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Télé-Ramadhan : L’heure au bilan !

«La Wazzou polygame» est le titre d’un film africain d’Oumarou Ganda, qui dénonçait en son temps, avec humour et dérision, la polygamie.

PUBLIE LE : 13-06-2018 | 0:00
D.R

«La Wazzou polygame» est le titre d’un film africain d’Oumarou Ganda, qui dénonçait en son temps, avec humour et dérision, la polygamie. Notre hadj polygame dans le programme Ramadhan 2018 a pour nom Hadj Lakhdar. Nous nous demandions comment une telle thématique est encore au menu dans nos productions, et voilà que dans le feuilleton en question, une journaliste enquête sur le sujet et elle interviewe le polygame qui, bien entendu, lui vante les vertus de cette pratique d’un autre âge bien qu’il ait pris la précaution de souligner qu’il faut être équitable avec les épouses. Lui, il en a quatre et il est fier de l’ambiance qui règne à la maison au point d’autoriser la journaliste d’aller s’enquérir auprès de ses quatre épouses. Bien sûr, certaines lui disent que tout n’est pas parfait mais que cela ne les dérangent pas outre mesure. Une critique pas plus. L’émission va passer à la télévision et Hadj polygame saura que ses quatre épouses ne sont pas contentes de leur condition. Autre décor, autre histoire, avec le feuilleton «El Khaoua». Les femmes sont émancipées, dirigent des entreprises, sont médecins, sortent, font de l’équitation et une se drogue et meurt d’overdose. Le feuilleton casse les tabous. les hommes n’ont pas le dernier mot en dépit de leur situation et de leur argent. Ils ne peuvent prendre femme de force, cela ne se fait plus. Yasmine la cancéreuse se marie avec Rahim, mais les Mostfaoui sont poursuivis par la malchance et les malheurs. Les larmes se mêlent aux drames à ne plus en finir. Les frères s’entredéchirent et se font du mal. L’un d’eux est arrivé même à kidnapper la femme de son frère pour se venger. Jusqu’où ira ce scénario qui échappe à toute logique et convenance. «Bab Edechra» a trouvé son talent d’Achille avec une femme entrepreneuse qui veut acheter le village pour un immense projet touristique avec la complicité de quelques notables. L’heure est au bilan et il est négatif sur tous les plans. La cuvée 2018 est à mettre aux oubliettes. «Ana Wiyek» tourne en rond avec des épisodes de vols et de petites saynètes sur la cupidité. Bref, zappez, il n’y a rien à voir. Hadj polygame sévit toujours. Comme quoi, la médiocrité a encore de beaux jours devant elle.
Nous pourrons nous contenter de dire que de nouveaux visages font leur apparition à la faveur des feuilletons. C’est un acquis. Mieux dirigés, ces comédiennes et comédiens peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. Il faut garder l’espoir de voir un jour de meilleures productions. Cela nécessite une bonne préparation, des scénarios mieux ficelés, une mise en scène sobre et efficace. En un mot, de meilleurs films et feuilletons. En attend avec impatience «Saha Aidkoum», cette sublime chanson de Abdelkrim Dali. Saha aidkoum !
Abdelkrim Tazaroute

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