samedi 22 septembre 2018 15:14:31

Crèches, Publique ou privée : entre les deux, le cœur balance

Confier son enfant à une tierce personne ou même un organisme pour veiller sur lui est loin d’être une sinécure, non seulement parce qu’il n’est pas évident de se séparer pendant toute la journée de son rejeton, surtout avec le bourrage très souvent des centres d’accueil ou encore l’éloignement et la nécessité d’opter pour le plus proche de son lieu de travail ou de son domicile, mais surtout pour des raisons liées au bien-être de l’enfant et à la qualité de sa prise en charge

PUBLIE LE : 11-09-2018 | 0:00
D.R

Confier son enfant à une tierce personne ou même un organisme pour veiller sur lui est loin d’être une sinécure, non seulement parce qu’il n’est pas évident de se séparer pendant toute la journée de son rejeton, surtout avec le bourrage très souvent des centres d’accueil ou encore l’éloignement et la nécessité d’opter pour le plus proche de son lieu de travail ou de son domicile, mais surtout pour des raisons liées au bien-être de l’enfant et à la qualité de sa prise en charge. En fait, beaucoup de parents, contraints à suivre ce chemin, sont confrontés à ce dilemme. De nombreux paramètres interviennent avant d’être fixés sur le choix du nouvel environnement et la deuxième «famille» de l’enfant de la femme travailleuse notamment, si l’on a cette possibilité de faire un choix, bien entendu la bourse et le budget de ménage ont également leur mot à dire dans la décision définitive. Trouver chaussure à son pied n’est pas toujours facile, avec le boom des jardins d’enfants et garderies privés, devenus une réalité déconcertante. A vrai dire, placer son enfant dans une crèche, c’est aussi une question de programmes pédagogiques, de langues, de cultures, de tendances, parfois même de prestige. Il faut savoir que les établissements sont polyglottes, mondialisation oblige. Une visite à certaines crèches au niveau d’Alger confirme ce constat d’ailleurs. Si c’est le cas des programmes, il faut bien le souligner, des groupes du préscolaire, ce n’est pas le cas pour les petites et moyennes sections des crèches privées qui disposent de leurs propres programmes et supports. Pour le centre d’accueil « Djanat Raida», situé à El Biar, on opte pour « mon cahier» des éditions Nathan, sans pour autant oublier la touche algérienne qui s’inspire des repères sociaux et de notre authenticité. Le deuxième support pédagogique utilisé est « El Mithak», un ouvrage algérien à 100 pour cent. Un souci fondamental qu’applique sur le terrain la directrice de cette crèche, Mme Hind Benhamouda, née Silini. « S’ouvrir sur les cultures des autres ne doit nullement nous faire oublier nos sources», dira-t-elle. Ici, la journée commence, avec chansons, calligraphie et bonne humeur pour préparer les enfants. Cet établissement, qui a ouvert ses portes il y a deux ans de cela, prend en charge même des bébés de trois mois. Au total, ce sont 34 enfants qui y sont inscrits. Mme Benhamouda, financière de formation et qui n’en est pas à sa première expérience puisqu’elle avait travaillé pendant près d’une dizaine d’années avec sa sœur, qui avait créé le groupe scolaire « Encre et pastel» à Ouled Fayet, pour surmonter sa peine à la suite de la perte de sa fille
« Raida», un nom qu’elle donnera, par la suite, à sa crèche. L’espace dédié aux enfants est certes petit, mais grand par la chaleur qu’il dégage. La crèche qui s’étend sur 112 m2 reçoit, aussi, des enfants qui ont des traits autistiques qui se font suivre par un orthophoniste. Un service supplémentaire proposé aux familles, deux fois par semaine, pour un coût de 800 DA, en plus des frais d’inscription évalués à 10.000 DA. La responsable de cette crèche affirme que son souci premier est de donner à l’enfant tout ce qui lui permet de grandir normalement et de s’épanouir. «Ici, nous sommes surtout une famille ; nous avons des tatas, une mamie qui n’est autre que la cuisinière de la crèche», souligne-t-elle. Des travaux d’extension sont en cours pour l’aménagement pour cette rentrée, d’un espace de jeu ouvert et quatre classes sur une superficie de 80 m2. Le coût de ces extensions s’élève à 1,2 millions de dinars. Mme Benhamouda relève qu’elle reçoit régulièrement les contrôleurs, mais ceci ne la dérange nullement, puisque son premier souci demeure la qualité de la prise en charge des enfants, placée au-dessus de toute autre considération.
Au niveau de la crèche étatique Sophia, qui accueille 96 enfants, de 9 mois à 6 ans, pour une capacité d’accueil de 75 enfants réelle, extensible, dans la mesure du possible à 100 enfants, il existe trois groupes allant de 9 mois à 6 ans. Des sections sont ainsi créées, en fonction de chaque âge, selon, Mme Nadia Taleb, la première responsable de l’établissement qui dit que leur programme pédagogique est riche et varié, et les groupes sont composés, en moyenne, de 25 enfants. L’enseignement se fait en langue nationale, pour que l’enfant ne soit pas dépaysé, une fois inscrit à l’école, tient-elle à préciser. Le même établissement dispose de 8 éducatrices, entre bachelières et terminalistes qui ont bénéficié de formations qualifiantes de six mois, au moins. La particularité des crèches publiques, aussi, réside dans le fait que la préparation des repas se fait au niveau de la cuisine centrale de la place du 1er-Mai qui approvisionne les crèches PRESCO, dans des marmites norvégiennes hermétiques, stérilisées qui ne seront ouvertes que lors des déjeuners. Les repas sont sous contrôle médical et un échantillon du menu est prélevé quotidiennement et gardé dans des bocaux datés, renouvelés tous les jours. Mme Taleb, qui cumule une expérience de trente ans dans ce domaine, relève que s’occuper de la petite enfance nécessite beaucoup de patience et du savoir-faire. «Nous recevons des formations continues régulières, sur la pédagogie, la psychologie, le secourisme et le management pour les directrices d’établissement», dit-elle, avant de poursuivre qu’un enfant est un être très sensible, et un geste mal calculé peut le détruire carrément.
En tout cas, les crèches, chez nous, restent une bouée de sauvetage pour les mamans travailleuses, à l’heure où la cellule familiale continue de payer les frais de la modernisation. C’est, en tout cas, l’avis de Karima, rencontrée dans l’une des crèches visitées, qui estime que la meilleure invention du siècle est sans doute ces centres d’accueil de la petite enfance. «Je suis tranquille toute la journée, sachant que ma fille est bien prise en charge», relève-t-elle. Un avis que partage aussi Lynda, qui considère que c’est dur de se séparer de son rejeton, mais elle n’a pas le choix, et puis avec ses pairs, il va devenir plus sociable. «Pour appendre à communiquer, s’ouvrir sur le monde extérieur, il n’y a pas mieux que les jardins d’enfants», explique-t-elle. Peu importe que la crèche soit privée ou publique, l’essentiel est le bien-être de l’enfant.
    Samia D.
 

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