dimanche 22 avril 2018 19:20:23

Selon les prévisions économiques et sociales du Premier Ministre : « L’année 2018 sera meilleure »

C’est un Premier ministre très optimiste quant aux prévisions du pays à court terme, pour ne pas dire dans l’immédiat.

PUBLIE LE : 15-04-2018 | 0:00
Photos : Billal

C’est un Premier ministre très optimiste quant aux prévisions du pays à court terme, pour ne pas dire dans l’immédiat. «Autant sur le plan économique que social, ces mêmes prévisions annoncent une année 2018 bien meilleure que l’année précédente», a en effet assuré M. Ahmed Ouyahia, lors d’une conférence de presse, qu’il a animée hier au Centre international des conférences (CIC) d’Alger et consacrée à la présentation du bilan du gouvernement pour 2017.

Mais avant de s’étaler sur ce thème, le Premier ministre a tenu d’entrée à renouveler ses hommages aux victimes du crash de l’appareil militaire de Boufarik. «Nous exprimons notre solidarité avec le commandement de l’ANP, et nous renouvelons nos condoléances aux familles des victimes», a-t-il dit. Il enchaîne, en abordant l’objet de la conférence de presse tenue, précise-t-on, en présence du ministre de la Communication, M. Djamel Kaouane. «L’année 2017 a été difficile, notamment sur le plan économique», a-t-il indiqué. «Cependant, les résultats obtenus sont respectables», ajoute-t-il, précisant que les investissements enregistrés ont été de l’ordre de 3.500 milliards de dinars, dont la moitié (50%) a été engagée sous forme d’investissement directs. En 2017, le taux de croissance hors hydrocarbures a été de 3,7 %, et celui de la croissance globale a été de 2.2 %.
Le taux de chômage s’est établi à 11,7%, soit une hausse de 0,1%, comparé à celui de 2016. Pour 2018, M. Ouyahia s’est montré nettement convaincu que la situation sera meilleure au courant de cette année, non pas en termes seulement d’optimisation de la vie économique, mais aussi en matière de consolidation des acquis sociaux. Pour cause, il cite l’augmentation par l’État du volume des budgets, la dynamique indéniable dans l’investissement «boostée» davantage depuis le 2e semestre 2017, sans oublier l’importance des pluies enregistrées devant impacter très positivement sur le rendement agricole. Dans les détails, le Premier ministre indique que le budget de l’équipement, qui était, en 2017, de l’ordre 2.500 milliards DA, représente pour cette année 2017 un montant de 4.100 milliards DA, «donc presque le double», fait-il observer. Il cite aussi l’assainissement par l’État des dettes à l’égard des entreprises économiques, ce qui représente un montant de 7.000 milliards DA. Il évoque également la levée du gel au profit de 1.500 projets relevant des secteurs de l’Éducation, de la Santé, de l’Enseignement supérieur et des Ressources en eau, ce qui représente un coût global de 260 milliards DA. 5.000 autres projets d’investissement ont été enregistrés durant les premiers mois de l’année en cours au niveau de l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi), et ce à partir de 2017 jusqu’aux premiers mois de l’année en cours, a encore informé M. Ouyahia.
Des projets d’envergure pour certains d’entre eux, à l’exemple, illustre le Premier ministre, du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, objet d’un plan de relance en partenariat avec un groupe émirati, ou encore le projet du doublement de la production du phosphate lancé en un consortium d’entreprises dans la wilaya de Tébessa, pour un coût de 6 milliards de dollars.

 La limitation des importations offre davantage de marchés aux opérateurs locaux

Pour le Premier ministre, la limitation des importations, décidée par l’État dès le début de cette année, offre davantage des marchés nationaux aux importateurs locaux. Toutefois, et selon M. Ouyahia, le décret exécutif relatif à la liste des produits interdits d’importation, publié dans le Journal officiel, comporte certains «erreurs et dysfonctionnements qui seront corrigés». «Nous avons pris la décision d’arrêter l’importation de certains produits finis, cependant, nous avons découvert que la liste nécessite des précisions, vu que certains produits qui constituent des intrants pour l’industrie locale ont été inscrits dans la liste des produits interdits d’importation. Cette erreur sera corrigée», a-t-il expliqué. Il précise en outre que l’opération de révision de la liste des produits interdits d’importation se fera tous les 3 ou 6 mois en fonction des insuffisances constatées dans tel ou tel produit. Interrogé sur les prix des voitures montées en Algérie, publiés récemment par le ministère de l’Industrie et des Mines, M. Ouyahia a expliqué que le gouvernement n’avait pas fixé de prix, mais a procédé à une évaluation du coût de la voiture montée localement, ce qui laisse le citoyen penser qu’il y a un écart qui n’est autre que la marge bénéficiaire. «La marge bénéficiaire des industriels locaux pourrait être raisonnable, car ils sont engagés à payer les droits et coût des charges y découlant, tels que les impôts et autres», a-t-il soutenu. S’agissant de la spéculation dans le secteur de l’automobile, il a fait savoir que celle-ci est conjoncturelle. Elle est aussi le résultat de l’arrêt de l’importation des véhicules ayant encouragé par ailleurs les entreprises mères à venir investir en Algérie, à travers les usines de montage. Il existe actuellement 6 usines qui activent dans le domaine du montage individuel des véhicules, produisant un «volume modeste», ajoutant que la production devrait atteindre entre 200.000 et 250.000 unités en l’espace de deux ans, ce qui assurera une disponibilité des véhicules et encouragera la concurrence. «Les choses vont changer, mais cela demande du temps», a-t-il estimé.

 Un nouveau mode de subvention à partir du 2e semestre 2019

«Dans le cadre des démarches visant à rectifier la politique de subvention, le gouvernement veille à épargner les catégories à faible revenu et la classe moyenne qui constitue l’épine dorsale du pays», a affirmé le Premier ministre. Il a qualifié d’«inacceptable», le fait que le système des subventions tel qu’il est de mise aujourd’hui manque de «ciblage» et bénéficie même à ceux percevant des salaires pouvant atteindre les 100 millions de centimes.
«Une réalité qui doit changer», indique M. Ouyahia, précisant que, dans ce cadre, deux ateliers sont lancés par le gouvernement. Le premier, explique-t-il, est de mise au niveau du ministère des Finances, en coordination et en collaboration avec la Banque mondiale (BM), en vue de tirer profit des expériences des autres pays en matière de reconsidération de la politique de subvention.
Le second est lancé au niveau du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’aménagement du territoire, qui enregistre un progrès notable en termes de numérisations et d’informatique, pour une coordination avec tous les secteurs pour un recensement économique global. «Sur la base de ce recensement, nous parviendrons à définir les catégories aisées, et celles vulnérables qui ont réellement besoin de la subvention de l’État», appuie-t-il, ajoutant que «la réalisation de ce travail prendra une année complète».
Du coup, M. Ouyahia a exclu tout changement dans la politique de subvention sociale en 2018. «Lorsque nous définirons le nouveau mode, nous veillerons à l’expliquer, et nous entamerons sa mise en œuvre, qui pourrait intervenir au cours du 2e semestre 2019. Nous ne pouvons pas nous y aventurer, car il s’agit d’une question délicate, et il faudrait faire preuve de vigilance et de précaution. L’Algérie parviendra, au plus tard dans trois années, à rectifier sa politique de subvention, ce qui profitera au citoyen et au Trésor public», a-t-il conclu.          
   Karim Aoudia
 

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