mercredi 19 septembre 2018 14:55:27

Note de lecture : Tolérance et respect

Internationalement reconnu pour ses contributions à la vulgarisation de la pensée de l’islam, Mohamed Arkoun était un professeur émérite des plus prestigieuses universités dans le monde. Son ouvrage, la Pensée arabe, paru en 1975 à Paris, a été réédité chez Hibr édition.

PUBLIE LE : 10-07-2018 | 0:00
D.R

Internationalement reconnu pour ses contributions à la vulgarisation de la pensée de l’islam, Mohamed Arkoun  était un professeur émérite des plus prestigieuses universités dans le monde. Son ouvrage, la Pensée arabe,  paru  en 1975 à Paris, a été réédité chez Hibr édition.

«La pensée arabe» est un ouvrage ne vise pas seulement la révélation des impensés accumulés dans la pensée dite occidentale à l’égard notamment de ce qu’il a construit sous les noms d’«islam» et de «monde arabe», il s’agit aussi de mesurer les dérives idéologiques inavouées, à l’égard de cet islam devenu indéchiffrable, trop manipulé tant par les musulmans que par ses interprètes occidentaux. Tout reste à repenser, à réécrire, à réviser... L’islam comme religion, tradition de pensée, déploiements interculturels dans le monde ou à force de soulèvement historique des masses populaires sont partout abandonnées aux pratiques de «la pensée sauvage». Un passionnant ouvrage de 126 pages qui aborde au premier chapitre intitulé «Le fait coranique » l’histoire critique du texte coranique, la notion de parole de Dieu, la structure des relations de personne, le cadre spatio-temporel de la représentation, les procédés littéraires et la fonction prophétique.
«La formation de la pensée arabe», deuxième chapitre, Mohamed Arkoun s’étale sur la vision musulmane traditionnelle avant d’expliquer la genèse du fait arabo-islamique à travers le cadrage historique des premières compétitions, les premières discussions doctrinales, l’impact de la pensée grecque ainsi que la compétition sunnite/chîite.
Le troisième chapitre quant lui, est entièrement consacré à la pensée classique et dans le quatrième    l’auteur revient sur la conservation, les ruptures et les résurgences de la pensée arabe.
Il conclut le cinquième chapitre avec «L’irruption de la modernité» en mettant en avant les nouvelles conditions d’exercice de la pensée arabe, les orientations de la «Nahda», la «Thawra» à travers une idéologie de combat ainsi que les droits et les tâches d’une pensée arabe critique. L’intention à travers cet ouvrage est de présenter l’histoire de la pensée d’expression arabe depuis l’émergence du fait coranique jusqu’à nos jours. Alors que l’on oppose de plus en plus fréquemment l’«Occident» à
l’«Islam», Mohamed Arkoun situe, dans un cadre historico-critique, la place de la pensée arabe dans une histoire générale de la pensée et des cultures méditerranéennes, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les deux rives de la Méditerranée.
Né à Taourirt-Mimoun dans la commune actuelle d’Ait Yenni, en Kabylie, en 1928, Mohammed Arkoun est décédé en 2010 à Paris. Humaniste, laïque, Mohammed Arkoun est un intellectuel qui s’inscrit dans la tradition des «Lumières françaises». Historien, islamologue et philosophe, il était un militant actif du dialogue entre les religions, les peuples et les hommes. Spécialiste de l'islam, il plaidait pour un islam repensé dans le monde contemporain. Il est auteur de plusieurs ouvrages à l’exemple de «Lectures du Coran» (Paris, 1982), «Penser l'islam aujourd'hui» (Alger, 1993), ou encore «The Unthought in Contemporary Islamic Thought» (Londres, 2002).
Mohammed Arkoun a enseigné à la Faculté des lettres et sciences humaines de Strasbourg (1956-1959), au lycée Voltaire de Paris (1959-1961), maître-assistant à la Sorbonne (1961-1969), professeur associé à l’université de Lyon II (1969-1972), puis  professeur à l’université Paris VIII et à Paris III- Sorbonne Nouvelle (1972-1992)1. Il a été membre du Wissenschaftskolleg de Berlin ( 1986-1987 et 1990) et de l’Institute for Advanced Study de Princeton, dans l'État du New Jersey aux Etats Unis (1992-1993), professeur affilié de l’université de Californie à Los Angeles (1969), de l’université Temple, de l’université de Louvain-la-Neuve (UCL) en Belgique (1977-1979), de l’université de Princeton (1985), du Pontifical Institute of Arabic Studies à Rome et à l’Université d’Amsterdam (1991-1993).
Feu Mohammed Arkoun a été membre du Comité directeur puis du Jury du Prix Aga Khan d’architecture (1989-1998), du Jury international du Prix UNESCO de l’éducation pour la paix (2002), et du Conseil scientifique du Centre international des sciences de l’homme de Byblos (Liban, UNESCO).
Il est fait officier des Palmes académiques, officié de la Légion d’honneur en juillet 1996, puis commandeur de la Légion d’honneur en septembre 2004. L'université d’Exeter (Royaume-Uni) lui attribue ensuite le titre de Docteur honoris causa.
Kader Bentounès

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions