dimanche 22 juillet 2018 17:18:56

Conjoncture : Un enjeu de stabilité

Quelles que soient les critiques et la polémique qui ciblent ce dossier, il y a lieu d’admettre que le système des subventions généralisé aura permis à l’ensemble des citoyens, quels que soient leurs revenus, d’accéder, au titre des transferts sociaux, notamment, à une éducation et à des soins à titre gracieux, mais aussi au logement à des prix qui sont loin de traduire son coût réel.

PUBLIE LE : 11-07-2018 | 0:00
D.R

Quelles que soient les critiques et la polémique qui ciblent ce dossier, il y a lieu d’admettre que le système des subventions généralisé aura permis à l’ensemble des citoyens, quels que soient leurs revenus, d’accéder, au titre des transferts sociaux, notamment, à une éducation et à des soins à titre gracieux, mais aussi au logement à des prix qui sont loin de traduire son coût réel. D'autre part, des subventions sont assurées par l’État, aux produits et services de base (pain, semoule, sucre, huile, eau, électricité, gaz, transports... ). N’obéissant pas à une logique économique, ce mécanisme, soulignent les experts, reste beaucoup plus motivé par l’enjeu politique, la priorité de l’État étant de garantir les fondements à la stabilité et à la justice sociale. Des principes qui, certes, ont contribué à soutenir ces objectifs, mais qui se sont avérés coûteux au titre de la dépense publique. En fait, «L’option sociale de l’État, dictée par le cheminement particulier de l’histoire de notre pays, montre, toutefois, un glissement d’une conception de l’État social garant de la justice sociale et de la solidarité nationale, vers un État- providence, privilégiant une redistribution généralisée et uniforme des richesses et de la production nationale». Par voie de conséquence, «une adaptation progressive» des subventions et transferts sociaux «à travers un ciblage précis» des populations s’imposait de fait, d’autant plus que «ce mécanisme généralisé de subventions, outre son coût excessif pour la collectivité, ne répond plus aux objectifs de réduction des inégalités et de protection des populations les plus vulnérables». «Le besoin de réformer le système de soutien des prix s’impose comme un impératif économique», souligne, dans ce sens, le ministère des Finances. En d'autres termes, la modulation des aides de l’État devrait intervenir en fonction des revenus, au cas par cas, car le système tel qu’adopté jusque-là grève sensiblement les finances publiques. Le ministre des Finances a bien précisé que «s’il y a nécessité de revoir les dispositifs de soutien systématique en vigueur, la révision ne sera pas précipitée et ne sera pas appliquée de manière systématique et indiscriminée». Une épreuve complexe, d’autant plus que la démarche doit être abordée dans le cadre d’une concertation élargie, et obéir à des analyses approfondies. Toute une «ingénierie» qui recommande, par conséquent, de modérer le processus, pour éviter toute précipitation susceptible de fausser la route. Dans cette optique, la feuille de route pour le redressement des finances publiques, amorcée dans le sillage de sa nouvelle politique budgétaire, vise, entre autres, à assurer une répartition équitable des transferts sociaux au bénéfice de la population sur la base de ciblage des ménages selon des critères prédéfinis. Cette orientation du gouvernement pour la refonte du mécanisme des subventions généralisées reste motivée par le souci de préservation des équilibres financiers du pays, ce qui suppose, en priorité, une rationalisation des dépenses courantes, et un ciblage des priorités de l’État, en matière de subventions, notamment. Il est certain que des aménagements vont devoir intervenir au chapitre des transferts sociaux, devenus trop lourds et trop dangereux pour les équilibres budgétaires de l’État algérien. Une approche qui, cependant, n’entrave aucunement le principe de solidarité nationale ni les engagements du gouvernement envers les populations à faible revenu, rassure encore le ministère des Finances. Une entreprise incontournable, pour une plus grande efficience dans la conduite de la politique sociale, mais aussi budgétaire du pays.
    D. Akila

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