mercredi 25 avril 2018 01:59:46

Grand angle : Un blason trop lourd à porter

Les frappes occidentales contre la Syrie ont mis à nu la scission béante dans les relations internationales entre partisans et opposant à ces méthodes punitives que l’on croyait révolues.

PUBLIE LE : 15-04-2018 | 0:00
D.R

Les frappes occidentales contre la Syrie ont mis à nu la scission béante dans les relations internationales entre partisans et opposant à ces méthodes punitives que l’on croyait révolues. Ainsi, le monde a étalé sa fracture laissant entrevoir un avenir de plus en plus incertain quant à l’équilibre géostratégique. Entre Russes et Américains, la messe semble dite. Le divorce entamé, il serait difficile de reprendre langue dans un climat teinté de méfiance où la tension entre les deux blocs a atteint son paroxysme. Une atmosphère délétère marquée également par un camouflet infligé par Trump au Kremlin, malgré des mises en garde sévères de l’ogre russe. Le volet politique aura-t-il suffisamment de ressources pour reprendre la main, à l’heure où la machine de feu a embrasé le ciel syrien. On savait déjà que la région du Moyen-Orient entrait dans une phase d’ébullition sans précédent, mais, ce qui est sûr, maintenant, c’est que, dorénavant, le risque d’une descente aux enfers est plus que jamais palpable. À tout moment, les tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite peuvent déborder, offrant ainsi une occasion rêvée aux architectes du Grand Moyen-Orient de remettre en selle leur projet, après l’échec cuisant de ce qu’on a bien voulu désigner par la formule sibylline de «printemps arabes». L’histoire de la région, en tout cas, se réécrit sans ses autochtones, trop préoccupés à régler leurs comptes ataviques et à redoubler d’attentions, pour ne pas déplaire aux vrais maîtres du monde. L’attaque d’hier est un désaveu à ceux qui croient, mordicus, que la Ligue arabe est toujours vaillante. Le déluge de missiles sur Damas et Homs intervient la veille du sommet de Ryadh. Un sommet ordinaire dans un contexte extraordinaire, comble du paradoxe. La vieille dame, complètement édentée, a perdu son mordant, et courbe l’échine sous le poids des rancœurs. L’espace vital arabe s’effrite sous le regard impuissant de plus de 380 millions de personnes qui continuent à espérer un sursaut. Les appels à une réforme de l’institution restent sans échos. Sclérosée, l’organisation panarabe éprouve du mal à redorer son blason, sans doute trop lourd à porter, après avoir perdu le ciment qui faisait sa force, en l’occurrence… la dignité.   
M. T.

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