dimanche 19 aot 2018 16:15:04

Paris, Rome et l’affaire Aquarius : Le ton monte

L’affaire du navire Aquarius transportant plus de 600 migrants à son bord vient de soulever une autre vague de polémique entre Paris et Rome.

PUBLIE LE : 14-06-2018 | 0:00
D.R

L’affaire du navire Aquarius transportant plus de 600 migrants à son bord vient de soulever une autre vague de polémique entre Paris et Rome. Le refus de l’Italie et Malte d’accueillir le navire sauveteur a provoqué un tollé diplomatique non seulement au sein des 28 mais aussi une mini crise, pour l’instant, entre le nouveau gouvernement populiste italien et l’Elysée.
Le ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a estimé hier que sans «excuses officielles» de la France il valait mieux annuler la rencontre prévue ce vendredi entre le président Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. Au même moment, l’ambassadeur de France à Rome était attendu hier à la Farnesina, siège du ministère des AE à Rome, alors que le ministre italien de l'Economie vient d’annuler sa rencontre avec son homologue français à Paris.  Une réaction sèche qui fait suite à la déclaration du président français qui a accusé les autorités italiennes de faire preuve de «cynisme et d'irresponsabilité» dans cette affaire. «Ce qui est inacceptable, c'est le comportement et l'instrumentalisation politique qui en a été faite par le gouvernement italien», a précisé le porte parole de l’Elysée. Des propos qui ont fait sortir M. Salvini de ses gonds.
Devant le sénat le ministre de l’Intérieur a appelé, non sans une note de sarcasme, Paris à faire usage de sa «générosité» légendaire dans l'accueil des migrants, jugeant que la France n'avait pas respecté ses engagements en la matière. M. Salvini a rappelé que la France s'était engagée à accueillir «9.816 migrants» arrivés ces dernières années en Italie mais qu'elle n'en avait accueilli que 640. Il a donc invité le Chef de l'Etat français à «passer de la parole aux actes et à donner un signal de générosité».  M. Salvini a également indiqué que la France avait renvoyé en Italie 10.249 migrants, ayant passé la frontière, entre le début de l'année et la fin du mois de mai. Mais ce début de brouille dans les relations franco-italienne dissimule en fait  un certain malaise français après la désignation du nouveau conseil italien. En effet, M. Matteo Salvini n’en est pas à sa première sortie. A peine installé, le ministre de l’Intérieur a repris sans ambages le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, qui tentait de faire rappeler l’importance du respect des traités européens : «encore une invasion de terrain inacceptable. Que les Français s'occupent de la France et ne mettent pas leur nez dans les affaires des autres !», a-t-il lancé.  Si tous les chemins mènent à Rome, ceux qui connectent les deux versants des Alpes semblent embourbés.
M. T.

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