vendredi 22 novembre 2019 17:47:31

Journée africaine de la fonction publique : Combattre la corruption

Renforcer la confiance entre le citoyen et l’état.

PUBLIE LE : 24-06-2018 | 0:00
D.R

L’Algérie, à l’instar des autres pays du continent africain, a célébré hier la Journée africaine de la fonction publique, qui coïncide également, il faut le dire, avec la Journée mondiale de la fonction publique.

En cette occasion, la direction générale de la fonction publique et de la réforme administrative a organisé à l’ENA —en partenariat avec le ministère des Affaires Etrangères, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du Territoire, le ministère de la Justice et l’organe national de prévention et de lutte contre la corruption— une rencontre sous le thème : «Combattre la corruption dans les institutions publiques, la participation des parties prenantes et la promotion du leadership, en vue de réaliser les objectifs du développement durable». Le choix de cette thématique répond au souci de l’ensemble des fonctions publiques de par le monde à se «prémunir contre tout comportement ou acte émanant de leurs agents et susceptible non seulement de porter atteinte à leur image de marque, mais aussi et surtout d’entraver les processus de réforme et de développement auquel elles s’attellent énergiquement ».
Dans une allocution prononcée à l’ouverture des travaux de cette journée, le directeur général de la fonction publique et de la réforme administrative a, de prime abord, souligné que la fonction publique constitue «le miroir de l’Etat et l’outil privilégié dans la préparation  des politiques publiques et leur mise en œuvre» et ce, au regard de son importance et des missions de service public et d’autorité publique, dont elle a la charge. Poursuivant ses propos, M. Belkacem Bouchemal mettra en exergue le fait qu’aujourd’hui, pour l’accomplissement de ses missions de plus en plus complexes et face aux nouvelles exigences générées par les mutations politiques, économiques et sociales et l’émergence de nouvelles valeurs universelles liées à la bonne gouvernance et l’Etat de droit, «la fonction publique doit être impartiale, performante et qualifiée, en mesure de répondre aux attentes des citoyens et de s’adapter à son environnement».
L’orateur soutient haut et fort que ces défis imposent une conception
«rénovée» du service public en vue de sa réhabilitation et de garantir son adaptation continue, non seulement à son environnement mais également et surtout à l’évolution des besoins et des attentes de ses usagers ; ce qui permettra, en toute évidence, le rétablissement et le renforcement de la confiance du citoyen envers l’Etat. Le directeur général de la fonction publique et de la réforme administrative affirme que la démocratisation de la vie publique et son ouverture sur la société civile impose une nouvelle vision des rapports du citoyen avec l’Etat et l’administration ainsi que le besoin d’associer plus activement le citoyen à la gestion publique, notamment par la promotion de sa participation et de sa contribution à l’évaluation du service public et à l’amélioration de la qualité de ses prestations.
Aussi et aux fins de préserver les droits fondamentaux du citoyen, l’organisation et le fonctionnement du service public doivent impérativement —insiste M. Bouchemal—, être fondés sur «les principes d’égalité devant la loi, d’impartialité, de continuité et de transparence et obéir aux règles et principes de la bonne gouvernance dont notamment l’efficacité, l’efficience, la transparence de la gestion du service public, la moralisation de l’action publique et le développement de l’éthique professionnel». Le DG de la fonction publique rappelle dans ce cadre que c’est dans cette optique que s’est effectuée la refonte du statut général de la fonction publique algérienne qui s’inscrit dans le processus de réforme globale engagé par notre pays depuis les deux dernières décennies et qui a touché tous les secteurs d’activité de l’Etat. Dans cette logique, a-t-il déclaré, «la mission du service public doit consister exclusivement à répondre aux besoins des citoyens dans le respect de l’Etat de droit». Et d’ajouter que cette exigence requiert de la part de l’administration, un fonctionnement impartial et transparent et impose aux fonctionnaires des obligations qui trouvent leur fondement dans les principes d’égalité des citoyens devant la loin, d’impartialité du service public et de transparence des actes de l’administration.
M. Bouchemal mettra l’accent ensuite sur le fait que l’éthique du fonctionnaire est conçue comme un devoir de rectitude et de responsabilité. La rectitude, signale-t-il, représente le summum de l’étique, notant qu’elle signifie qu’«un emploi public ne doit pas être utilisé pour réaliser des profits personnels».

Hommage aux millions de fonctionnaires africains

Pour sa part, le directeur général  africain au ministère des Affaires Etrangères mettra en avant, d’emblée, que «la célébration de cette journée est d’abord un hommage aux millions de fonctionnaires africains qui assurent quotidiennement et avec abnégation des services publics indispensables pour les concitoyens. Qu’ils trouvent ici l’expression de nos félicitations les plus chaleureuses à l’occasion de la célébration de cette journée, ainsi que notre profonde gratitude pour la qualité des services rendus et des efforts qu’ils déploient avec persévérance pour se mettre au niveau des exigences d’une telle tâche». Le diplomate, Sofiane
Mimouni, qui rappelle la thématique retenue pour cette journée, qualifie ce choix de «courageux» et souligne qu’il «découle assurément de la volonté de notre continent et de ses dirigeants de mettre un terme à la corruption qui mine les économies africaines, diminue la productivité et entrave l’aboutissement des efforts consentis en matière de développement socio-économique».
M. Mimouni salue dans ce contexte le fait de voir que l’agenda 2063 de l’Union Africaine ait consacré avec courage et lucidité, dit-il, tout un programme de lutte contre ce fléau de la corruption. Un tel effort collectif est destiné, poursuit-il plus tard, à réduire considérablement la masse des flux financiers illicites estimés à plus de 500 milliards de dollars US/an, selon le rapport du groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites dirigé par l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki. Les pays africains se sont engagés, d’autre part, dans une action globale de «rationalisation de leur législation interne et leurs engagements internationaux», a mis en relief l’orateur.
Convié à s’exprimer en cette occasion, l’ambassadeur du Cameroun à Alger et doyen du corps diplomatique dans notre pays, M. Claude Joseph Mbafou, a affirmé que le thème retenu est à la fois «dense, expressif et interactif». L’ambassadeur a également mis en avant toute l’importance de cet «engagement du continent africain pour l’extirpation de ce qui terni le plus son image».
Soraya Guemmouri

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