Pollution : Quand les oueds se transforment en décharges

Nos oueds ont-ils perdu leur limpidité ? La réponse ne peut être qu’affirmative, du moins pour une bonne partie de ces derniers qui se transforment carrément en foyers infestés par des microbes et agents pathogènes de toutes sortes, devenus une menace persistante pour les riverains
PUBLIE LE : 11-09-2018 | 0:00

Nos oueds ont-ils perdu leur limpidité ? La réponse ne peut être qu’affirmative, du moins pour une bonne partie de ces derniers qui se transforment carrément en foyers infestés par des microbes et agents pathogènes de toutes sortes, devenus une menace persistante pour les riverains. En effet, les déchets ménagers et industriels, en sus du développement démographique, n’ont pas été sans conséquence sur ces oueds, de plus en plus envahis par sacs et bouteilles en plastique et  autres déchets organiques, à l’origine pas seulement de la détérioration des eaux de ceux-là, mais aussi de la dégradation du paysage et de l’environnement, caractérisée par des odeurs pestilentielles. La folie humaine, en fait, est fortement ressentie, rien qu’à voir tous ces cours d’eau transgressés, en plein jour et ce malgré toute la batterie de textes de lois algériennes qui vont dans le sens de la préservation de l’environnement, imposant ainsi des taxes «pollueur-payeur», ou encore en misant sur la communication et la sensibilisation des industriels pour s’impliquer dans cette démarche s’articulant sur la lutte contre la pollution. Aujourd’hui, c’est un constat établi, le danger ne provient pas uniquement des usines autour de ces oueds, mais surtout de tous ces riverains ou plutôt ces  bidonvilles construits sur les lits d’oueds et l’insouciance de leurs occupants lorsqu’il s’agit d’adopter des mesures saines pour éviter tout risque de maladie à transmission hydrique. Le cas de l’Oued Béni Azza, dans la wilaya de Blida, est édifiant.
Selon certaines sources, il existe près de 1.420 points noirs dans les oueds et plages du territoire national, et l’opération de recensement n’est pas clôturée. Cette dernière devra permettre, une fois terminée, de déterminer les responsables de ces rejets anarchiques et le non-traitement vertical des eaux usées qui parviennent aux oueds, puis versent dans le littoral. Pis encore, des associations vont jusqu’à considérer  99% des oueds touchés par la pollution devenant le réceptacle, chaque année, de plus d’un million de déchets solides et de 10 millions de m3 d’huile, dont 3 millions de m3 d’askarel.
Il est temps désormais de réhabiliter les oueds pour  éviter une catastrophe à la fois écologique et sanitaire. La résurgence des cas de choléra ne peut que renseigner sur l’importance de prendre en charge ces cours d’eau qui ont vu leurs faunes et leurs flores suivre les voies de l’extinction. Il fut un temps où vivaient  des poissons et autres écosystèmes.
Samia D.  

 


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