samedi 22 septembre 2018 19:53:41

Hommage à Mohamed Djedid dit « Houari Boudaw »

Un brillant artiste

PUBLIE LE : 17-04-2018 | 0:00
D.R

Ainsi va la vie, avec son lot de nouvelles tristes, qui le temps d’une journée peut endeuiller toute une ville qui pleure la mort de sa plus sympathique vedette des écrans, connue pour sa faconde avec son accent des gens de l’ouest du pays.

Les dernières images que nous avons pu suivre tout récemment à la télévision sur la chaine Canal Algérie montraient  le très populaire Houari Boudaw en père de famille, entouré de ses filles gâtées au tempérament difficile. Les répliques qui fusaient lors des réunions de cette petite famille où chaque personnage avait son mot à dire reflétaient le quotidien d’un homme qui s’impliquait corps et âme dans la vie de ses enfants. Un zest d’humour appuyé par le comédien Mohamed Djedid et son art de faire rire les téléspectateurs  donnait le ton d’une comédie aux allures hilarantes portées par le jeu singulier de l’acteur complètement à l’aise dans la peau de ce personnage à la fois modeste, comique et porteur en réalité de beaucoup de modernité. On ne savait rien de l’état de santé du comédien algérien, qui est décédé lundi dernier, à l’âge de 52 ans, à l’Etablissement hospitalier universitaire 1er-novembre d’Oran : «Atteint d’une maladie incurable, le comédien a été traité dans un hôpital en France, avant de revenir au pays pour mourir auprès des siens. Depuis quelques semaines, les rumeurs de son décès avaient bouleversé le monde de la culture et les réseaux sociaux. 
Mohamed Djedid qui faisait partie de la célèbre troupe comique ‘’Trio Amjad’’, dans laquelle il interprétait le rôle de ‘’Houari’’, s’est illustré depuis cinq ans dans une série,  ‘’Boudaw’’ en l’occurrence, qui avait fait le succès de Canal Algérie durant le mois sacré du ramadhan. Il a participé également à plusieurs séries comiques toujours avec ses amis et le reste de l’équipe de ‘’Bila Houdoud’’ : Hazim, Hamid et Mustapha Ghir Hak», rapporte une dépêche.
Ce que l’on sait par contre c’est que le célèbre comédien aura lutté jusqu’aux derniers moments contre la maladie en acceptant des rôles tant il avait l’amour de son métier qui était devenu pour lui une seconde passion.  «La nouvelle est vite devenue virale sur les réseaux sociaux, les internautes, tous ceux qui ont tant ri et qui se sont régalés avec les ‘’vannes’’ de Houari, tout d’abord à travers le Trio El Amdjad et ensuite, par les téléfilms et séries humoristiques qui passent en boucle sur les chaînes nationales, lui ont rendu hommage. Oran a donc perdu l’un de ses artistes, qui a laissé derrière lui une riche carrière. Houari, dont l’aura a dépassé les frontières depuis les années 1990, lorsqu’il venait avec sa troupe donner de la joie aux Algériens en pleine décennie noire. On se rappelle ses débuts au sein de la ‘’Thoulathi Amjad’’. Mohammed Djedid avait choisi un prénom très populaire, un prénom qui représente l’Oranais, «Houari».
D’ailleurs, il est un marqueur identitaire et un signe d’attachement à l’histoire et à la mémoire de la ville d’Oran, Wahran El Bahia, pour les uns et capitale culturelle de la chanson oranaise et du raï pour les autres. Mohammed Djedid, dont le nom s’attache à l’association artistique le trio Amjad, un groupe qui a été à l’origine d’un genre artistique et humoristique particulier.
D’ailleurs, il a joint l’utile à l’agréable avec l’association de l’humour, de la satire et du rire. Ces trois genres artistiques étaient toujours en compétition chez Mohammed Djedid. Pour revenir au nom d’artiste, Houari renvoie à l’hagiographie Sidi El Houari, le saint patron de la ville d’Oran, dont la koubba se trouve dans le Vieil Oran, où l’histoire et la mémoire sont présentes», écrit avec intérêt  un journaliste sur un quotidien. La disparition de Mohamed Djedid, un comédien pétri de talent et au parcours atypique, a provoqué une grande peine dans le milieu artistique national et plus particulièrement à Oran où notre «Houari Boudaw» national, également producteur puisqu’il fut membre fondateur  du trio «Amjad», est très apprécié.
Un hommage devait lui être rendu au prochain Festival du film arabe d’Oran : « Selon des informations, Mohammed Djedid a fait ses études à Oran. Doué pour les arts, il avait préféré la scène culturelle et artistique plutôt que de poursuivre les études en post-graduation. La vie est un choix, Mohammed a préféré la scène et le public, qui lui est devenu fidèle. Bien que malade, il continue à faire valoir l’admiration de son public. Il a une histoire, il a un passé, plein d’ambitions artistiques», et d’ajouter plus loin au sujet de cet artiste qui a tout sacrifié pour son art au point où sa notoriété a dépassé les frontières : «Pendant une période de cinq années (1993- 2000), Mohammed, Noureddine et Abdelkader ont travaillé ensemble, pour des œuvres artistiques, pleines de satire et d’humour. Il y avait une contribution collective dans plusieurs axes de travail, à savoir l’écriture artistique des textes (sketches, le tournage des sketches et l’enregistrement vidéo des chansons humoristiques). Selon le bilan de travail, enregistré par le trio Amdjad pendant cette période de près de 8 années successives, ils auraient fait preuve de forte concentration pour une meilleure production». Après avoir produit avec son trio plus d’une vingtaine de sketchs et excellé dans l’animation de spectacles et participé à plusieurs festivals de l’humour et du rire, Mohamed Djedid quitte la scène qu’il arpentait d’un pas léger tout en conservant un certain raffinement, pour entrer dans une autre dimension, celle de l’éternité.
L. Graba
 

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