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Ouverture du premier Festival de «Hyzia» : Un hymne à la reine des Zibans

Près d’un siècle et demi après, « Hyzia » est revenue cette semaine à Bazer Sakhra ! Elle y revient comme au bon vieux temps accompagnée de sa majestueuse caravane pour y camper quelques jours avant de reprendre sa longue route vers le Sud

PUBLIE LE : 03-06-2011 | 17:45
D.R

Près d’un siècle et demi après, « Hyzia » est revenue cette semaine à Bazer Sakhra ! Elle y revient comme au bon vieux temps accompagnée de sa majestueuse caravane pour y camper quelques jours avant de reprendre sa longue route vers le Sud. Cette jeune femme sublime que Bazer dans la daïra d’El Eulma, n’a pas oublié , lui tendant les bras comme par la tradition au titre d’un festival qui lui est alors dédié et que M. Smaïl Mimoun, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, accompagné du wali M. Abdelkader Zoukh et de l’ensemble des autorités de la wilaya ,  a officiellement ouvert mardi dernier et pour 3 jours sur cette vaste esplanade de l’hippodrome En procédant à l’ouverture de la première édition de ce festival placé sous le patronnage de la ministre de la Culture et qui fut consacré à «Hyzia et aux Arts populaires»  M. Smaïl Mimoun  développera l’importance et la forte symbolique que revêt un tel événement dans sa dimension culturelle mais soulignera aussi l’impact qu’il est appelé à produire dans l’impulsion de la dynamique touristique que connaît notre pays.  Pour accueillir celle qui a consacré, l’un des plus beaux hymnes à l’amour, la commune de Bazer, évoquée, narrée et chantée plus de mille et une fois dans cette merveilleuse aventure de Hyzia, aura ainsi, replanté son beau décor de khaimas et s’est parée de ses plus beaux atours, mille couleurs scintillantes à vous replonger dans l’épopée de cette jeune femme à la beauté fascinante et l’âme limpide, qui vécu à Sidi Khaled au cœur des zibans et que Rabah Benguitoun a immortalisé de son verbe bédouin et son sentiment profond. «Nous campions à Bazer, je saluais chaque matin cette belle et nous goûtions en paix les félicités d’ici -bas. Je portais , chaque matin,  mes souhaits à ma gazelle et j’obéissais à mon sort heureux comme si j’eusse possédé tous les biens et les trésors de l’univers ; la richesse ne valant que pas le tintement des « khelkhals » de Hyzia.  Quand je franchissais les collines pour aller la rencontrer; elle marchait au milieu des prairies, se balançant avec grâce et faisant résonner ses «khelkhals», ma raison s’égarait, mon cœur et mes sens se troublaient. » Mille voix l’ont chanté pour l’éternité, mille mélodies et mille hommages ont été rendu par les immortels Abdelhamid Ababsa,  khelifi Ahmed, Rabah deriassa ou Rahab Tahar à ce joyau, fille d’Ahmed ben el Bey, de la grande famille des Bouakkaz, dont les terres de transhumance s’étalaient des hautes plaines sétifiennes jusqu’à l’oasis des Ouled Djellel. Un vibrant hommage fut alors rendu à Hyzia, attachée à son cousin Saïd, orphelin, adopté des sa tendre enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de cette jeune femme, dans un mariage dit on qui n’aurait pas duré plus d’un mois, plongeant soudainement l’heureux élus dans une consternation profonde C’est alors que Saïd s’adressera à Rabah Benguitoune, ce grand et combien réputé poète pour lui demander de l’immortaliser dans un bouquet encore gravé dans nos mémoires, une «Kassida» symbole fort d’un patrimoine populaire oral qui fait encore rêver bien des âmes de notre temps. «Consolez-moi mes amis : j’ai perdu la reine des belles ; elle repose sous terre, un feu ardent brûle en moi ! Ma souffrance est extrême…Ô sort cruel mon cœur est parti avec Hizya. » écrira alors Benguitoun à la mort de Hyzia qui n’avait que 23 ans. Saïd n’aura de choix qu’à un exil sans fin, loin des siens, de sa tribu jusqu’à sa mort et Hyzia repose aujourd’hui en paix dans un modeste cimetière non loin de la Koba du wali Khaled Ben slimane el Absi. Près d’un siècle et demi s’est  déja écoulé et Hyzia resurgissant tel un sphinx de ses cendres, revient à Bazer Sakhra portant dans cet extraordinaire attachement  à un bout de terre qu’elle affectionnait particulièrement bien, cette sublime image d’une jeune femme qui est passée par la , morte à la fleur de son l’âge, au cœur d’un amour profond, gravé par Benguitoune dans les mémoires de plusieurs générations.
La population de Bazer, dans un programme aussi riche que varié, tout de sons et de lumières, opérette, cavaliers, baroud et exposition de produits d’artisanat, a secoué la mémoire pour fêter, Hyzia et se fondre jusqu'à jeudi dans cette épopée.

F. Z

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