samedi 15 dcembre 2018 11:12:52

Grand angle : Le jeu trouble de Washington

Tout compte fait, le différend russo-américain sur la Syrie n’est pas aussi béant qu’ils ne le laisse apparaitre. Au-delà de la guerre des mots, la politique de Donald Trump et celle de Vladimir Poutine s’accordent parfaitement sur le fond

PUBLIE LE : 16-04-2018 | 0:00
D.R

Tout compte fait, le différend russo-américain sur la Syrie n’est pas aussi béant qu’ils ne le laisse apparaitre. Au-delà de la guerre des mots, la politique de Donald Trump et celle de Vladimir Poutine s’accordent parfaitement sur le fond. Le changement du régime n’est pas une priorité absolue. Du moins sur la base des propos des responsables américains. Une attitude réitérée d’ailleurs juste après les dernières frappes qui ont visé quelques installations militaires syriennes près de Damas et à la périphérie de la ville de Homs. Cette démonstration de force a servi à atténuer beaucoup plus les joutes verbales entre les principaux acteurs dans le dossier syrien qu’à faire infléchir l’une ou l’autre position. Pour preuve cela n’a pas empêché l’armée syrienne de libérer l’enclave de la Ghouta sous une pluie de missiles lancés par les occidentaux. Dans ce capharnaüm diplomatico-militaire, le Pentagone est intervenu hier pour claironner haut et fort que la politique des Etats-Unis en Syrie reste inchangée et ne vise pas un changement de régime. Les frappes en Syrie, selon cette institution, ne représentent pas un changement dans la politique américaine ou une tentative de destitution du régime syrien. Car les Etats-Unis ont clairement dit qu'ils n'entendaient pas s'ingérer, au-delà de cet objectif, dans le conflit entre Damas et les rebelles. «Notre stratégie syrienne n'a pas changé», a martelé samedi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. «Quelle stratégie?», semblent répondre en chœur la plupart des experts. Officiellement, la stratégie américaine a été détaillée en janvier par Rex Tillerson, alors secrétaire d'Etat de Donald Trump. Elle inscrivait dans la durée la présence des GI's en Syrie contre l'EI, mais ajoutait deux autres objectifs collatéraux: contribuer à aboutir au départ de Bachar al-Assad et contrer l'influence de l'Iran. Le vide que créerait un retrait américain, prévenait-il en substance, jouerait le jeu du président syrien comme des visées expansionnistes de Téhéran. Les responsables de l'administration continuent de se référer à ce discours, mais le président Trump, qui a depuis limogé Rex Tillerson, a créé la surprise en appelant récemment de ses vœux à un départ rapide de Syrie, avant de finalement renoncer à fixer un calendrier de retrait sous la pression de ses conseillers. L'administration américaine se borne à dire qu'elle est déterminée à faire avancer le processus de paix de Genève, sous l'égide de l'ONU, et dit explicitement ne pas être vraiment intéressée par cette guerre entre Damas et les rebelles.

A quoi joue donc Washington ?
M. T.

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