jeudi 20 septembre 2018 23:00:49

Violences faites aux femmes : UNE base des données pour une prise en charge efficace

Ghania Eddalia plaide pour la prévention pour lutter contre les violences faites aux femmes en Algérie

PUBLIE LE : 16-04-2018 | 0:00
D.R

«La lutte contre la violence faite aux femmes en Algérie est toujours au centre des préoccupations des pouvoirs publics et la prévention contre ce fléau demeure l’un des aspects sur lequel mise le gouvernement en vue d’endiguer ce phénomène.»
C’est, en substance, ce qu’a souligné, hier, à Alger, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme lors de l’ouverture du cycle de formation sur l’utilisation de la base de données administratives « Amane », destinée aux professionnels intervenant dans la prise en charge des femmes victimes de violences ou en situations de détresse. Avec, en effet, des statistiques hallucinantes à l’appui, Ghania Eddalia a longuement insisté sur l’action préventive qui reste, à ses yeux, prioritaire pour espérer arriver un jour à mettre fin aux souffrances des femmes, sinon réduire les chiffres qui donnent froid dans le dos. «Il faut consentir davantage d’efforts dans la sensibilisation et la mobilisation. Les gens doivent prendre conscience de la gravité de la chose. Le phénomène de la violence à l’égard de la femme est contraire aux préceptes de notre religion, tout comme d’ailleurs toute forme de violence», a-t-elle indiqué, prônant à cette occasion la promotion de la culture de la tolérance et le travail de la médiation, qui ne doivent pas être négligés. Présentant le bilan de l’année 2017, pour les neuf premiers mois plus précisément, la ministre indiquera que les services de la sûreté nationale ont dénombré plus de 7.585 cas de femmes violentées, dont 52,4% qui l’ont été en milieu familial. Un chiffre qui ne traduit pas totalement la réalité dans la mesure où beaucoup de victimes refusent de déposer plainte. D’ailleurs, sur 7.585 femmes ayant subi diverses formes de violence, 737 d’entre elles ont vite abandonné les procédures de dépôt de plainte.  
Rien que dans la capitale, les services de l’unité des urgences médico-légales de l’hôpital Mustapha Pacha (Alger) ont constaté plus de 3.180 cas victimes de violences subies par les femmes. Et dans l’espoir d’atténuer un tant soit peu l’ampleur des dégâts, la DGSN a mis en place 50 brigades de la protection des personnes vulnérables, composées essentiellement de femmes, afin de lutter contre la délinquance juvénile, la protection des mineurs et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Lancée en février dernier par le ministère de la Solidarité nationale, avec le soutien technique et financier du Programme des Nations unies pour les Femmes (ONU-Femmes), la mise en place de la base de données administratives « Amane » s’inscrit dans le cadre d’un programme de coopération entre le gouvernement algérien et ONU-Femmes portant «Renforcement de l’effectivité de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes 2015-2018».
Cette initiative est dédiée spécifiquement aux femmes en situation de détresse, dont celles victimes de violences et vise la «standardisation» et «l’informatisation» de la collecte des données administratives sur les victimes en question.  
«Cette plate-forme technique constitue un excellent outil qui renforcera davantage les efforts consentis ces dernières années et viendra consolider les mécanismes et les dispositions, déjà en place, et relatifs à la prise en charge de cette frange de la société», a expliqué Ghania Eddalia qui précise que cette base de données a pour mission de «recenser» les cas de violences faites aux femmes et ce, à travers une base électronique qui permet «d’enregistrer» et «d’analyser» les données collectées par les cellules d’écoute relevant des différentes Directions de l’action sociale (DAS). Il s’agit en clair de la collecte de données relatives aux catégories de la population qui en dépendent pour leur assurer une prise en charge de «qualité». «Amane est un outil d’orientation qui donne la possibilité d’élaborer des programmes adaptés aux besoins de prévention contre le phénomène des femmes violentées et de les accompagner dans leur dure épreuve», a ajouté la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, n’omettant pas au passage de souligner l’importance de la réintégration socioprofessionnelle des femmes victimes de violence.
S. A. M.  
 

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