samedi 15 dcembre 2018 08:54:03

Contribution : Sur les traces de Sidi Boumediene

Lorsque mes amis du Club Soufi de Djoul Travel de Tlemcen m’avaient invité à participer à ce séminaire organisé aujourd’hui dans cette belle ville de Constantine, j’ai répondu avec plaisir comme je l’ai fait d’ailleurs il y a de cela deux ans à Tlemcen où nous avons célébré et parlé des us et coutumes du Mawled En Nabaoui Echarif.

PUBLIE LE : 27-05-2018 | 0:00
D.R

Par le Dr Boudjemâa HAICHOUR

Lorsque mes amis du Club Soufi de Djoul Travel de Tlemcen m’avaient invité à participer à ce séminaire organisé aujourd’hui dans cette belle ville de Constantine, j’ai répondu avec plaisir comme je l’ai fait d’ailleurs il y a de cela deux ans à Tlemcen où nous avons célébré et parlé des us et coutumes du Mawled En Nabaoui Echarif.
Constantine est une des villes du pays dont la vie religieuse et culturelle est des plus denses. Ville-phare au passé riche en événements et dont la médina recèle des trésors archéologiques et des rituels liés à son passé plusieurs fois millénaires. « Celle d’une ville qui sacralise le chiffre sept. Sept portes, sept ponts… Te voici dans ta ville aujourd’hui, embrasse là avec tes yeux, touche-là avec ton cœur aussi vert qu’un bourgeon pulvérisant le roc des ponts de l’histoire, cajole-là, admire son voile noir transpercé et les mille et une histoires. Respire son effluve qui exhale la grandeur de l’âme, sens le parfum de sa terre tendre et sereine, décore-là d’une médaille de la fragrance et d’une autre de l’harmonie pour l’éternité. La voici comme elle t’a toujours habitué, avec son grand cœur, le bruissement de son val et ses pierres enterrées telles des perles rares cachées parfois et dévoilées mille fois par l’écoulement de son eau ; parfois par colère et mille fois par nostalgie «(Extrait du roman de zhor Ounissi d’Aveux et de Nostalgie-Djasr Li Al Bouh wa Al Akhar Li Al Hanine).
A ce jour elle continue de nous livrer les merveilles de ses secrets cachés dans les lieux les plus insolites de notre spiritualité. Le visiteur saura vivre des moments inoubliables en parcourant les ruelles étroites de sa vieille ville et découvrir les mausolées des Awlyas Salihines et des Zaouias et mosquées qui ont donné aux siècles passés les illuminations à une Cité des lettres et de la spiritualité.LA

MEDINA DE CONSTANTINE DU PROFANE AU SACRE

Ses quartiers, ses derbs, ses hammams, ses corporations de métiers qui malheureusement ont presque totalement disparus, nous révèlent également l’écroulement de la médina qui n’a pu être restaurée malgré les efforts déployés par les autorités de la ville.
Ceci est du à la vulnérabilité du vieux bâti et d’un manque d’expertise dans la restauration et la rénovation de notre médina. Au début du siècle passé, Constantine avait soixante quinze mosquées et une douzaine de zaouias dénombrées. Parmi les confréries qui ont un impact sur les habitants de la ville on peut retenir Zaouiet Hansala, Zaouiet Rahmania et Zaouiet Aïssaoua. Chaque fois que j’emprunte la vieille ville en remontant El Rsif je retrouve à ma gauche une vieille bâtisse lieu de culte des adeptes des Hansala qui fut l’œuvre de Sidi Sadoune el Ferdjioui. Son mokadem fut le m’rabet sidi Maâmar de la tribu des Téléghma.
Lui succédant Sidi Ahmed Zouaoui, personnage appartement à une vieille famille maraboutique venu des environs de Constantine dès le XVI e siècle dans la mechta de Chetaba, devient un grand chef des Hansala et depuis la direction spirituelle de la Zaouia Hansala fut confiée aux membres de sa famille. Les héritiers de Cheïkh Zouaoui ont maintenu le prestige de leurs aïeuls et donnèrent à la zaouia une expansion rapide.
Le grand maître Sidi Belkacem Ben Si Maêmar vers 1897 quelques 3485 Khouans, 48 Mokadems et 102 Chaouchs répartis sur 18 Zaouias. C’est incontestablement la Zaouia des Hansalas sous la houlette de Sidi Ahmed Bestandji, musicien en profane à ses débuts puis devenu chef mystique de la confrérie qui introduisit les modes musicaux andalous dans les qsayds mystico-religieuses. Ce fut une école d’éducation religieuse, du med’h et de la litanie (Dhik’r).
Il faut dire que la zaouia-mère des Hansalas fut fondée dans la fraction des Hansalas, tribu des Béni Mettir, au Sud de Fez dont SaIid Benyoucef El Hansali en fut le maître. Sa naissance est intervenue au XVIIe siècle. Il se rendra à la Mecque puis au Caire où il sera l’élève à l’Université d’El Azhar de Cheïkh Sidi Aïssa El DjeneïdiAl Damyati. Ce dernier lui révéla la Tariqa (La Voie) dans l’incomparable poème mystique de l’Imam Abou Abdellah Chems Eddine Mohamed El Mirouti Edamyati.
Son fils Sidi Abou Amrane Ben Saïd El Hansali fut le fondateur réel des Hansalas dont la doctrine fut celle des Chadlya- Djazoulia. C’est le poème Damiata qui devient la référence des néophytes.

LE RITUEL CONFRERIQUE  OU LES RETROUVAILLES DES NEOPHYTES

Autre zaouia, c’est celle de la Rahmania dans le quartier « Halmoucha « limitrophe de l’ancien quartier juif d’ « Echaraâ «. Dans cette zaouia à ce jour, chaque après-midi du Vendredi après la prière, se rencontrent les adeptes pour écouter le « qassad «, celui qui déclame et chante les med’h accompagné d «un chœur de mouridines (néophytes).C’est Si Mostefa Benabderahmane Benbachtarzi qui laissa à sa postérité la zaouia de Constantine et fut investi du titre de Khalifa par le fondateur de la confrérie.
 Si Hmeïda Bachtarzi mort il y a plus de vingt ans qui fut le mokadem auquel succéda Aboud Bachtarzi appartient à cette descendance confrérique des Rahmanias qui fait partie de la zaouia-mère des « Khalwatias «. Si Abderahmane Ladjabi enfut un fervent adepte t « qassad « émérite de la Rahmania de Constantine. Son fondateur Si Mohamed Benabderahmane Al Guechtouli Al Djardjeri El Azhari né vers 1126- 1133 de l’Hégire/1715-1728 JC à Aït Smaïl. Il appartient à la tribu des Gechtoulas dans le Djurdjura. Il commença ses études dans la zaouia du Cheïkh Szddik Ourab chez les Aït Irathen, puis à Alger. Il se rendit ensuite à la Mecque et enfin au Caire où il apprendra la Tariqa et s’affilia à l’ordre des Khelouatias en devenant le disciple du Cheïkh Mohamed Ben Salem El Hafnaoui. Il ira ensuite au Soudan, à l’Inde, en Turquie au Hidjaz avant de revenir chez lui à Aït Smaïl après trente ans d’absence dans les années 1183 de l’Hégire correspondant à 1770 JC. Prise de jalousie la caste maraboutique a fait une fatwa pour le disqualifier. La mort le surprendra en l’an 1206 de l’Hégire 1793/94 JC. La population lui fera de grandioses manifestations populaires dans la Kabylie et l’accompagna à sa dernière demeure.
Les Turcs s’alarmèrent de cette sympathie que lui vouait la population le firent enterrer au Hamma à Alger après avoir substitué son corps primitivement inhumé à Aït Smaïl d’où le surnom de Bougabrin. Vers 1900 on comptait quinze zaouias de la Rahmania avec 66 tolbas, 76 Mokadems, 80 Chaouchs, 12520 khouans et 1206 Khaouniats. A Constantine de son temps fut un sylpathisant de la zaouia Rahmania avant qu’il ne s’en prenne aux déviances de touroukias qui se sont éloignés de la voie de Dieu et de son prophète Sidna Mohamed (QSSL).
La troisième Zaouia est celle des Aïssaouas qui se trouvait dans le quartier de la vieille ville « Seïda « dans la Mosquée dite « Djamâa Hafsia «.Très souvent c’est la maison « Dar Gmar « à Sidi Bouanaba que se tiennent les halkates et où se fait le rituel. Dans un temps très récent les familles constantinoises s’organisent en faisant des offrandes à Bouledjbel où Sidi Slimane el wali essalah, dans ce lieu les aïssaouas déclament les chants mystiques à la gloire de notre prophète et de ses compagnons ainsi à leur saint Sidi M’hamed Benaïssa. On peut citer comme mokadem préposé Si Ali Belghoul, Si Larbi Bakhtache, Badaoui Chadly,Si Belgacem Abid Charef.
 Aujourd’hui on peut dire que Si Salim Mezhoud comme puriste de la confrérie Aïssaoua. Pour le reste il y a des formations qui se sont lancées dans le chant sacré tels Zei eddine Bouchaala, Zeineddine Bouabdellah, Redha Boudemaghe, les enfants Chied etc… qui animent les fêtes familiales. La zaouia des Aïssaouas est celle de M’hamed Benaïssa qui naquit à Meknes vers le fin du XV e siècle. Sa famille est d’origine chérifienne se rattachant à Moulay Ammar El Idrissi. L’Imam Slimane Al Djazouli était son grand-père. Il y a dans la ville de Constantine d’autres confréries telles celle des Tayyibias qui fut dirigée par les membres de la famille Benchériet ou celle d’El Amiria à l’entrée du Derb Bencharif.
B. H.

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