mercredi 18 juillet 2018 08:05:34
Photos : Billal

l L’Algérie n’a jamais caché sa solidarité avec le peuple sahraoui.   
l Poursuite de la lutte contre le terrorisme : la vigilance reste de mise.   

«Le Président de la République dirige le pays, et si on nous posait la question en tant que membres du gouvernement, et à leur tête le Premier ministre, nous ne serions que ravis qu’il poursuive ses fonctions à la tête de l’État.». Ainsi s’est exprimé M. Ahmed Ouyahia lors de la conférence de presse qu’il a animée hier au CIC d’Alger. Serein, il a fait, d’entrée, preuve d’une disponibilité totale à répondre à toutes les questions soulevées par les journalistes et ayant trait aux événements survenus récemment sur la scène nationale et internationale. Réitérant son soutien au Président Abdelaziz Bouteflika, il a nié de manière catégorique tout prétendu conflit entre la Présidence et le Premier ministre. Il a ainsi rappelé que « le Premier ministre est nommé par le Président de la République et que lorsque les choses ne marchent pas, le Président a une solution toute simple : mettre fin aux fonctions du Premier ministre», a-t-il dit. M. Ouyahia a tenu à mettre en exergue le fait qu’il est «fier» de travailler sous la direction du Président de la République. «Le rôle du Premier ministre consiste à coordonner l’action du gouvernement qui travaille sur le terrain et traite les affaires quotidiennes du citoyen», dira, en outre, le Premier ministre dans sa réponse à une question relative à ses rares apparitions publiques. Il a de ce fait qualifié d’«exagérés» les commentaires sur «un silence assourdissant du Gouvernement». «On ne peut pas dire que les ministres sont absents sur le terrain, dans les médias ou encore au Parlement pour répondre aux questions », a-t-il affirmé. Des commentaires qui ne sont justifiés, poursuit -il, que par l’effervescence qui s’empare de la scène politique et médiatique au fur et à mesure que s’approche l’échéance de la présidentielle de 2019. «Chacun attend et prépare ce rendez-vous à sa manière», indique-t-il, ajoutant que «l’Algérie vit une année chaude en prévision de cette élection, et c’est normal d’avoir des commentaires». S’exprimant sur le remaniement partiel du gouvernement décidé récemment par le chef de l’Etat, il dira que celui-ci «a permis au Président de remédier à la situation qu’il a jugée nécessaire de traiter au niveau de quatre secteurs, et il est venu, tel un sifflet d’arbitre, mettre fin aux supputations». «Celui qui avait des rêves a été bien surpris», a-t-il fait savoir à ce propos. Au sujet de la visite effectuée lundi dernier par le Président Bouteflika dans la capitale où il a inauguré la Mosquée Ketchaoua et l’extension du Métro d’Alger, M. Ouyahia a affirmé que cette sortie « a été pour le peuple algérien l’occasion de voir son Président et l’image ne ment pas ». M. Ouyahia fera savoir  par ailleurs, qu’à la fin de l’année en cours, les bilans des réalisations de 2018, du 4e mandat du Président Bouteflika et des 20 dernières années seront également présentés. Il a estimé que  l’élaboration du bilan des réalisations des deux dernières décennies est « nécessaire» pour mettre en exergue l’effort «colossal» consenti durant cette période sous la direction du Président Bouteflika. La présentation de ce bilan est tout aussi nécessaire, ajoute-t-il « pour répondre à ceux qui s’interrogent où sont partis les 1.000 milliards de dollars et qui devraient plutôt se dire qu’est- ce qui a été réalisé avec ce montant ». Il assure par ailleurs, que l’Exécutif n’était pas en compétition avec le parti du Front de libération nationale, dont le secrétaire général, Djamel Ould Abbès « est un frère et un ami». « Au moins, nos frères au FLN s’activent et parlent de bilan et ne s’interrogent pas sur le sort des 1.000 milliards de dollars et font ainsi partie du pôle qui sème l’espoir au sein de la société algérienne », a-t-il ajouté. Le Premier ministre a réitéré, par ailleurs, les condoléances du gouvernement aux familles des chouhada, victimes du crash de l’avion militaire, mercredi dernier à Boufarik, affirmant la « solidarité du gouvernement avec l’ANP» qui a consenti d’énormes sacrifices au service de la stabilité du pays. «L’Etat algérien demeure solidaire des familles des victimes de l’avion militaire», a t-il soutenu. « Le gouvernement et le secteur de la Défense nationale, sous la direction du Président de la République, sont aux côtés de ces familles, car l’intégrité territoriale est garantie grâce aux sacrifices de l’ANP », a-t-il appuyé, ajoutant que le peuple algérien a été profondément affecté par cet accident.

 La lutte contre le terrorisme se poursuit et la vigilance est de mise

La lutte contre le fléau du terrorisme « se poursuit jusqu’à aujourd’hui» à travers tout le territoire national, et l’évolution positive de la situation sécuritaire dans le pays « ne veut nullement dire abandonner la vigilance », a soutenu par ailleurs, le Premier ministre. «Il est clair que la reconnaissance de nos partenaires internationaux concernant l’évolution positive de la situation sécuritaire en Algérie ainsi que de son savoir-faire en matière de lutte contre le terrorisme nous fait plaisir », a-t-il ajouté. Il tiendra surtout à préciser que «l’évolution positive de la situation sécuritaire partout à travers le pays a été rendue possible grâce aux efforts de l’ANP et aux autres services de sécurité  qui ont mené un combat terrible contre le terrorisme » et grâce aussi aux politiques de Concorde civile et de réconciliation nationale, initiées par le Président Abdelaziz Bouteflika. « La lutte contre le terrorisme se poursuivra au nord du pays en gardant toujours le même degré de vigilance et en éliminant le nombre réduit des terroristes qui sont toujours en activité », affirme en outre le Premier ministre, indiquant que s’agissant du Sud «des milliers d’éléments de l’Armée, de la Gendarmerie nationale et des autres services de sécurité sont déployés pour assurer la sécurité du pays ». Il s’agit d’un «déploiement très lourd» appuie-t-il. «Si nous avons gagné la bataille à l’intérieur du pays, nous sommes aujourd’hui au cœur du volcan du terrorisme régional», a-t-il affirmé, évoquant la situation sécuritaire qui prévaut en Libye, au Mali et au Sahel. A l’adresse des citoyens de l’extrême Sud du pays qui veulent relancer le tourisme, le Premier ministre a tenu à leur dire qu’ «une seule prise d’otages de touristes détruira tout ce que l’Algérie a entrepris les 20 dernières années et les partenaires qui nous félicitent aujourd’hui seront les premiers à nous condamner, du moins sur le plan médiatique ». Dans la même optique, M. Ouyahia a souligné que l’intégrité du territoire national «est assurée grâce aux efforts de l’ANP qui ont démontré leur professionnalisme et leur sens du sacrifice», affirmant que le peuple algérien «n’a rien à craindre pour la moindre parcelle de son territoire». Concernant le rapatriement des immigrants illégaux vers leurs pays d’origine, il a fait savoir que l’Algérie continuera d’organiser leur rapatriement en concertation avec leurs pays, indiquant qu’il s’agit d’une question de «sécurité nationale et d’ordre public». Il expliquera, par ailleurs, la non-participation de l’Algérie au «G5 Sahel de lutte contre le terrorisme» par « des raisons constitutionnelles ainsi que d’autres raisons, notamment le caractère militaire de la mission du G5 Sahel. Toutefois, dira M. Ouyahia, « si une action militaire venait à avoir lieu à 3 ou 4 km des frontières nationales, c’est sûr qu’il y aurait coordination et communication entre les institutions militaires présentes dans la région du Sahel et l’ANP, d’une part, ou entre les gouvernements des pays voisins, à l’instar du Mali et du Niger et le Gouvernement algérien, d’autre part ». Le G5 Sahel s’attelle actuellement au parachèvement des dispositions de mise en place de la force militaire mixte, dont la création a été approuvée par les présidents des cinq pays membres avec la participation de la France, lors du sommet du 6 février 2017 dans la capitale malienne, Bamako. Elle comprend le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger.

 L’Algérie ne cédera pas à l’offensive médiatique du Maroc

«L’Algérie n’avait jamais caché sa solidarité avec le peuple du Sahara occidental et son soutien à sa cause juste», a indiqué par ailleurs le Premier ministre, en réponse à «certaines interprétations relayées par les médias de pays voisins concernant les passagers sahraouis qui se trouvaient à bord de l’avion qui s’est écrasé mercredi dernier à Boufarik (Blida), et leur prétendue présence en Algérie dans le cadre d’une réunion regroupant les cadres militaires du Front Polisario».
Il a ajouté que «des milliers de Sahraouis poursuivent leurs études dans les écoles et les universités algériennes, et d’autres reçoivent les soins nécessaires dans nos hôpitaux». Il affirme que la diffusion pat les autorités sahraouies des noms et fonctions des victimes sahraouies du crash d’avion «est un démenti cinglant des informations relayées par les médias marocains, selon lesquelles les victimes sahraouies du crash étaient des éléments du Front Polisario qui se trouvaient en Algérie pour une réunion militaire».
Par ailleurs, M. Ouyahia a fustigé ces «attitudes irresponsables et injustifiées», notamment en ces douloureuses circonstances, ajoutant que «même s’il y a un conflit entre le Maroc et la RASD, nous ne nous attendions nullement à une telle réaction de la part de nos frères marocains», affirmant que «l’Algérie tient à se démarquer de telles réactions».
Le Premier ministre avait déclaré que «les autorités algériennes ne cèderont pas à l’offensive médiatique marocaine», et observeront, comme ils l’ont toujours fait, la «sagesse» dans le traitement des questions internationales, en œuvrant au «développement des relations avec tous les pays, et non le contraire».
Pour M. Ouyahia, «actuellement, les choses connaissent une certaine exagération, mais devrait-on se laisser entraîner dans ses spirales pour simuler des crises et donner l’écho à une thèse complètement à l’opposé de notre réalité géostratégique ?».
 Karim Aoudia
 


Création de l’Académie algérienne de la langue Amazigh
« L’avant-projet de loi dans les prochains jours au Conseil des ministres »

L’avant-projet de loi organique relative à la création de l’Académie algérienne de la langue amazighe sera examiné «dans les prochains jours au Conseil des ministres, pour le soumettre ensuite au Parlement, durant le premier semestre» de l’année en cours, a déclaré le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Rappelant la promotion de la langue amazighe en tant que langue nationale et officielle, comme stipulé dans la Constitution de 2016,  le Premier ministre a «réaffirmé l’engagement de l’État pour le développement de la culture amazighe, à même de souder encore plus l’unité nationale». Il précisé, à cet effet, que le projet de création de l’Académie de langue amazighe est sur la «bonne voie», comme la généralisation de l’enseignement de l’amazigh, qui est assurée actuellement dans 38 wilayas, en mettant en avant la nécessité de laisser le travail aux experts pour continuer la tâche. Le gouvernement a finalisé l’avant-projet de loi organique relative à l’Académie algérienne de la langue amazighe. Ce texte fixe les missions, la composition, l’organisation et le fonctionnement de cette Académie, instituée par l’article 4 de la Constitution qui déclare que «Tamazight est également langue nationale et officielle».     K. A.

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