Pèlerinage 1439 -2018 : Plus de 2 millions de musulmans sur le Mont de la Miséricorde Arafat

« Khotbat El-Wadaâ », Le Prophète (QSSSL) a dit : « Tous les musulmans sont frères entre eux »
PUBLIE LE : 20-08-2018 | 0:00

Plus de deux millions de hadjis se sont rassemblés hier à Minan à la veille du Woukouf Arafa (stationnement sur le Mont Arafat) lundi, moment fort du Hadj à la Mecque, premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite.  Les mouvements des pèlerins s’effectuent dans un climat de ferveur sous une forte chaleur alors que la température excède largement les 40 degrés Celsius.  Les fidèles se sont ainsi rendus dans la vallée proche de Minan, à travers le lieu dit de Mozdalifa où ils passeront la nuit avant le stationnement sur le Mont Arafat, moment fort du hadj. Au lever du soleil (lundi), les fidèles convergeront vers le mont Arafat ou Jabal al-Rahma (mont de la Miséricorde).  L’étape au Mont Arafat est dédiée aux prières et aux invocations. C’est sur le mont Arafat que le Prophète Mohamed (QSSL) a prononcé son sermon d’adieu aux musulmans qui l’avaient accompagné pour le pèlerinage à la fin de sa vie.  A la tombée de la nuit, les pèlerins retourneront sur la plaine de Mouzdalifa pour se préparer le lendemain à la fête de l’Aïd al-Adha et l’immolation d’un bélier selon les préceptes du Prophète Ibrahim (QSSL).  Les fidèles se consacreront ensuite à la lapidation des stèles représentant “Satan” à Minan.  Les rites du Hadj se terminent par l’Aïd al-Adha et le rituel de la lapidation de “Satan” à l’aide de caillous (braises).  Le Hadj est l’un des cinq piliers de l’islam, que tout musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.  Le nombre des hadjis cette année a dépassé les deux millions, a indiqué le ministère de l’Intérieur saoudien, précisant que l’immense majorité venait de l’étranger.

Les pèlerins se rassemblent sur le Mont de la Miséricorde —un endroit duquel le prophète Mohamed (QSSSL) a fait un sermon d’adieu — pour prier et regarder le soleil  descendre sur la plaine d’Arafat.  La station  debout est  le point culminant du pèlerinage. Chaque année, des centaines de milliers de pèlerins viennent à la source de leur foi se soumettre à la volonté de Dieu, telle qu’elle fut révélée par Son Prophète Mohamed, que la paix soit sur lui. La Mecque. Tous les ans, dans un même élan, les fidèles du monde entier s’y rendent à la découverte du berceau de l’islam. Mekka El-Moukarramah, Mesdjid Ennabaoui Echarif, la tombe du Prophète Mohamed (que le salut soit sur lui) et bien d’autres lieux qui témoignent de nos jours de la naissance de la religion salvatrice pour chaque être humain : l’islam.
 En effet, l’islam symbolise la soumission au Tout-Puissant et le Livre Saint (le Coran) souligne que Dieu commande au prophète Mohamed (QSSL) de dire : Je ne suis pas un innovateur parmi les prophètes. Car Dieu a envoyé d’autres prophètes avant lui. Ils furent tous les messagers de Dieu et les prédicateurs d’un seul et unique islam. Le Coran confirme clairement cette vérité comme suit :
«Quiconque recherche une religion autre que l’islam, celle-ci ne sera point agréée de Lui, il sera dans l’au-delà au nombre des réprouvés». L’islam, rappelons-le, repose sur cinq piliers fondamentaux :
— La profession de foi (Echahada) qui est l’affirmation du monothéisme le plus strict : “Il n’est pas d’autre Dieu qu’Allah et Mohamed en est le messager”.
— La prière qui est la conscience de la dépendance de l’homme comme de toute chose, à l’égard de Dieu, le Créateur.
— Le jeûne pendant le mois qui fut celui de la Révélation; il est l’acte par lequel l’homme s’exerce à s’arracher au flux des exigences et à se maîtriser lui-même pour être prêt à répondre à l’appel de Dieu. Ce contrôle de soi, attestant de la possibilité de rompre avec l’animalité des instincts, est un devoir à l’égard de nous-mêmes. “Jeûner est un bien pour vous”, dit le Coran (II/184) qui nous rend capables d’accomplir les tâches auxquelles le Tout-Puissant nous appelle.
— La «Zakat» (ou purification des avoirs et des biens) intègre la vie économique à la vie de l’esprit et lie la solidarité sociale à la foi. La justice sociale et tous les actes de notre vie contribuent à la concrétiser depuis le travail jusqu’à la participation politique qui font partie de la pratique religieuse, du culte et de la célébration. — Le pèlerinage aux Lieux Saint de l’islam est une obligation non moins sublime que les précédentes ; il reste un cheminement vers Dieu et réalisation en acte de la communauté.  Il exige que l’homme de foi sache se détacher de toutes les préoccupations et de ses intérêts immédiats pour se remémorer de la présence de Dieu au cœur du monde et également pour prendre conscience, par la convergence vers la “Kaâba”, d’autres hommes de foi venus de tous les coins du monde, de l’unité de la “Umma”, de la communauté ouverte à tous les hommes, et celle de la foi.

Lumière du Coran  et de la Sunna

Le pèlerinage fut pendant des siècles un véritable sacrifice. Il exigeait, par voie terrestre ou maritime, des épreuves et comportait des risques considérables et surtout une rupture, souvent héroïque, de plusieurs mois, avec la sécurité, le confort, le quotidien pour témoigner de la présence en leur vie de la foi en Dieu qui rendait le pèlerinage capable de cette rupture.
A la veille de l’Aïd El-Adha, les pèlerins, aujourd’hui 9 Dhou el-Hidja”, en tenue d’ihram, vont se diriger vers le mont de ‘Arafat, après avoir assisté à la mosquée Namirah aux prières du D’hor et de l’Assar combinées en deux “rakaâtes” chacune.
Cette mosquée est située sur le djebel El-Rahmah, endroit symbolique où le Prophète Mohamed prononça son sermon d’adieu. Près de deux millions de fidèles, bravant les rigueurs d’une chaleur torride, vont prier avant de se rendre sur le Mont ‘Arafat, point culminant et pierre angulaire du pèlerinage.

Le pèlerinage, c’est Arafat

Tête nue, le pèlerin glorifie Dieu en lisant le Coran et en prononçant la talbiya :Lebbeyk, Allahoumma lebbeyk, labbeyk la charika laka lebbeyk, inna el-hamda oua niîmata laka ouel moulk, la charika lek.  Dès le coucher du soleil, cette marée humaine se meut pour rejoindre, via Minen, Mouzdalifah, grande plaine ouverte, à mi-distance entre ‘Arafat et Minen où elle doit accomplir les prières du Maghreb et de l’Icha réunies. Le temps de prier et de se restaurer, les fidèles procèdent au ramassage de 70 cailloux de la taille d’un petit pois avant de se diriger vers Minen. Pour éviter la bousculade. Il est préférable d’accomplir la lapidation de bonne heure, avant de se rendre à La Mecque pour accomplir le Tawaf el-ifadah et le Sâye entre Es-safa et El-Marwa. Les pèlerins assistent ensuite aux prières du Fadjr et du Sobh, font un brin de toilette, se désaltèrent à la source de Zemzem et retournent à Minen pour procéder au rite du sacrifice. Le pèlerinage se termine avec ce cycle. Le pèlerin peut alors enlever sa tenue sacrale, se raser et prendre un bain. Il porte alors le titre de hadj. Il doit passer encore les deux ou trois jours suivants de Dhou el-Hidja à Minen pour poursuivre la lapidation des trois “jamarates” en commençant par le petit, le moyen et le grand diables.
Les pèlerins accomplissent le Tawaf el-Wadaâ autour de la Kaâba, achevant ainsi les rites du pèlerinage. Ils quittent la sainte mosquée El-Haram en louant et en remerciant Dieu, le priant de leur accorder Sa Grâce et Sa Faveur de retourner une nouvelle fois dans Sa Sainte Maison.

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Tawaf  El-Wadaâ

Avec le Tawaf El-Wadaâ, les pèlerins terminent les rites du pèlerinage. Ils quittent alors la sainte Mosquée El-Haram en louant et en remerciant Dieu de leur accorder Sa Grâce et sa Faveur pour qu’ils retournent une nouvelle fois dans Sa Sainte Maison.
Ils sortent par Bab El-Wadaâ de façon ordinaire, sans faire marche arrière, car cela est considéré comme «bidaâ».
L’adieu est très poignant, car chacun met un temps à réagir qu’il va quitter cet endroit sacré, pour se diriger vers Médine pour ceux qui sont arrivés quelques jours avant le stationnement debout sur le Mont de la Miséricorde, ou Djeddah.
Le pèlerinage signifie, dans son concept, la purification de l’âme, l’expiation des péchés, la demande du pardon de Dieu le Clément, le Miséricordieux.
Le pèlerinage terminé, le hadji sempresse de retourner chez lui, le temps de revoir les siens et les amis, car dès que se profile la saison du pèlerinage, une intense émotion le saisit en songeant au seul endroit au monde où il se mêlerait avec des centaines de milliers de pèlerins dans la Sainte Mosquée d’El-Haram.

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« Khotbat El-Wadaâ »
Le Prophète (QSSSL) a dit :  « Tous les musulmans sont frères entre eux »

Prêche historique, décisif, déterminant, tous les adjectifs ne suffisent pas pour qualifier celui qui a été fait par le Prophète (QSSSL), lors de son dernier pèlerinage à La Mecque.
Appelé communément « Khotbat El-Wadaâ», ce prêche a valeur de programme, de référence incontournable pour tous les musulmans. En voici quelques extraits choisis de la Sira d’Ibn-Hicham, (vol.4/pp 265-266) :
« Oh gens! votre sang et vos biens vous sont proscrits jusqu’au Jugement dernier, comme c’est le cas de ce jour-là, de ce mois-là (…). celui qui détient une « amana », qu’il la rende à son propriétaire, et que toute forme d’usure est frappée de nullité, mais il vous restera l’intégralité de votre capital et ce, afin de préserver les droits de chaque partie… (et que toute dette de sang contractée durant la période de la « djahilia » est considérée comme nulle et non avenue »…)
« Oh gens! vous avez des droits sur vos femmes comme elles en  ont sur vous » (…). « ayez envers elles de bonnes intentions (…) ».
« Je vous ai laissé deux choses — Le Coran et la Sunna —, si vous vous y teniez scrupuleusement, vous ne vous égareriez jamais » (…).
« Oh gens! Ecoutez mes paroles et sachez que chaque musulman est frère du musulman et que tous les musulmans sont frères entre eux. Rien n’est licite pour l’individu que ce qui lui est cédé de bon gré par son prochain. ne porter pas atteinte à vous-mêmes. Que Dieu m’est témoin que j’ai transmis » (…).
(Traduction de la rédaction)
 


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