jeudi 20 septembre 2018 12:44:23

Projection d’Atlal, de Djamel Karkar : Le silence d’une tragédie pas assez lointaine

Projeté à la faveur de la cinquième édition du mini festival « Afak’s film week » à la salle Atlas à Alger, le premier long-métrage documentaire du cinéaste algérien Djamel Kerkar « Atlal » a séduit le public dimanche soir en présence d’un public moyen.

PUBLIE LE : 11-09-2018 | 0:00
D.R

Projeté à la faveur de la cinquième édition du mini festival « Afak’s film week » à la salle Atlas à Alger, le premier long-métrage documentaire du cinéaste algérien Djamel Kerkar « Atlal » a séduit le public dimanche soir en présence d’un public moyen.
Ce film questionne le temps et ravive la mémoire de la ville d’Ouled Allal, petite bourgade paisible de la Mitidja, pas loin de Sidi Moussa, sortie effroyablement de son anonymat au cours de la décennie noire après de douloureux épisodes tragiques marqués par la barbarie de la horde terroriste.
Et puisque les traces d’une guerre s’effacent jour après jour, Djamel Kerkar est allé poser sa caméra au milieu de la population de cette ville qui essaye de se relever, de balayer les décombres du passé et de se projeter vers l’avenir à travers l’histoire de trois hommes.
Le réalisateur a commencé son œuvre avec beaucoup de poésie. Optant pour une première partie silencieuse, tournée plutôt le matin pour accompagner les quinquagénaires et sexagénaires qui cultivent la terre. Peu à peu, la parole se libère autour de cette tragédie qui laisse des séquelles flagrantes à travers les témoignages de plusieurs habitants d’Ouled Allal aux débuts des années 1990, et qui étaient contraints de quitter les lieux suite aux attaques terroristes qui ont atteint l’apogée de la violence et de la barbarie en 1996. Le feu semble le fil conducteur du film, à commencer par l’opération de brûler les arbres de Hana et de Pêche plantés lors de la saison de 1992 et dont l’éclat a fané suite à l’abandon de ce village fantomatique. C’est le même feu qui rassemble chaque soir un groupe de jeunes, dans un chantier abandonné, pour se réchauffer le cœur autour des chansons de Cheb Hasni et dont le désespoir, l’ennui et le chômage les plonge dans le labyrinthe de la toxicomanie. Questionnant la mémoire du passé, relatant l’insécurité et les tragédies survenues à Ouled Allal pendant la décennie noire, ce village semble, vingt ans après cette tragédie qui n’a pas dit son nom, habité le matin par des vieillards qui essayent de maquiller les plaies du passé, et une jeunesse la nuit qui essaye de trouver l’issue, à l’exemple d’Abdou, vingt ans, ayant perdu son père dans années 1990, ou encore Lakhdar, ancien appelé au service militaire et qui raconte ses expériences à Médéa à la même période.
Lauréat du prix au FID Marseille en 2016, le premier long-métrage de Djamel Kerkar est un film authentique qui donne la parole à une ville, qui questionne la terre à la recherche de la mémoire perdue.
Kader Bentounès

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