dimanche 24 juin 2018 19:52:59

Travail des enfants en Algérie : Un phénomène très marginal

M. Zemali répond à l’envoi en Algérie d’une délégation de haut niveau par l’OIT : « Une atteinte à la souveraineté nationale »

PUBLIE LE : 13-06-2018 | 0:00
Ph. Louisa M.

«Les enquêtes réalisées sur la propagation du phénomène du travail des enfants en Algérie ont démontré que celui-ci existe, mais à un taux minime, ne dépassant pas 0,005% du nombre total des travailleurs sur les lieux de travail contrôlés», a déclaré le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.

Présidant une cérémonie organisée par son secteur à l’occasion de la célébration de la journée mondiale contre le travail des enfants, et ce, en présence de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Ghania Eddalia , M. Zemali a tenu à préciser que l’Inspection du travail procède de manière permanente au contrôle du respect de l’âge légal au travail.  « Des enquêtes pointues sont régulièrement lancées pour s’enquérir de l’état d’application de la loi en matière de respect de l’âge légal au travail », a-t-il affirmé.
En vue de concrétiser ses objectifs sur le terrain, et suite aux orientations judicieuses du Président de la République, l’Algérie a décidé d’introduire de nouveaux amendement dans la loi de finances 2018 visant à garantir une meilleure protection à nos enfants. De lourdes sanctions sont ainsi prévues à l’encontre des transgresseurs de toute mesure inhérente à la santé et la sécurité de l’enfant lors de l’exercice d’une activité, en particulier, lors- qu’il s’agit du travail des enfants.
Le ministre a réitéré, lors de cette journée organisée sous le slogan «Génération, santé, sécurité », l’engagement sans faille de l’Algérie pour faire face à ce genre d’activités illégales, rappelant par la même occasion, la ratification de notre pays aux principales normes et conventions internationales relatives aux droits de l’enfant. Le ministre a aussi mis en relief l’arsenal juridique qui se renforce d’année en année en matière de lutte contre le travail des enfants. Il s’agit notamment de la loi sur la protection de l’enfance, les dispositions du Code du travail et le caractère obligatoire de l’enseignement jusqu’à l’âge de 16 ans.
Le premier responsable du secteur du travail a évoqué, dans ce sillage, la participation de son département à des émissions radiophoniques et télévisées traitant de la prévention et la sensibilisation contre le travail des enfants.
De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mme Ghania Eddalia, a souligné que « la protection de l’enfance constitue un des principaux axes de la politique sociale de l’État algérien », rappelant « l’attachement du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, à cette question. En effet, le Président insiste à chaque occasion sur la nécessité de renforcer la position de l’enfant et à le placer au sein des priorités stratégiques dans tous les plans d’action du gouvernement ».
 Dans cette optique, Mme Eddalia a rappelé l’installation, le mois dernier, d’un groupe d’action intersectoriel au niveau du ministère de la Solidarité nationale pour élaborer un plan national de lutte contre l’utilisation des enfants dans la mendicité, en vue de garantir une protection à cette frange et instaurer un climat sain qui lui assure une croissance équilibrée.
La déléguée nationale à la Protection de l’enfance, Mme Meriem Cheurfi, a pour sa part insisté sur « l’importance de conjuguer les efforts en vue d’assurer une meilleure protection aux enfants contre la violence, l’exploitation et contre toute autre forme d’abus ». Abondant dans ce sens, elle indiquera que son institution reçoit 3 à 4 signalements par jour ayant trait au travail des enfants. «  La plupart de ces appels concerne les cas de vendeurs sur l’autoroute », a-telle révélé. Mme Cheurfi a tenu à rappeler les progrès notables enregistrés par l’Algérie en matière de protection de l’enfance, tant sur le plan législatif que sur le plan institutionnel.
Pour sa part, le représentant du bureau de l’Organisation internationale du Travail à Alger, Mohamed Ali Diahi, a fait savoir que, « sur le plan international, la problématique de la lutte contre le travail des enfants reste un phénomène universel. Son ampleur est plus accrue dans les régions les plus touchées par la pauvreté, le chômage et la déscolarisation ».
« Ce phénomène s’étend et occupe une place de plus en plus importante dans l’économie informelle, notamment dans les pays en développement. Quelque 157 millions d’enfants sont obligés de gagner leur vie de par le monde, d’où la nécessité de les protéger et de faire en sorte que ce phénomène ne se propage pas », a-t-il dit.
Sarah A. Benali Cherif

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M. Zemali répond à l’envoi en Algérie d’une délégation de haut niveau par l’OIT :
« Une atteinte à la souveraineté nationale »

« La délégation algérienne participant aux travaux de la Conférence internationale du travail à Genève a rejeté la décision de la Commission de l’application des normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) relative à l’envoi dans le pays d’une délégation de haut niveau », a affirmé, hier, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. S’exprimant en marge de la journée organisée à l’occasion de la célébration de la journée mondiale contre le travail des enfants, Mourad Zemali a affirmé que l’Algérie rejette «officiellement» cette décision «dans le fond et dans la forme».  Le ministre rappellera d’ailleurs, que « pour exprimer son rejet, la délégation algérienne s’est immédiatement retirée des travaux de la Commission », faisant part du «mécontentement  de l’Algérie à l’égard de ces pratiques qui constituent une atteinte à la souveraineté nationale et à l’indépendance de la magistrature algérienne et qui sont contraires à la réalité du paysage syndical pluraliste en Algérie et à l’expérience algérienne en matière de dialogue social. Une expérience qui a été maintes fois saluée par l’Organisation internationale du travail elle-même », a conclu le ministre.
S. A. B. C.

Mme Eddalia : « Les lois protègent l’enfant »
La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, a souligné que la prévention et mettre un terme au travail des enfants sont une «responsabilité collective des institutions publiques, de la société civile, des associations et des individus», et rappellera les textes législatifs et les lois protégeant l’enfant de l’exploitation dans l’emploi, ainsi que des mesures pour assurer une vie décente à cette frange de la société.
Dans son intervention, Mme Eddalia a rappelé les programmes du ministère de la Solidarité nationale qui accompagnent les familles nécessiteuses, notamment dans les zones isolées, à travers le recrutement de cellules de solidarité de l’Agence pour le développement social afin de protéger les groupes vulnérables.
H. H.
 

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