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Femme au foyer : Un statut à reconsidérer

Près de 500.000 microcrédits octroyés aux femmes

PUBLIE LE : 07-05-2018 | 0:00
D.R

Chaque année, un hommage est rendu aux travailleurs à travers la journée mondiale qui valorise l’effort  et le labeur de tous ceux qui gagnent leur pain à la sueur de leur front.  
Ce n’est que justice, mais il existe bien une catégorie de «travailleurs» qui mérite, elle aussi, respect et considération pour tout ce qu’elle fait quotidiennement par amour et sans attendre une quelconque rémunération, si ce n’est cette satisfaction morale et ce souci de rendre heureux sa famille. Cette catégorie de travailleurs, loin des feux de la rampe, n’est en fait que la femme au foyer qui  fait un travail merveilleux, tous les jours que dieu fait, sans réclamer des droits, pourtant mérités. En effet,  ces «éternelles» oubliées, sous estimées aussi, par leurs conjoints ou leurs enfants sont tout simplement ignorées à longueur d’année. La journée de ces braves femmes est longue et ne s’arrête pas. Elle commence et s’achève par des tâches ménagères et des obligations familiales qui n’en finissent pas. Tel des  automate, elles s’appliquent à accomplir leurs devoirs sans faille et avec une touche d’affection sans égal, sans attendre un mot gentil ou des remerciements.  Ces femmes courage, malgré tout ce mal qu’elles se donnent pour honorer leur statut d’épouse ou de mère  ne bénéficient d’aucune considération pour la simple raison qu’elles sont femmes au foyer. «Tu ne fais rien toute la journée», c’est une phrase que les maris ne cessent de répéter pour dénigrer le travail formidable que font toutes ces femmes qui élèvent, font le ménage et la cuisine, accompagnent leurs enfants à l’école, font les courses et toute la longue liste des obligations quotidiennes qu’elles accomplissent sans rechigner ou se plaindre.

Près de 500.000 microcrédits  octroyés aux femmes

Mieux encore, certaines parmi elles, en plus de cet effort, s’adonnent également à certaines activités  pour améliorer le niveau de vie de leurs familles. Elles se reconvertissent parfois en nourrices, en boulangères ou pâtissières pour aider leurs conjoints à payer ses dettes, subvenir aux besoins de sa famille ou tout simplement passer le cap de la précarité.  Aujourd’hui, la femme  au foyer n’est plus comme avant quand bien même certains continueraient à dévaloriser ce qu’elle fait, pourtant elles contribuent financièrement au bien-être et au confort de sa famille. Il faut dire aussi que les temps ont changé, et  le statut de la femme au foyer aussi.  Elle n’est plus forcément une analphabète ou sans qualifications. Très  souvent, on trouve des ex-travailleuses qui ont préféré mettre fin à leur carrière professionnelle ou reporter leurs rêves pour des raisons sociales. Certaines se lancent dans   le travail à domicile, moins contraignant et qui leur permet d’avoir un revenu  à même de leur permettre de garder leur autonomie financière, d’une part, et faire face aux  aléas de la vie, de l’autre. Elles sont, en effet, nombreuses à emprunter ce chemin. En fait, si certaines se contentent de la garde des enfants, de préparer de la galette,  des mhadjeb, des gâteaux traditionnels ou encore de rouler du couscous et les vendre, d’autres ont carrément tenté l’expérience de la création de micro-projets. 
L’Agence nationale de gestion de microcrédit a fait ressortir 794.873 personnes qui ont bénéficié de microcrédits pour la réalisation de leurs projets d’activités et ce, depuis sa création en 2005 jusqu’au 31 mai 2017. Près de 496.239 de ces derniers ont été octroyés aux femmes. L’AGEM estime avoir atteint ses objectifs en termes de contribution à la lutte contre le chômage et la précarité dans les zones urbaines et rurales en favorisant l’auto-emploi, notamment chez les populations féminines.

Face à un contexte  économique difficile

L’auto-emploi de nos jours est devenu une réalité qui se confirme de plus en plus, et il faut dire que  ces chiffres officiels ne reflètent aucunement  ce marché qui s’est imposé ces dernières années notamment dans les milieux de la gent féminine qui aspire à jouer un rôle dans la prise en charge des besoins de leurs familles avec la cherté de la vie. Hayet, mère de  quatre enfants, n’ayant pas obtenu son baccalauréat, s’est mariée depuis dix ans pour se retrouver avec  quatre rejetons alors que son mari  touche un salaire qui n’arrive point à satisfaire les frais de scolarisation et autres. «Je me suis mise à la  préparation des gâteaux pour mariages et autres occasions pour améliorer  notre situation financière», dira-t-elle. Et de poursuivre : « J’ai dû prendre des cours avec des associations pour approfondir mes connaissances.» Neila a opté  également pour le même parcours, sauf que celle-ci a opté pour ce choix en dehors des horaires de travail comme femme de ménage, à mi-temps, qui ne lui suffit pas à prendre ses trois enfants en charge. Etant divorcée, elle s’est vu contrainte de chercher un  deuxième job pour que ses enfants ne manquent de rien. «Je n’avait  pas d’autre alternative d’autant plus que mon ex-époux n’est pas régulier dans le versement de la pension alimentaire de mes enfants qui est en plus dérisoire»,  indiquera-t-elle. Il faut dire que l’histoire de ces deux femmes se répète, tous les jours, dans  chaque foyer, contraintes à faire face à un contexte économique difficile.
Samia D.

 

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