jeudi 13 dcembre 2018 10:50:31

Le président du Parlement sahraoui au forum d’El Chaâb : « Le Maroc entrave la mission de Horst Köhler »

Le président du Parlement sahraoui et président de l’Université d’été des cadres sahraouis a estimé, hier, que la mission de l’envoyé personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental est difficile.

PUBLIE LE : 08-08-2018 | 0:00
Ph.Y-Cheurfi

Le président du Parlement sahraoui et président de l’Université d’été des cadres sahraouis a estimé, hier, que la mission de l’envoyé personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental est difficile.

M. Khateri Adouh indiquera, lors de son passage au forum d’El Chaâb que cette difficulté à laquelle est confronté M. Köhler est provoquée par l’entêtement du Maroc à vouloir imposer des « conditions préalables » à la relance du processus de négociations  souhaitée par l’ONU en vue de régler  le dossier sahraoui. « M. Köhler a exprimé sa volonté de trouver une solution, mais l’entêtement du Maroc et les conditions qu’il pose n’encouragent pas la relance du processus de négociation », dira l’invité du quotidien arabophone. M. Khateri, qui ne manquera pas à cette occasion de réitérer la disponibilité des Sahraouis à coopérer pleinement avec l’Envoyé personnel de l’ONU, estime aussi que « pour aller vers des négociations de paix, il faut  instaurer une confiance réciproque » et ne pas poser de conditions préalables. Il en voudra pour exemple le Polisario. Ainsi, dira-t-il,  « si de notre côté  on ne s’en cache pas qu’on lutte politiquement et militairement  pour  arracher  notre  indépendance,  on n’a jamais posé comme condition préalable aux négociations de prendre en compte notre seul point de vue ». Et d’ajouter que « pour nous, c’est le peuple sahraoui qui décidera à l’issue du référendum ». Selon lui, l’arrière-pensée qui se décline derrière la position marocaine est celle
« d’imposer son projet d’autonomie », ce qui, estime-t-il, « n’aidera pas Köhler et n’incite pas à l’instauration d’un climat de confiance » entre les deux parties.  Pour le président du Parlement sahraoui, la position de l’Europe est aussi un facteur de blocage du processus de négociations, c’est pourquoi, dira-t-il, l’envoyé onusien a été à Bruxelles pour voir la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et solliciter l’aide de l’UE.
 
Visite attendue de Köhler avant octobre prochain

M. Köhler, qui fera  aujourd’hui un briefing au Conseil de sécurité sur sa dernière tournée dans la région visant à relancer les négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc, devrait, selon M. Khateri, effectuer une autre tournée régionale avant le mois d’octobre, date à laquelle expirera le mandat de la Minurso, renouvelé en avril pour une durée de 6 mois. Il devrait présenter à cette occasion un rapport pour justifier le renouvellement par le Conseil de sécurité du mandat de la mission onusienne. Ainsi, tout en saluant la position de l’Algérie sur la question, l’invité d’El Chaâb dira attendre de l’ONU une position claire vis-à-vis du Maroc qui tente  de dénaturer la nature du conflit. Aujourd’hui, dira le président du Parlement sahraoui, il existe un consensus international sur la question sahraouie, et il est inadmissible selon lui, qu’en « 2018 le Maroc tente d’imposer sa «solution» d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine comme si la  question était déjà réglée ». Et de poursuivre : « Comment peut-on accepter que le Maroc refuse de négocier avec le Polisario et demande à négocier avec l’Algérie ? » C’est pourquoi, a-t-il affirmé, il faut  « une position claire, franche et courageuse vis-à-vis des conditions posées par le Maroc », d’autant, a-t-il ajouté, que « l’attitude du Maroc est négative et entrave le processus de négociation ».  Sur la tenue à Boumerdès de l’université d’été du Polisario, il dira que les 440 cadres sahraouis venus d’horizons divers tirent profit de cette rencontre pour échanger les informations et élargir leurs connaissances sur les différents aspects du dossier. D’autant, a indiqué le président du Parlement sahraoui et président de la 9e édition de l’université d’été, que ce rendez-vous se tient dans une conjoncture particulière. «Le conflit avec l’occupant marocain est dans une phase cruciale», caractérisée, d’une part, par de nombreux succès remportés par les Sahraouis au plan diplomatique et juridique, et d’autre part, des échecs répétés de la diplomatie marocaine.
Nadia Kerraz  

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