dimanche 23 septembre 2018 20:09:03

Syrie : Le FDS veut rallier Damas

Prise en tenaille au nord par les forces d’Ankara et au sud par l’armée régulière syrienne, l'opposition kurde appelée « forces démocratiques syriennes », a annoncé être prête pour des pourparlers sans conditions préalables avec Damas.

PUBLIE LE : 12-06-2018 | 0:00
D.R

Prise en tenaille au nord par les forces d’Ankara et au sud par l’armée régulière syrienne, l'opposition kurde appelée « forces démocratiques syriennes », a annoncé être prête pour des pourparlers sans conditions préalables avec Damas.«Le Conseil démocratique syrien, émanation politique de cette alliance des forces arabo-kurdes contrôlant une partie du nord-est de la Syrie a proposé l'ouverture de pourparlers avec le gouvernement syrien sans poser de conditions préalables», indiquent des sources médiatiques citant un communiqué du conseil. «Le Conseil démocratique syrien a affirmé être prêt à résoudre le conflit syrien par le dialogue et n'hésitera pas à donner son accord à des pourparlers sans conditions », ajoute le communiqué. Cette volonté d'ouvrir la porte au dialogue intervient alors que l’armée syrienne comptabilise chaque jour des acquis importants sur le terrain et reprend des pans entiers de son territoire jadis contrôlés par Daesh et autres factions rebelles. La tentative de rapprochement du FDS fait également suite à la déclaration du président Bachar al Assad qui avait souligné, le mois dernier, que la meilleure façon de traiter avec les FDS étaient des négociations. Le président syrien avait au passage accusé l’occident de prolonger et d'aggraver la crise syrienne et d’empêcher toute tentative de réconciliation entre les factions en conflits dans le pays. L’ouverture des pourparlers avec les kurdes syriens serait une première car n’ayant jamais été invités à prendre part aux pourparlers de paix encadrés par l'ONU. Mais en plein crise, Damas n’a pas caché son intention, pour la première fois d’ailleurs, d’aborder le sujet jusqu’ici tabou de l’autonomie de cette région. En 2017, le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait évoqué cette éventualité tout en rejetant l’idée d’un référendum d’indépendance semblable à celui organisé par les Kurdes en Irak. Représentant 15 % de la population syrienne, les Kurdes ont depuis le début de la crise établi une administration semi-autonome dans les territoires qu’ils contrôlent. Pour Damas, toute forme d’autonomie dans le cadre de la République arabe syrienne «peut faire l’objet d’un dialogue». Une étape que le voisin du nord redoute tant. Ankara affiche sa détermination à complètement déloger du nord de la Syrie des éléments kurdes qui composent les forces démocratiques syriennes. L'armée turque a déjà expulsé de la région d'Afrine les Unités de protection du peuple (YPG), qui sont l'épine dorsale des FDS. Cette question a d’ailleurs été source de tensions aigues entre la Turquie et la coalition internationale emmenée par Washington. Abhorrées par Ankara, les FDS sont en effet le fer de lance sur le terrain en Syrie de ladite Coalition contre Daesh. Elles ont largement contribué à la défaite des terroristes dans leur fief syrien de Raqa. Le rapprochement avec Damas provoquera t-il des frictions côté turc dont l’engagement avec Moscou et Téhéran dans le conflit syrien semble être sans faille jusqu’à présent ?
M. T.

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