Les pays maghrébins en sont exposés : La consommation excessive de sucre est une mauvaise habitude

Lors des fêtes, toutes les mauvaises habitudes alimentaires ressurgissent avec notamment la consommation excessive de sucre. Pourtant, une étude réalisée en 2017 intitulée « Pour une sécurité et une souveraineté alimentaires durables et partagées », décrit les ravages de la mauvaise hygiène de vie.
PUBLIE LE : 26-08-2018 | 0:00

Lors des fêtes, toutes les mauvaises habitudes alimentaires ressurgissent avec notamment la consommation excessive de sucre. Pourtant, une étude réalisée en 2017 intitulée « Pour une sécurité et une souveraineté alimentaires durables et partagées », décrit les ravages de la mauvaise hygiène de vie.
L'ancien ministre de l'Agriculteur, Sid Ahmed Ferroukhi, a participé à cette étude pilotée par l'Institut de prospective économique en Méditerranée (IPEMED) qui souligne que l'obésité constitue un facteur aggravant de la prévalence des maladies chroniques d'origine alimentaire (MCOA) et s'accroît à un rythme rapide dans les pays méditerranéens et africains. Selon les statistiques de l'OMS, la mortalité par MCOA serait aujourd'hui dans les pays méditerranéens supérieure à la moyenne mondiale (de l'ordre de 54 % des décès contre 50 %), ce qui constitue un paradoxe inquiétant dans cette région qui est à l'origine d'une diète alimentaire saluée par les nutritionnistes du monde entier, souligne l'étude. Par exemple, la production et la consommation de sucre blanc, élaboré notamment à partir des sucres roux importés, sont en hausse constante en Afrique du Nord et subsaharienne, essentiellement en raison du fait que le sucre est devenu la principale source d'énergie bon marché dans ces pays.
L'étude ne le note pas explicitement, mais c'est le cas en Algérie. Cette industrie présente un taux d'efficience productive (énergie, logistique, coût de main-d'œuvre) parmi les plus élevés du monde. Le sucre raffiné est ajouté à d'autres produits de base (boissons, café, cacao, dérivés des céréales) pour répondre à une demande dont les goûts ont été progressivement modifiés. Cette activité agroalimentaire, en croissance et très rentable, a des conséquences sanitaires alimentaires moins enviables.
En l'absence de statistiques sur l'ampleur des MCOA dans le monde, on peut avancer qu'au moins 20% de la population en souffrirait dans les pays en développement, soit pour la région Afrique/Moyen-Orient, particulièrement exposée, environ 270 millions de personnes, est-il écrit.
D'autres maux sont soulignés. C'est le cas de l'absence d'une alimentation adéquate et la progression du modèle de consommation agro-industriel fractionné et solitaire, coupé des racines culturelles des produits et des méthodes de fabrication provoquent en outre une perte de repères et une dilution du lien social et contribuent in fine à un état de mal-être. Les conséquences d'une mauvaise alimentation sont non seulement biologiques mais aussi psychosociologiques.
À ces problèmes d'insécurité nutritionnelle s'ajoute dans la région Afrique/Moyen-Orient celui du manque de maîtrise de la sûreté alimentaire : maladies infectieuses d'origine alimentaire encore fréquentes du fait de l'insuffisance du dispositif d'hygiène dans les filières et les habitations, et présence, à dose parfois élevée, de résidus chimiques dangereux pour la santé humaine dans l'environnement et les aliments, avec souvent de graves atteintes à la santé des travailleurs agricoles.

 


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