samedi 17 novembre 2018 12:52:14

Carte Chifa : Les fraudeurs passibles de suspension définitive

La Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs non salariés (CASNOS) va suspendre définitivement la carte Chifa aux assurés fraudeurs.

PUBLIE LE : 12-07-2018 | 0:00
D.R

La Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs non salariés (CASNOS) va suspendre définitivement la carte Chifa aux assurés fraudeurs. En effet, suite à une opération de contrôle opérée par ses services, il a été enregistré des irrégularités liées à une utilisation frauduleuse de la carte par une tierce personne qui achète des médicaments ne correspondant pas à ceux acquis par le malade.

À cet effet, les responsables de la CASNOS ont pris la décision de convoquer 30 assurés chaque mois, dans le cadre d’une enquête menée à ce sujet, où, d’après les premières constatations, la caisse a relevé également que 15% des assurées ont fait l’objet d’une utilisation frauduleuse de leur carte Chifa. Selon les contrôleurs, ces 15% ont laissé leur carte au niveau des pharmacies. La carte a ainsi  été utilisée par d’autres personnes, ce qui a engendré des pertes importantes pour la Caisse.
Selon Farid Taibi, directeur central à la CASNOS, certains pharmaciens ou leurs collaborateurs auraient utilisé frauduleusement ces cartes Chifa, confiées par des assurés pour diverses raisons, pour ne pas attendre l’opération d’enregistrement qui est parfois longue et contraignante pour les autres clients qui attendent leur tour. Aussi, ces cartes sont laissées à titre de gage pour prétendre aux médicaments prescrits par les médecins. Il faut rappeler que la CASNOS, qui est conventionnée avec près de 10. 000 pharmacies à travers le pays, a mis en place un nouveau mécanisme liant directement le pharmacien au médecin consultant de la CASNOS via son e-mail, où ce dernier est tenu d’informer le médecin traitant, la liste des médicaments prescrits aux assurés pour la confirmer ou la rejeter, en cas de dépassements constatés dans la nature de ces médicaments prescrits.
Pour sa part, la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS) a lancé une campagne de sensibilisation vers tous les salariés, pour empêcher la saignée financière causée par l’utilisation abusive de la carte Chifa.  Cette campagne sera l’occasion pour expliquer les enjeux et l’intérêt de l’utilisation strictement personnelle de la carte. Des conseils seront prodigués quant à son utilisation dans les normes afin que ce service reste toujours performant et à la hauteur des usagers.
À ce titre, la Cnas a rappelé que la carte Chifa est strictement personnelle et qu’elle ne doit en aucun cas être laissée à la disposition d’une tierce personne, y compris les prestataires conventionnés, comme les pharmaciens ou les médecins. L’utilisation de cette carte par un tiers entraîne des poursuites judiciaires.
En effet, le préjudice doit être important, car la pratique est, hélas, répandue. Des citoyens témoignent en grand nombre avoir eu affaire à ce genre de pratiques frauduleuses. Des assurés racontent avoir laissé leur carte Chifa chez le pharmacien. Les catégories les plus touchées sont les cartes utilisées par les personnes atteintes de maladies chroniques et les retraités. Et c’est par cette voie que l’argent se perd. D’autres citoyens se sont  contentés de dire que le problème est avant tout éthique et moral. C’est après que vient la lutte contre ce phénomène, par la sensibilisation et la dissuasion. Enfin, notons que la carte Chifa est un service qui a facilité la vie à toutes les catégories sociales. Comparé à l’état des lieux d’avant son institution, c’est une avancée gigantesque. 
Il faut rappeler également que la CNAS, devant de nombreux cas de dépassements signalés, a bloqué 8.242 cartes, pour abus, fraude ou autres motifs. Le Directeur général de cet organisme, M. Tidjani Hassan Haddam, a néanmoins qualifié ce chiffre de «dérisoire» par rapport au nombre global des bénéficiaires du système de sécurité sociale qui est de 13 millions de cartes. Le même responsable a expliqué que l’assuré social se doit de rembourser la somme objet d’abus, pour régulariser sa situation, alors que les cas de fraude sont systématiquement communiqués à la  justice.
Salima Ettouahria

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