns savent que notre cadre d’environnement se dégrade de plus en plus, il faut absolument mettre un terme à ce genre de situation par des actions multiples tels que la prise de conscience, l’implication de l’école, de la mosquée et des associations», a déclaré le premier responsable de l’Ordre national des médecins.
Mohamed Mendaci
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions