mardi 21 aot 2018 15:01:45

70e anniversaire de la Nakba : Quel sort pour les palestiniens ?

Le 70e anniversaire de la Nebka revêt cette année un goût beaucoup plus amer. Aujourd’hui, et comme il fallait s’y attendre, le monde entier et les Palestiniens en particulier, assisteront impuissants à l’inauguration de l’ambassade américaine à al Qods.

PUBLIE LE : 14-05-2018 | 0:00
D.R

Le 70e anniversaire de la Nebka revêt cette année un goût beaucoup plus amer. Aujourd’hui, et comme il fallait s’y attendre, le monde entier et les Palestiniens en particulier, assisteront impuissants à l’inauguration de l’ambassade américaine à al Qods. Après le dossier du nucléaire iranien, le transfert de la représentation diplomatique vers la ville sainte n’est que le dernier avatar de ce mouvement de déstabilisation de tout le Moyen Orient en cours. Il est cependant particulièrement révélateur de la manière dont les différents acteurs envisagent la conduite de leur politique étrangère. Si l’alliance israélo-américaine s’est revigorée après quelques couacs sous l’administration Obama, le reste de la communauté internationale affiche des carences et peine à imposer un équilibre face au coup de force américain. Le cadre du multilatéralisme défendu notamment par les Européens est pris en otage. Les Européens voient lentement disparaître leurs idéaux centrés autour de la médiation et du consensus entre les différents acteurs. Plus encore, la maison Europe se fissure laissant apparaitre des divisions profondes. La Hongrie, la Roumanie et la Tchéquie viennent de bloquer l'adoption d'une déclaration européenne critique face au transfert de l'ambassade américaine. «La République tchèque a protesté contre le projet de cette déclaration», a indiqué le porte-parole du président tchèque, Milos Zeman, partisan de l'installation de l'ambassade tchèque à al Qods. Incapable de mettre sur pied une politique européenne commune, l’UE se retrouve aujourd’hui dans l’incarnation de la société internationale faible faisant courir le risque de voir s’effondrer les différents mécanismes internationaux veillant précisément à assurer la stabilité internationale. Le rôle des Nations-Unies réduit à une simple caisse de raisonnante par l’hégémonisme de l’Oncle Sam, et l’absence de toute structure internationale permettant les échanges et le dépassement des conflits, il est à craindre que ces politiques étrangères autonomes continuent à alimenter les incendies dans les zones à risque comme la poudrière proche orientale. À l’heure actuelle, chaque acteur de la région construit une réponse satisfaisante par rapport à sa seule perception de la réalité. Les principales victimes  sont, au final, le droit international et surtout, les Palestiniens sacrifiés sur l’autel des intérêts. La réactivation du Conseil national palestinien après une mise en veille de 20 ans, qui coïncide avec la «Marche du retour» initiée à Ghaza, pourrait être l’occasion de reconstruire la maison palestinienne et mettre fin au vide politique d’une part et réactiver le rôle d’autres acteurs politiques. La réhabilitation de l’OLP, fer de lance de la résistance palestinienne au temps d’Abou Amar, constitue le creuset de la lutte palestinienne dans lequel seront prises les grandes décisions. Les dirigeants de l’Autorité palestinienne doivent sortir de leur état actuel de confusion et d’incapacité à voir le chemin qui a été ouvert par les enfants de l’Intifadha. Les soulèvements dans les territoires et à Ghaza, ne sont ni l’œuvre, ni le projet d’une quelconque organisation palestinienne, ni l’idée d’un quelconque dirigeant politique. Elles sont l’expression de la conscience du peuple à un moment où les Palestiniens se retrouvent dos au mur.
M. T.

 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions