dimanche 23 septembre 2018 20:03:24

Clôture des veillées à l’Opéra d’Alger : Soirée purement spirituelle

«Sahrat El-Madina», tel est le thème choisi pour cette soirée de clôture du programme tracé par l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, pour ses veillées ramadhanesques.

PUBLIE LE : 13-06-2018 | 0:00
Ph. Nesrine

«Sahrat El-Madina», tel est le thème choisi pour cette soirée de clôture du programme tracé par l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, pour ses veillées ramadhanesques.

Un programme riche et varié a été honoré au cours de cette période. Il a englobé une panoplie de genres culturels et artistiques afin de répondre aux attentes du grand public. Et pour finir en beauté, rien de tel qu'un Hamid Achaïbou, Abdelkader Chaou et Salim Fergani pour une Sahrat El Madina. Cette veillée du lundi au mardi a été dédiée à un récital de musique chaâbi. Un récital qui a réuni les artistes de renom pour une soirée chaâbi féerique fusionnant «m’dih» et «qsid».
En effet, les présents à l’opéra d’Alger Boualem-Bessaih ont été gâtés par un récital de musique chaâbi le temps d’une soirée, animée par des artistes de ce style populaire. Largement nombreux à cette dernière soirée, les présents ont dansé sur les différents rythmes de ce style populaire. Ouvrant le bal, Hamid Achaïbou a gratifié les mélomanes par de célèbres pièces du chaâbi dont «Mahboubi namchilou», une chanson du feu cheikh Mohamed El Anqa et reprise par de grands noms du genre dont Amar Ezzahi. Hamid Achaïbou, par sa voix qui rappelle cheikh Mohamed El Anqa, une icône de chaâbi, a enchaîné avec un deuxième titre de ce dernier, «El Hmam éli rabitou m’cha aälya». Dans le m’khilas, il interprète «Seli houmoumak», et il enchaîne avec un m’dih «Lala fatima bent r’soul taha». Il a été applaudi par le public composé essentiellement de familles et de groupes de jeunes, fans de ce style de musique populaire. Lui succédant, Abdelkader Chaou a, pour sa part, interprété avec succès des qsayed dans le style m’dih, à l'exemple de «Ya mersouli edi slami»  et «Aâchqi we ghrami» dans le style m’khilas-m’dih. Sur un autre registre, Abdelkader change de rythme et interprète «Ya assafi aäla ma mada» dans un n’qlab. Dans le style hawzi, il interprète «El hob ma aätani fitra». El il termine son numéro en beauté avec des petites chansonnettes qui ont marqué la génération des années 70 et 80. Il interprète dans ce contexte «Ya el aädra win mwalik», «Djah rabi ya djirani» et «Saädini ya bent el aäm». La thématique de cette rencontre conviviale, qui s’articulait sur la réappropriation du rituel ramadhanesque dans le rite citadin algérois, s’est traduite par un programme lié à notre patrimoine de la culture d’oralité. Comme de tradition, la soirée a été articulée sur «El M’dih» et des «Qsidate». En clôture de cette soirée, l’illustre interprète du malouf, le successeur de Cheikh Mohamed Tahar Fergani, qui a su «chouchouter» son public a, magistralement, fait revivre le répertoire du m’dih en exécutant avec brio «Bism el k’rim sidi» et ce dans le style madih, et dans aäroubi «Qalbi makwi bila djamar». Une soirée inoubliable, au bonheur des mélomanes du malouf, qui a octroyé bonheur et nostalgie aux parfums de la ville des ponts suspendus. Il a su emporter le public algérois dans une ambiance de madih et de fête en interprétant des morceaux de chant andalou nécessitant des techniques de professionnels. La salle, charmée, a salué ces artistes, qui ont marqué cette dernière soirée, et les orchestres qui ont accompagné les artistes  avec des applaudissements de plus en plus nourris et des youyous algérois interminables… Outre le moment de détente et de plaisir que procure l’écoute des m’dihs, chants religieux, qsidate ainsi que le tawhid, cet endroit sert également de lieu de retrouvailles et de rencontre. Un moment chargé d’émotion, de bonheur et de paix qui a emporté les mélomanes dans une merveilleuse croisière purement spirituelle. Ainsi au cours de ce mois de Ramadhan, les responsables de l’opéra d’Alger ont voulu donner un style original et une grande dimension aux soirées programmées entre chanson châabi, musique andalouse, sahraoui, kabyle, ajoutés aux répertoires africain et magrébin. Ces soirées, faut-il le rappeler, ont été inaugurées par la veillée «Beyt ou Syah» le 21 mai dernier avec deux interprètes de châabi, à savoir,  Kamel Aziz et Mohamed Raoui. Elle a été suivie par l’évènement acrobatique Afro Cirkus qui a eu lieu du 23 au 27 du même mois. Une véritable découverte, à la fois cosmique et artistique réunissant plusieurs artistes africains. Dans le volet spirituel, «Laylet Rouh El Arouah» a été assurée par l'association Tamgout dans un style Madih.
 Concernant le genre Diwane, le style gnawi s'est imposé avec une belle soirée donnée par l’inénarrable Hasna El-Becharia, le 31 mai 2018. Le mois de juin a été au rendez-vous avec la tournée du grand interprète tunisien Ziyed Gharsa qui a sillonné les villes  de Annaba, Constantine et Biskra avant de faire son escale à Alger où il s’est produit avec la jeune interprète de musique andalouse Manel Gharbi, et ce, le 2 juin. Les 3 et 4 juin, l’opéra d’Alger a accueilli l'Orchestre symphonique avec le maestro Amine Kouider dans une Nouba D'ziria, composée par Nouredine Saoudi him-self. La variété a été également à l'honneur avec le retour de Selma Kouirat, le 5 juin, et Raina Raï en duo avec Amine Chibane, les 5 et 7 juin. Un parfum ottoman avec l’association turque de la musique et de l’art FAMI, qui a offert, le 9 du même mois, un bouquet de pièces mélodieuses classiques sur une cadence brassant la somptuosité de l’art musical oriental et l’élégance du chant classique turc. Au programme du 10 juin, la star algérienne montante Yasmine Amari a été très complice avec ses fans, venus nombreux assister à son spectacle.
Sihem Oubraham

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