samedi 15 dcembre 2018 11:14:12

12es journées de la société algérienne d’oncologie thoracique : Ouverture prochaine de 53 unités de sevrage tabagique

Afin d’aider les personnes souhaitant arrêter de fumer ou étant contraintes de le faire pour des raisons médicales, des unités de sevrage tabagique seront bientôt ouvertes à travers tout le territoire national.

PUBLIE LE : 15-04-2018 | 0:00
D.R

Afin d’aider les personnes souhaitant arrêter de fumer ou étant contraintes de le faire pour des raisons médicales, des unités de sevrage tabagique seront bientôt ouvertes à travers tout le territoire national.

C’est ce qu’a annoncé hier, à Alger, le directeur chargé des maladies non transmissibles, responsable du programme national de lutte antitabac au ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, le docteur Youcef Tarfani, en marge de la tenue des 12es journées de la société algérienne
d’oncologie thoracique.
En effet, Dr. Tarfani, qui a évoqué les différents dispositifs pris par l’Algérie dans la lutte antitabac, notamment, le comité multisectoriel, il a déclaré qu’«il y aura au moins une unité sevrage tabagique dans chaque wilaya pour un début».
Il a expliqué que «ces unités, qui seront installées dans les établissements publics de santé de proximité, EPSP, seront composées d’un médecin généraliste, un psychologue et un infirmier. Des substituts nicotiniques leur seront distribués, également, gratuitement pendant les trois premières années, en attendant de voir les différentes possibilités avec la sécurité sociale pour le remboursement des patchs».
Le responsable du programme national de lutte antitabac a indiqué que «l’état épidémiologique du tabagisme a diminué; il était de 19,2% en 2003 et de 15,4% aujourd’hui, et ceci grâce au programme national d’antitabac».
Dr. Tarfani a également annoncé l’élaboration d’un projet de loi avec le ministère de l’intérieur afin que la consommation de le narguilé «chicha» soit cadrée.
«Ce phénomène de mode ne doit pas être à la portée de tout le monde et n’importe où. La consommation de la chicha est beaucoup plus dangereuse que la cigarette», a souligné Dr. Tarfani. 
En ce qui concerne la sensibilisation pour lutter contre le tabagisme, Dr. Tarfani a  cité la politique de l’augmentation des prix, un des meilleurs moyens pour que les fumeurs diminuent la consommation du tabac. Cette politique a donné ses résultats dans beaucoup de pays du monde. En Algérie, les prix de la cigarette ont augmenté de 100% par rapport aux 2 dernières années. 
«Les taxes ont augmenté de 30% depuis 2015 et on doit augmenter au maximum les prix jusqu’à en dissuader les fumeurs d’arrêter», a estimé le directeur chargé des maladies non transmissibles.
Mais avant tout, l’acte le plus important, selon lui, est de sensibiliser le citoyen à ne pas toucher la première cigarette qui est généralement la plus difficile.
De son côté, la présidente de la société algérienne d’oncologie thoracique, le professeur Aziza Fissah, a expliqué qu’«il faut axer sur deux volets, la prévention, c'est-à-dire ne pas commencer à fumer, et l’autre est d’aider ceux qui veulent arrêter de fumer. Les unités de sevrage tabagique sont justement destinées aux personnes malades qui doivent arrêter la cigarette, également aux personnes ayant la volonté de l’arrêter mais qui n’y arrivent pas».

L’affaire de tous !

Le Pr. Fissah a déclaré qu’«un premier groupe de médecins de la région centre d’Algérie a été formé pour intégrer des unités, en attendant la formation des médecins de la région Est et Ouest avant la fin de l’année en cours». Elle a estimé que «la lutte antitabac est l’affaire de tous les algériens et toutes les institutions». Le professeur a donné l’exemple de la stratégie de la communication, notamment dans les écoles, afin de ne pas commencer à fumer. «On a demandé, dans le cadre du comité multisectoriel, à ce que la première leçon de la rentrée scolaire soit sur les dangers du tabac, et on travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’éducation nationale dans ce sens. Ainsi qu’avec le ministre des affaires religieuses pour que la sensibilisation passe aussi dans les prêches des imams dans les mosquées», a souligné la présidente de la société algérienne d’oncologie thoracique.
Le docteur Etienne André, conseiller en santé publique et addictologue à Grenoble, qui a commencé les consultations en 1974, a expliqué, quant à lui, qu’«à l’époque il n’y avait  pas de protocole, de concept ou de médicament, avec le temps tout a été mis au point, comme l’arrivée des premiers substituts nicotiniques vers la fin des années 1980.»
Le Dr. André, qui a eu déjà l’occasion de venir en Algérie pour des formations en addictologie, a indiqué que «les concepts d’aide à l’arrêt du tabac sont importants; il faut que le médecin aide le fumeur à se motiver. Le médecin doit être capable d’évaluer avec le fumeur sa dépendance physique, comportementale et psychologique et trouver une réponse thérapeutique à chacun de ces trois points».
En ce qui concerne l’Algérie, le spécialiste a estimé que «puisque l’Algérie met en place toute une politique très cohérente et qu’elle s’est donnée les moyens d’avoir un pilotage de ce programme, puisque on va former des médecins pour l’arrêt du tabac, il faut qu’on leur donne la possibilité d’avoir des médicaments disponibles». Dr. André a, toute fois mis, l’accent sur la place des acteurs de santé.
«L’Etat qui doit créer un climat favorable à toutes les actions de prévention et d’aide à l’arrêt par la législation, la communication et le financement.
Les professionnels de l’éducation qui doivent eux informer et éduquer par un discours et une pédagogie adaptés à chaque classe d’âge et enfin les médias qui contribueront à une culture de la santé publique par une priorisation des thèmes, émissions régulières», a expliqué Dr. André.
Wassila Benhamed

 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions