mercredi 25 avril 2018 01:57:02

Peinture contemporaine turque au Musée National des Beaux-arts : Couleurs et émotions

L’exposition d’art turc contemporain a été inaugurée cette semaine par son initiatrice Mme Aysegül Özlenen Poroy, artiste-peintre. Ce rendez-vous culturel a été marqué par une minute de silence à la mémoire des 257 victimes du crash de l’avion militaire à Boufarik.

PUBLIE LE : 16-04-2018 | 0:00
Ph. Louiza

L’exposition d’art turc contemporain a été inaugurée cette semaine par son initiatrice Mme Aysegül Özlenen Poroy, artiste-peintre. Ce rendez-vous culturel a été marqué par une minute de silence à la mémoire des 257 victimes du crash de l’avion militaire à Boufarik.

Baptisée «L’amitié par les couleurs», cette manifestation culturelle 100% turque, qui regroupe quatre artistes peintres se tiendra jusqu’au 12 mai prochain et ce, au niveau de la galerie des bronzes au Musée public national des beaux-arts où l’on peut admirer les œuvres picturales d’artistes turques. Organisée par l’ambassade de la République de Turquie en Algérie conjointement avec le ministère de la culture, l’inauguration s’est déroulée en  présence de son représentant diplomatique accrédité en Algérie, M. Mehmet Poroy, ainsi que beaucoup d’invités de marque. Remerciant ces invités de leur présence, l’Ambassadeur de Turquie a tenu à marquer une minute de silence à la mémoire des 257 victimes du crash de l’avion militaire et présente ses condoléances au peuple algérien. «Nous sommes touchés et peinés suite à cette tragédie», et de poursuivre «Nous présentons nos condoléances au peuple algérien et aux familles des victimes».
 Regroupant pas moins d’une quarantaine d’œuvres en grande dimension, ce vernissage d’art contemporain turc mêle des styles différents, allant de l’abstrait au figuratif et semi-figuratif, au grand bonheur de ceux qui sont venus contempler les créations pour s’évader et vivre des émotions. Les murs du Musée national des beaux arts sont, ainsi, tapissés de beaux tableaux de l’artiste. De belles œuvres sont proposées aux visiteur. Fusionnant tous les styles, on découvre une approche, une technique et surtout une vision totalement différente, variant entre l’orientalisme et l’art moderne. Nul ne peut rester insensible face à tant de beauté, et ce, de par les couleurs choisies et utilisées par les artistes. Alliant, pour la plupart, le semi-figuratif ainsi que l’acrylique sur toile, ces artistes ont fait le défi de nous épater. Fidèle à sa plume et son admiration pour l’Algérie, la plasticienne Aysegül Özlenen Poroy expose huit magnifiques tableaux, grand format ; différentes thématiques à travers lesquelles l’artiste a exprimé ses sentiments. On y trouve du classique, du contemporain, du néo-orientaliste... Très imprégné de son environnement et de la nature qui l’entoure, c’est une tranche de vie du quotidien qu’elle dévoile aux visiteurs. Parmi ses œuvres, on distingue «A travers la fenêtre Ottomane… bouquet 1», «Le bel hortensia en Algérie», «Le ciel multicolore», «À travers la fenêtre Ottomane… bouquet 2», «L’espoir est dans le ciel», «Alger vue d’un balcon», «Les fleurs blanches», «Les lilas», «Le ciel à Alger» et «Printemps à Alger». Chaque œuvre a sa propre sensibilité, nous obligeant à marquer une halte et nous imprégner du travail remarquable réalisé, des détails de chaque œuvre, tout en dépeignant les formes d’une nature généreuse, d’une flore flamboyante et des caractéristiques cultuelles vues à travers le regard d’une nomade moderne. « Après ma première exposition, j’avais appris que Hassan Pekmezci avait fait une exposition en Algérie, il y a de cela déjà 40 ans», a déclaré à El Moudjahid Mme Aysegül Özlenen Poroy. «Aujourd’hui, on veut refaire sortir cette union et cette amitié avec ce grand maitre qui est à l’origine mon professeur», a-t-elle souligné.
« Mes œuvres expriment un lien physique et psychologique entre ce que je pense et ce que je dessine », a-t-elle affirmé. Avec les différentes techniques de peinture, à savoir l’acrylique et l’huile sur toile, elle se jouit de l’art et la manière de subjuguer grâce aux différentes thématiques abordées, au message véhiculé… Chacun d’eux jette, à sa manière, les visiteurs de la galerie du Musée des beaux arts dans son univers secret…
Cette exposition groupée, riche en couleur et en émotion, où l’on distingue pas moins de neuf tableaux titrés, «Une pensée pour les hommes» du grand professeur Hassan Pekmezci, nous offre un large aperçu de la peinture turque et entend «multiplier les échanges artistiques entre nos deux pays», comme le dira l’initiatrice de l’événement, à travers lequel le visiteur découvre des tableaux abstraits imprégnés de couleurs, à la fois, intenses et chaudes au moyen de différentes techniques de peinture, ’acrylique et de l’huile sur toile. Répondant à une question relative au choix de son thème, ce peintre a indiqué que : « Le sujet reflète ma vision du monde actuel… Ces thématique nous incitent à utiliser des couleurs obscures» et d’ajouter : « Mon âge a dépassé les 70 ans, donc ma vision du monde a changé… J’ai voulu représenter ce thème par différentes couleurs vives, comme le rouge, et obscures, comme le noir».
Cette exposition très riche est un véritable brassage étalé au niveau de la salle. Les visiteurs évoluent d’un espace à un autre en suivent le cheminement de la narration des tableaux. Un univers ambigüe et riche d’émotions, point dénué de sensibilité. De son côté, Sükran Pekmezci Atay octroie à travers ses toiles une palette très naturelle issue de sa région natale.

Un style figuratif qui inspire joie et gaieté
Dans ces toiles majoritairement dans le figuratif qui dégagent la joie et la gaieté. «Fête d’Hidireliz», «La neige», «Traîneaux sur la neige», «Cérémonie de mariage», «L’arbre de vœux et les femmes», «Le mariage», «Jeu sur la neige», tels sont les titres de ses œuvres nostalgiques de l’artiste. «J’ai vécu et grandi dans une belle région qui était très gâtée par la nature et ses habitants avec leur joie de vivre et des chants où j’ai été bercée», nous dira-t-elle en ajoutant «C’est à travers mes œuvres que j’exprime ma nostalgie à ma région natale». Elle précise : «Je ne voulais pas exprimer cette nostalgie au début…, mais maintenant c’est très important pour moi de revivre toute cette belle époque». Avec le semi-figuratif, les toiles sont chatoyantes et gaies. Lorsque les pinceaux dépassent les sentiments de l’artiste, l’œuvre dégage une magie… ; tel est le sentiment lorsqu’on est en face de ces œuvres.
L’expression des sentiments à travers le prisme de la couleur nous rappelle le besoin de chercher au-delà du visible, les contradictions étant mises en exergue. Les couleurs chaudes sont prédominantes, et bien que les tonalités de la neige éclatante, le vert d’eau, le bleu et le rouge soient utilisés fréquemment. Visible dans presque toutes les peintures, rappelant ainsi le sentiment permanent de «la joie». Attirantes et profondes, telles sont les lexies qualificatives de toutes les œuvres de Hüsseyin Yildirim. Ce dernier jette les visiteurs dans un monde de l’abstrait, tout en utilisant le symbole de pigeon qui symbolise la liberté et la paix. «Le cours d’eau», «La ville et l’oiseau», «La solitude», «Le néant», «L’attente», autant d’œuvres qui nous jettent dans un abîme à la quête de réponses. «En général, je n’utilise pas ce symbole de liberté, mais malheureusement nous avons une nature en destruction», nous déclare-t-il. « Une incompréhension envahit le monde dans lequel nous vivons ; je laisse les visiteurs comprendre ce monde», ajoute-t-il. Que ce soit de l’acrylique ou de la peinture à l’huile, le résultat est identique : de belles propositions, maîtrise de la technique, et surtout un voyage à travers les œuvres !
Sihem Oubraham
 

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