vendredi 16 novembre 2018 07:24:13

Réconciliation nationale et vivre ensemble en paix au Mali : L’étendue de l’œuvre algérienne

La Charte de réconciliation nationale a inspiré le peuple et le gouvernement malien pour parvenir au règlement de la crise qui secouait le pays depuis 2012. A travers ce projet référentiel, l’Algérie, sans chercher l’exclusive, encore moins le leadership, montre le vrai chemin qui mène au rétablissement de la paix et apporte un démenti cinglant aux partisans de l’intervention militaire, marquée par un cumul d’échecs pour le moins cuisants.

PUBLIE LE : 12-09-2018 | 0:00
D.R

La Charte de réconciliation nationale a inspiré le peuple et le gouvernement malien pour parvenir  au règlement de la crise qui secouait le pays depuis 2012. A travers ce projet référentiel,  l’Algérie, sans chercher l’exclusive, encore moins le leadership, montre le vrai chemin  qui mène au rétablissement de la paix et apporte un démenti cinglant aux partisans  de l’intervention militaire, marquée par un cumul d’échecs pour le moins cuisants.

Une décennie noire. L’unité nationale était périlleusement menacée. L’Algérie luttait toute seule contre l’hydre terroriste. Le Président Bouteflika, dans un discours mémorable prononcé en août 2005, déplorait l’attitude de la grande majorité des pays du monde qui assistaient «sans réaction et souvent même sans compassion, au martyr de notre peuple (…) Ce silence s’est trop souvent paré hypocritement des vertus de la démocratie et des droits de l’homme». Une floraison de thèses entachées d’une haine jurée, et de philippiques, se jouaient des coudes pour annoncer le «point de non retour». Et diagnostiquer que l’entorse s’aggrave et se transforme en fracture. Niet. L’Algérie, seule encore une fois, change un destin qualifié pourtant d’inexorable à travers un choix salutaire nommé «Réconciliation nationale».
Aujourd’hui, sous le regard envieux des mêmes nations et organisations internationales, hier spectatrices, cette œuvre —disons une invention— algérienne s’érige en paradigme normatif sinon exemplaire. Le cas du Mali traduit parfaitement l’étendue internationale de la Charte. A compter de 2012, le pays frontalier sombrait dans une crise éclectique sans précédent. Des puissances mondiales, à l’instar de la France à travers l’opération Serval, rebaptisée opération Barkhane, voulaient, non sans précipitation, imposer leur «logique militaire».
L’oxymore est de taille. Les deux objectifs fixés, arrêter la progression des groupes terroristes et aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté, n’ont pas été atteints.
Les mois s’égrenaient, le Mali se trouvait coupé en deux et dirigé par un gouvernement provisoire. L’insécurité gagnait du terrain. L’épicentre des violences ne se situait plus à Kidal ou à Tombouctou, mais dans les cercles les plus enclavés des régions de Mopti et de Ségou, plus au sud. D’autres épiphénomènes, dont le trafic d’armes, ont rendu la situation paroxysmique. Un cheveu séparait le Mali du chaos.  Pendant cette période marquée par une recrudescence d’incertitudes et de menaces pesantes, la diplomatie algérienne, clairvoyante, alertait le monde quant au danger et corollaire d’une quelconque ingérence. Les chants de sirènes de l’utilité de l’intervention militaire se multipliaient. Mais le Président Bouteflika, icône incontestable de la paix et artisan de ce projet sans frontières, ripostait par sa préférence immuable, irrévocable au règlement pacifique du conflit refusant de déployer son armée en dehors du territoire national. Le temps n’a pas trop tardé pour apposer sa griffe quant à la pertinence d’une démarche algérienne compatible à tous les pays soucieux de concrétiser le vivre ensemble en paix. Disons le tout haut. Le scénario des «deux Mali» a failli se produire n’était cette réconciliation —refuge salutaire— que les Maliens, peuple et gouvernement, ont adopté au terme d’une série de rencontres tenues à Alger. Conscient de l’importance d’une telle œuvre, Ibrahim Boubacar Keïta, réélu pour un nouveau quinquennat, ne pouvait mieux dire : «La Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale est pour nous une option stratégique à laquelle il ne saurait y avoir aucune alternative et pour laquelle nous sommes prêts à consentir toutes les concessions.»
Il va sans dire que cet acquis constitue un gage de la pérennité, de la stabilité de l’Etat malien et de la cohésion sociale. A travers ce projet référentiel, l’Algérie, sans chercher l’exclusive, encore moins le leadership, montre le vrai chemin qui mène au rétablissement de la paix et apporte un démenti cinglant aux partisans de l’intervention militaire, marquée par un cumul d’échecs pour le moins cuisants.
Fouad Irnatene
 

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