mardi 25 septembre 2018 11:07:26

Rapport sur l’islam en France : « Opportuniste et partial », selon la Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris a qualifié hierle rapport «La Fabrique de l'islamisme», publié lundi par l'Institut Montaigne, d'«opportuniste» et de «partial», exprimant son étonnement quant à ces termes.

PUBLIE LE : 12-09-2018 | 0:00
D.R

La Grande Mosquée de Paris a qualifié hierle rapport «La Fabrique de l'islamisme», publié lundi  par l'Institut Montaigne, d'«opportuniste» et de «partial», exprimant son étonnement quant à ces termes.

Cette institution de référence de l'islam en France «entend sans délai s’étonner vivement des termes de ce rapport lacunaire qui fait fi de toutes considérations religieuses et d’analyse sociologique avérée».  Elle regrette dans un communiqué que ce rapport «opportuniste et partial ait pu tomber dans l’amalgame aisé entre islam et islamisme, oubliant volontairement la communauté musulmane de France», a-t-elle indiqué, rappelant «l’attachement profond des musulmans de France aux valeurs républicaines et démocratiques ainsi qu’à l’impérieuse nécessité de respecter scrupuleusement le principe de la laïcité érigé par la Loi du 19.12.1905».  La Grande Mosquée de Paris a souligné que la communauté musulmane de France «ne saurait raisonnablement porter le fardeau de l’islamisme et faire l’objet d’un traitement différent des autres cultes».  «La Grande Mosquée de Paris n’a jamais manqué d’apporter son analyse soignée permettant de mettre en exergue les causes profondes de ces inquiétudes», a-t-elle conclu.  Le rapport en question, élaboré par Hakim El Karoui, un essayiste et consultant français d'origine tunisienne, tout en s'étalant longuement sur l'islamisme, ne propose nullement de solutions, selon le Conseil français du culte musulman (CFCM).  Il préconise l'instauration d'un certain «Tracfin» pour contrôler les flux financiers, les collectes de fonds et les dons dont bénéficient les représentations du culte musulman, notamment en matière de financement de la gestion des mosquées, et l'instauration d'une taxe halal, dont le chiffre d'affaires du marché en France est estimé à 6 milliards d'euros. Le CFCM a rejeté «complètement» le rapport, qui devra être soumis au président Emmanuel Macron, soulignant qu'il n'apporte pas de solutions à la gestion du culte musulman. «C'est un rapport que nous rejetons complètement. Il n'apporte pas de solutions à la gestion du culte musulman en France», a indiqué lundi à l'APS le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri, soutenant que l'Etat «n'a pas à s'occuper du culte», en référence à la loi de 1905 sur la séparation de la religion de l'Etat.  Il a relevé, à cet effet, la difficulté de lire ce rapport de plus 600 pages dans lequel l'auteur s'est beaucoup attardé dans l'historique de l'islamisme dans le monde.  Abdallah Zekri, qui est également le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, a décrié le double emploi de l'Etat et demandant, d'un côté l'élaboration de ce rapport, et d'un autre, encourager la tenue d'assises départementales du CFCM, à la demande du gouvernement, pour aboutir à un document consensuel sur l'organisation du culte musulman en France.  «Nous avons donné notre accord pour assister à ces assises territoriales, afin de débattre et faire connaître nos projets pour une réforme du CFCM au sein des différentes préfectures», a-t-il ajouté, soulignant que «la laïcité commande qu’elle n’ait pas à connaître des religions (et) la République n’a aucune raison d’être en difficultés avec l’islam».  Il y a en France actuellement environ 2.600 lieux de culte musulman et la communauté musulmane est estimée à plus de 6 millions (25 millions en Europe).
 

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