jeudi 15 novembre 2018 18:49:48

Crèches : Quand les nounous suppléent les mamans

La maternité et l’intégration de la femme dans le marché du travailne font certainement pas bon ménage.

PUBLIE LE : 11-09-2018 | 0:00
D.R

C’est la rançon de la modernité et du progrès. La preuve est donnée de manière formelle,qui ne laisse plus de doute,
par ces «nounous» et ces mères remplaçantes qui pullulent, un peu partout, pour couver d’affection les petits chérubins ou tout simplement veiller sur eux,durant toute la semaine.

En effet, placer son enfant dans une crèche, un jardin d’enfants ou même une nourrice, est entré dans les mœurs des femmes actives, victimes d’une émancipation ou ayant plutôt arraché une victoire, payée rubis sur l’ongle, et qui se retourne contre elles. C’est dur d’avoir des enfants en bas âge. Heureusement que la solution « crèche», est là, pour des milliers de parents, sauvés in extremis par des établissements publics ou privés qui proposent leurs services pour prendre en charge des enfants et même des nouveau-nés, à partir des deuxième et troisième mois.
Tous les jours, c’est un nouveau pari pour Eve, afin de concilier obligations familiales et vie professionnelle, notamment avec un taux de naissances qui va crescendo, d’année en année, d’où, d’ailleurs, la forte pression sur ce genre de structures, souvent dépassées par la demande. Nous n’avons pas pu avoir des données sur le nombre de crèches en Algérie ou encore de leur situation, puisque toutes nos démarches auprès du ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme sont restées vaines, mais certaines sources font état de moins de 60.000 garderies, à travers le territoire, il y a trois ans de cela, un chiffre qui reste en deçà de la demande, si l’on sait que l’Algérie enregistre pas moins d’un million de naissances par an. La majorité des crèches relèvent du secteur privé.

 Près de 6.000 places offertes par PRESCO

Il faut savoir que l’établissement de gestion des crèches et des pouponnières d’Alger (PRESCO) est présent au niveau de 28 communes sur les 57 que compte la capitale, offrant une capacité de 5.950 places pédagogiques, pour un total de 47 établissements, dont 02 à Sidi M’hamed, 03 à Alger- Centre, Hussein-Dey, Hydra, El Biar, 02 à Bab El Oued, Gué de Constantine et autant à Bologhine. Le nombre de crèches, à Alger, dira le directeur de PRESCO, M. Mérouane Messar, était de 36 avant 2014, mais sur instruction de M. Abdelkader Zoukh, les walis délégués et les P/APC confient la gestion de celles-ci à PRESCO qui procèdera à l’ouverture, durant la même année et en 2015, de douze centres d’accueil, destinés à la petite enfance, à Sidi Moussa, El Biar, Dar El Beida, Ouled Chebel, Dély Brahim, Hammamet, Bourouba, Bouzaréah, Réghaïa et Ain Bénian. Le premier responsable de cet Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) ajoutera qu’en 2006, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales avait initié, dans le cadre du Fonds commun des collectivités locales (FCCL), un programme de construction de 34 crèches inachevées ou non opérationnelles. Après un état des lieux, expliquera, M. Messar, une convention a été signée avec les P/APC, ayant permis une capacité supplémentaire de 1200 places pédagogiques. Actuellement, PRESCO gère 22 crèches sur les 34 FCCL, les autres n’étant pas opérationnelles pour diverses raisons, selon le directeur de l’établissement de gestion des crèches et pouponnières d’Alger qui relèvera aussi que PRESCO est doté d’un conseil d’administration présidé par un représentant du wali, des membres de l’APW, un directeur du budget, un représentant du service de comptabilité et du patrimoine, les directions de l’action sociale, de la jeunesse et des sports, de la santé et de la population, de l’éducation nationale, de la formation et de l’enseignement professionnels et, bien entendu, du directeur et du comptable de PRESCO.

Le respect des normes : une nécessité absolue

Mérouane Messar, s’exprimant sur le programme pédagogique des crèches qu’il chapeaute, tiendra à préciser que pour le préscolaire, il est élaboré par l’éducation nationale et ce, conformément à la loi n°08 /04 d’orientation sur l’éducation nationale. Pour les autres sections, c’est le conseil pédagogique de PRESCO, composé de psychologues cliniciens, orthophonistes, psychopédagogues, en plus des directrices, des éducatrices et aides-éducatrices qui sont chargés de ce dossier. La gestion des crèches, quant à elles, est régie par le décret exécutif n°08/287 du 17 septembre 2008 qui fixe les conditions de création, d’organisation et de contrôle des centres d’accueil de la petite enfance. « Le respect des normes, notamment en termes de ratio-éducation/enfant est notre cheval de bataille», précisera M. Messar, ajoutant que pour 12 enfants marchants, il est mobilisé une éducatrice et pour les non-marchants une éducatrice pour 05. En termes de chiffres, en mars 2017, le nombre d’enfants inscrits dans les crèches PRESCO était de 3.656. En mars 2018, ce sont pas moins de 4.554 enfants admis à ces centres d’accueil, soit une augmentation de 898 enfants. Durant l’année en cours, 463 éducatrices, qui avaient reçu une formation de deux années au moins, en fonction du poste qu’elles occupent, prennent en charge les enfants. Le directeur de PRESCO notera, s’agissant du volet finances, que le coût de revient par enfant, au 31 décembre 2017, atteignait les 13.145.09 DA, alors que les frais versés par les parents sont fixés à 7.000 DA. La différence est subventionnée par la wilaya.

13 millions de DA pour renouveler le matériel de cuisine

Concernant la restauration, il y a lieu de préciser que les crèches PRESCO sont dotées de deux cuisines centrales, l’une à la place du 1er-Mai pour une capacité de 5.600 repas/jour, la deuxième, fermée pour travaux, à Hussein-Dey. Le directeur de l’établissement de gestion des crèches et pouponnières d’Alger ne manquera pas de souligner qu’une subvention de 13 millions de DA est allouée par la wilaya pour l’acquisition d’un nouvel équipement de cuisine (fours industriels, marmites, éplucheuses et autres matériels nécessaires). Il affirmera, enfin, que la prise en charge de la petite enfance est plus qu’une fonction, une passion pour les directrices de crèches, les éducatrices et l’ensemble des travailleurs de PRESCO, appelés à contribuer au développement de l’enfant et œuvrer pour son épanouissement.
Aujourd’hui, malgré le renforcement perceptible de ces centres d’accueil, avec la création par certains mouvements associatifs, ou encore des entreprises étatiques, de garderies, il n’en demeure pas moins que la demande reste au-dessus de l’offre. Un casse-tête qui ouvre la porte au gardiennage informel qui échappe à tout contrôle.    
    Samia D.
 

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