dimanche 22 avril 2018 19:13:48

Rassemblement à Bruxelles : Dénoncer la situation « critique » des prisonniers sahraouis

La communauté sahraouie établie en Belgique a organisé, vendredi après-midi, un rassemblement à Bruxelles pour alerter l'Union européenne (UE) sur la situation «critique» des prisonniers sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, détenus au Maroc, et exiger leur libération.

PUBLIE LE : 15-04-2018 | 0:00
D.R

La communauté sahraouie établie en Belgique a organisé, vendredi après-midi, un rassemblement à Bruxelles pour alerter l'Union européenne (UE) sur la situation «critique» des prisonniers sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, détenus au Maroc, et exiger leur libération.  Les manifestants ont battu le pavé dans le quartier européen, siège des institutions européennes, aux cris de «Liberté aux prisonniers politiques» sahraouis et «pas d'alternative au référendum d'autodétermination», à l'appel de l'Association de la communauté sahraouie en Belgique. Beaucoup brandissaient le drapeau national de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) barré d'un «Sahara libre», et des banderoles pour demander à l'UE et ses Etats membres de «sauver les prisonniers sahraouis de la mort». Micros en main, deux jeunes de l'Association de la communauté sahraouie en Belgique ont harangué la foule pour exiger la «libération immédiate et inconditionnelle» de tous les prisonniers politiques sahraouis et dénoncer les conditions «inhumaines» de leur incarcération.
Les membres de la communauté sahraouie établie en Belgique affirment suivre avec «préoccupation» et «grande inquiétude» la situation des prisonniers sahraouis, détenus au Maroc, notamment celle du groupe de Gdeim Izik qui observe depuis 33 jours une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Les participants au rassemblement ont adressé, à l'occasion, un «appel urgent» aux Etats membres de l'UE, aux organisations de défense des droits de l'homme et aux partis politiques pour «préserver la vie de ces Sahraouis en danger de mort». Ils ont dénoncé également les derniers jugements «arbitraires et injustes» prononcés par la justice marocaine à l'encontre des jeunes étudiants du groupe dit «les compagnons d'El Ouali». «Avec cette action, nous voulons attirer l'attention de l'UE sur la situation critique dans laquelle se trouve les prisonniers sahraouis de Gdeim Izik et tous les prisonniers sahraouis détenus dans les prisons marocaines», a déclaré à l'APS le représentant du Front Polisario à Bruxelles, Abba Malainin. Selon M. Malainin, les prisonniers de Gdeim Izik «risquent une mort lente pour avoir revendiqué le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination». Il a rappelé, à ce titre, que ces prisonniers sont en grève de la faim depuis plus d'un mois pour réclamer leur transfert dans des prisons au Sahara occidental occupé, près de leurs familles. Les prisonniers de Gdeim Izik, condamnés à des peines très lourdes allant de 20 ans à perpétuité, avaient été dispersés brutalement à la mi-septembre 2017 vers 7 prisons différentes à travers le territoire marocain, la plupart à plus de 1.000 kilomètres de leur famille habitant le Sahara occidental. «Les manifestants appellent, aujourd'hui, l'UE à exercer des pressions sur le Maroc pour obtenir la libération des prisonniers de Gdeim Izik et de tous les prisonniers sahraouis, détenus dans les prisons marocaines», a-t-il ajouté. Le représentant du Front Polisario a plaidé, à l'occasion, pour l'envoi d'une mission d'observation de l'UE pour «s'enquérir de la situation des prisonniers sahraouis dans toutes les prisons marocaines», exhortant l'UE à «jouer un rôle positif en vue d'élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental». Le représentant du Comité belge de soutien au peuple sahraoui, Boris Fronteddu a appelé, quant à lui, la Commission européenne à «respecter le droit international», mettant en garde contre toute violation. «Dans le cas contraire (non respect du droit international), toutes les entreprises européennes seront complices de crimes de guerre au Sahara occidental et seront trainées devant la justice et condamnées», a-t-il averti. Une délégation de l'Association de la communauté sahraouie en Belgique s'est rendue à la fin du rassemblement au siège du Service européen de l'action extérieure (SEAE) pour déposer la lettre adressée par cette association à la Chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et dans laquelle l'Association dénonce les «atteintes graves» aux droits des prisonniers sahraouis et appelle l'UE à agir contre ces «dérives».

Des maires français appellent l’État français à intervenir auprès du Maroc

De leur côté, les maires français de Vitry-sur-Seine, de Saint-Denis et d’Ivry-sur-Seine, ont appelé les autorités françaises à intervenir auprès du Maroc pour assurer le droit de visite des prisonniers politiques sahraouis détenus dans ce pays. Dans un communiqué en soutien au droit de visite de Claude Mangin Asfari, épouse du militant sahraoui Naâma Asfari, qui s'apprête à se rendre lundi au Maroc pour rendre visite à son mari après 21 mois de refus, les trois maires ont appelé l’Etat et les autorités diplomatiques français «à bien vouloir demander aux autorités marocaines la levée pour le 16 avril de l’interdiction d’entrée sur le territoire de Claude Mangin-Asfari», dénonçant «fermement» les atteintes «constantes» et «graves» à son droit à une vie privée et familiale. «21 mois que Claude Mangin-Asfari se voit refuser l’accès au territoire marocain. 21 mois que cette dernière se voit refuser la possibilité d’exercer son droit de visite, droit fondamental», ont-ils rappelé, lui exprimant leur soutien dans l'exercice de son droit de visite. «Nous dénonçons fermement les atteintes constantes et graves à son droit à une vie privée et familiale, contraires au droit international et au droit des prisonniers aux visites familiales», ont-ils affirmé, saluant le courage de Claude Mangin-Asfari, «qui entend de nouveau pouvoir rendre visite à son mari et vient de prévenir nos autorités de sa décision». Claude Mangin-Asfari, citoyenne française, a été refoulée à trois reprises sans motif à l’aéroport de Rabat par les autorités marocaines, rappellent les trois maires, précisant que lors de chaque expulsion, elle a saisi le consulat de France à Rabat et le ministère des Affaires Etrangères pour les informer de sa situation. «Nos autorités diplomatiques affirment déplorer la situation mais nous estimons que leurs démarches ne s'avèrent pas suffisantes», ont-ils estimé, demandant au gouvernement français d'agir «activement» pour «garantir le respect du droit international et des droits fondamentaux de ses concitoyens». Dans un communiqué, l'Association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) a indiqué que Claude Mangin-Asfari «n’entend pas baisser les bras». «Elle a décidé de tenter à nouveau de rendre visite à son mari et vient de prévenir nos autorités de sa décision», a-t-elle ajouté.

Une députée norvégienne appelle à mettre fin à l’occupation illégale

Par ailleurs, la députée du parti du centre au Parlement norvégien, Emilie Inger Mihl, a appelé la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Marie Eriksen, à exercer des pressions sur le régime marocain, en vue de l'amener à mettre fin à son occupation illégale du Sahara occidental.
Dans une question écrite adressée à la ministre norvégienne des Affaires étrangères, lors d'une séance tenue mercredi, la députée a appelé à exercer des pressions sur le Maroc pour l'amener à mettre fin à son occupation illégale du Sahara occidental, estimant nécessaire d'intervenir auprès de la France pour l'exhorter à cesser de défendre l'occupation marocaine illégale. Mme Emilie Inger Mihl a rappelé la position «indigne» de la France qui avait voté, au niveau du Conseil de sécurité, contre une proposition américano-britannique appelant à l'élargissement des prérogatives de la Mission de l'Onu pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso).
A ce propos, la députée norvégienne s'est interrogée sur «la position française qui s'oppose aux droits légitimes du peuple sahraoui à la liberté et à l'indépendance», au niveau de tous les fora internationaux notamment à l'ONU, au Conseil de sécurité et dans les institutions de l'UE.
Evoquant la situation des prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik, dont certains ont été condamnés à la perpétuité par les tribunaux marocains, faisant fi ainsi du droit international et démontrant les pratiques marocaines illégales contre le peuple sahraoui, la députée a estimé que «la Norvège, en ce mois de l'année (avril), consacré au débat de la cause sahraouie, doit intervenir auprès des membres du Conseil de sécurité notamment auprès de la France, en vue de permettre à la Minurso de mener à bien sa mission de protection et de contrôle des droits de l'Homme, dans toutes les régions de son action».
 

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