mardi 11 dcembre 2018 13:15:33

A Oran, ils s’adonnent à la pêche en attendant El-Adhan : Un rituel et un loisir

Les plages de la Corniche oranaise, désertées par les estivants durant ce mois de Ramadhan, sont envahies par des pêcheurs à la ligne qui viennent jeter leurs hameçons, à partir de la fin de l’après-midi, histoire d’occuper leur temps en attendant la rupture du jeûne.

PUBLIE LE : 13-06-2018 | 0:00
D.R

Les plages de la Corniche oranaise, désertées par les estivants durant ce mois de Ramadhan, sont envahies par des pêcheurs à la ligne qui viennent jeter leurs hameçons, à partir de la fin de l’après-midi, histoire d’occuper leur temps en attendant la rupture du jeûne.

A la plage des Dunes, à Cap Falcon, ils sont quelques dizaines de pêcheurs, en solitaire pour la majorité, à occuper les lieux tout au long du rivage et à surveiller le moindre mouvement de leurs lignes, synonyme d’une bonne prise. Regard noyé dans les vagues, Aami Nacer semble hypnotisé par le flux et le reflux, un mouvement qui avance et recule, comme dans une valse interminable. Pour lui, la pêche est une thérapie : «Rester deux heures à contempler la grande bleue vaut mieux que de longues séances chez les psychologues», estime-t-il. «C’est prouvé par une étude américaine», lâche-t-il, après un court silence, comme pour donner plus de crédit à son propos. Ce sexagénaire, natif d’une ville côtière, n’a connu d’autre loisir que la pêche.
Depuis le début du mois de Ramadhan, il va de plage en plage, pour appâter les poissons. «Le domino, ce n’est pas mon truc. Et encore moins, les potins du bas de l’immeuble», avoue-t-il. A la retraite depuis quelque temps, ses sorties de pêche sont plus fréquentes au cours du mois de ramadhan. Elles font partie d’un rituel qu’il apprécie tant. Après la sieste, il embarque son matériel dans le coffre de sa voiture, une chaise pliante en plastique, une canne à pêche, et un sac à dos contenant hameçons et appâts. Il prend la route à destination de la mer qu’il ne quitte qu’au crépuscule et à l’approche de l’heure de la rupture du jeûne. Rachid, cadre dans une grande entreprise publique, vient souvent pêcher à la plage Coralès. Après sa journée de travail, il récupère ses deux garçons, âgés de 4 et 5 ans de la crèche, dépose sa femme à la maison et se dirige vers cette plage, où il passe ce qui reste du temps avant l’iftar. Ce trentenaire «très actif» ne vient pas pour pêcher le poisson mais pour la détente et le loisir. «Quand je veux du poisson, je vais au marché pour en acheter», dit-il, ajoutant que la pêche à la ligne est un loisir, une détente et un partage avec ses enfants.
 
La pêche à la ligne... un plaisir avant tout

«Je rentre souvent avec 500 gr de petits poissons marbrés», note-t-il, tout en reconnaissant que ce sont les moments paisibles passés en compagnie de ses deux enfants qui comptent le plus, pas le produit de la pêche en lui-même. «Mes enfants jouent librement et se dépensent, sans que personne les gronde pour le bruit qu’ils font ou le désordre qu’ils causent. En plus, je commence à les initier aux plaisirs de la pêche à la ligne, pratique apprise de mon défunt père», souligne-t-il encore. A ces heures perdues, Kadirou, un boucher de 35 ans, pratique lui aussi la pêche à la ligne. Il ne se contente, toutefois, pas des petits marbrés des plages sablonneuses, mais fréquente les zones rocheuses difficiles d’accès, comme celles de la Madrague. Dans ces lieux, il a plus de chance de «tomber» sur de grosses pièces comme le mérou, la dorade, la seiche et le poulpe. Sur la piste qui mène à cette rive rocheuse de la Madrague, une quinzaine de voitures sont stationnées. «Seuls les initiés connaissent l’endroit», affirme Kadirou, qui possède un petit cabanon de fortune pas loin de la rive. «La pêche à la ligne est un loisir et un plaisir à la portée de tous», estime-t-il. Un investissement de quelques milliers de dinars suffit pour s’équiper.
Les appâts sont généralement fabriqués par les pêcheurs avec de la pâte faite de pain, mélangée avec des petits poissons pétris. Et si certains favorisent la détente, d’autres peuvent rentrer avec un bon «butin», un ou plusieurs kilos de bon poisson. Certains pour le consommer, et d’autres pour le vendre afin de renforcer le budget familial, fortement éprouvé en ce mois de ramadhan. Chacun sa motivation, chacun son objectif, les pêcheurs à la canne continuent à peupler les rivages de la Corniche oranaise, sablonneux ou rocheux, non encore envahis par les baigneurs et autres estivants. Après la fin du ramadhan, ils chercheront sans aucun doute des lieux plus cléments pour s’adonner à leur loisir préféré.

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