lundi 20 aot 2018 05:29:56

Subventions : Préserver la justice sociale

Une levée progressive des subventions n’est pas à écarter. Le carburant figure en tête de liste des produits concernés.

PUBLIE LE : 09-08-2018 | 0:00
D.R

Une levée progressive des subventions n’est pas à écarter. Le carburant figure en tête de liste des produits concernés. Le décret exécutif du 5 mars paru dans le Journal Officiel du 7 mars dernier évoque une «mise en route graduelle dans le cadre de cette rationalisation des dépenses publiques, d’une nouvelle approche en matière de subventions directes et indirectes de l’État au profit des ménages». Dans le projet de LFC le gouvernement a proposé une TVA sur les véhicules montés en Algérie. «C’est une proposition opportune et justifiée à la fois pour son caractère financier et pour amorcer justement la réforme des subventions», commente Mohamed Cherif Belmihoub, dans un entretien paru dans un quotidien francophone. A une question de savoir si le gouvernement peut-il recourir à une autre formule, afin de compenser cette suppression de la TVA, l’expert dira que «le Parlement doit en principe proposer des ressources nouvelles pour compenser le manque à gagner pour le Trésor induit par le rejet de l’exonération». A ses yeux, «on  aurait compris le principe  si l’on avait assujetti à la TVA les voitures selon un barème précis en fonction du prix de vente pour les clients à revenu modeste afin de soutenir cette catégorie d’acheteurs, mais elle doit l’être pour tous les produits qu’ils soient de 1  million de dinars ou de 10 millions  de dinars. Ce qui veut dire qu’il est injuste d’exonérer de la TVA un véhicule à deux milliards de centimes !» A ce sujet, des experts récemment ont plaidé pour un débat national, voire une consultation nationale, pour sortir du modèle des subventions généralisées et concevoir un modèle de transferts monétaires qui soit conforme à «l’idéal algérien de justice sociale». A propos de la dépréciation continue du dinar, le Pr Belmihoub souligne que «c’est le marché qui détermine la valeur d’une monnaie convertible, dollars, euros, yens, etc». Explicite, il dira que «le dinar, dans sa convertibilité partielle, a une valeur déterminée par la Banque d’Algérie par rapport à des indicateurs macroéconomiques liés à la balance commerciale et aux relations de l’économie nationale avec les autres économies dans le monde avec lesquelles elle est liée par des relations commerciales». Sur sa lancée, le Pr Belmihoub relève que «dans le cas d’une balance commerciale dynamique, un déficit budgétaire moindre, que nos rapports avec les autres ne soient pas dominés par le seul pétrole, le dinar  prendra de la valeur. L’offre de monnaie provient des hydrocarbures, sauf que les recettes ont tendance à baisser alors que la demande d’importation suit une courbe ascendante, le dinar se déprécie ainsi». Sur sa lancée, il évoque le problème de l’informel et recommande de «réformer l’administration en premier et  s’attaquer à la racine du mal». Est-ce c’est l’administration fiscale qui est désignée? «Pas seulement, les douanes, les administrations économiques, la justice» répond le Pr  Belmihoub. Par ailleurs, il relève une série de problèmes dont celui de l’anticipation, évaluation des risques.                   
Fouad Irnatene
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions