jeudi 13 dcembre 2018 10:44:18

Il y a 1028 ans naissait Ibn Sina (980-1037) : Le temps et le génie

«Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine; alors le passé est comme s'il n'eût jamais existé. » L’auteur de cette citation a échappé au ravage du temps.

PUBLIE LE : 08-08-2018 | 0:00
D.R


«Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine; alors le passé est comme s'il n'eût jamais existé. » L’auteur de cette citation a échappé au ravage du temps. L’oubli, cette machine à panser les blessures, n’a eu aucune emprise sur lui. Ce personnage hors du commun continu à hanter le savoir dans toute sa dimension. A lui seul il incarne l’âge d’or culturel de l’Islam, par ses qualités personnelles, l’ampleur de ses recherches, sa brillante carrière. Sa réflexion participe de l’intégration de l’héritage gréco-romain et de la formation de la culture arabe classique. Très vite, il est connu dans tout le monde arabe, voire même au-delà, et ses écrits médicaux et philosophiques auront une grande influence par la suite, notamment en Occident. Car même en ce troisième millinaire on reste admiratif devant son génie. Ibn Sina, le médecin, le philosophe, le politique,  l’homme aux multiples facettes, cet enfant de Boukhara (Ouzbékistan), étonnait déjà jeune. «Quand je grandis, aucune cité ne fut à ma mesure» écrit-il lui-même. Des propos prémonitoires. Doté d’une mémoire prodigieuse, il reçoit l’enseignement de grands maîtres, Boukhara étant à l’époque une grande métropole, riche et puissante, attirant artistes et intellectuels. Son père lui paye les meilleurs professeurs disponibles. Il étudie le droit religieux (le fiqh), la culture de cour (el adab), le Coran, mais aussi la philosophie gréco-romaine que le monde arabe découvre et traduit à la même époque. Très tôt, armé de son seul savoir il choisit la vie d’itinérant rompant ainsi avec le confort de Boukhara. Sa carrière est fulgurante: à 16 ans, il est déjà un médecin célèbre, et il rédige son premier traité de philosophie à 21 ans. Il n’a cependant pas le triomphe modeste comme tous les génies d’ailleurs: il écrit ainsi «la médecine n’étant pas une des sciences difficiles, j’y montrais donc promptement ma supériorité, si bien que des médecins éminents l’étudièrent bientôt sous ma direction». Homme de science du savoir et de la vie, Ibn Sina meurt en 1037, d’une… crise intestinale – qu’il n’a pas su soigner –, épuisé par l’excès de travail, mais aussi de plaisirs. Sa sépulture devient très vite le lieu d’une vénération populaire, ce qui est toujours le cas aujourd’hui. En pénétrant très tôt les secrets du corps humain il a livré à l’humanité entière un recueil inestimable de savoir. Et ce n’est qu’à juste titre que qu’aujourd’hui Google consacre sa page d’accueil à ce monstre sacré. Dans ses écrits, il disait que former de nouveaux esprits est le devoir du scientifique : «Ainsi, comme médecin, je soignais le corps de mes patients et, comme professeur, je préparais l’âme de mes élèves».
M. T.
 

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