lundi 21 mai 2012 07:16:47
D.R.

De notre envoyé spécial : Abderrahmane Marouf Araïbi et des envoyés spéciaux de l’APS

Le 15e sommet de l’Union Africaine s’ouvre aujourd’hui dans la capitale ougandaise, (la perle de l’Afrique), Kampala sous le thème de la santé maternelle, néonatale et infantile et développement en Afrique. L’importance de ce thème se mesure à l’aune de l’effort entrepris et de l’engagement politique pour sortir le continent africain du sous-développement et asseoir les bases d’un développement durable. Le meilleur indicateur de développement reste le taux de mortalité néonatale et infantile et partant la santé et la prise en charge de la mère, d’où, cette préoccupation majeure sur la table de cette 15e Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union Africaine à laquelle participe le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika,  arrivé, rappelons-le, vendredi dans la capitale ougandaise.
Cette rencontre qui s’ouvre aujourd’hui a été précédée, hier, par la tenue du 23e sommet du Comité des Chefs d’Etat et de gouvernement chargé de l’orientation du NEPAD. Cette session à laquelle a participé le Président de la République s’est articulée autour de trois points essentiels. Ainsi, il a été confirmé le rattachement et l’intégration du secrétariat du NEPAD dans les structures de l’Union Africaine. Pour rappel, la question de l’intégration du secrétariat du NEPAD a été débattue en mars 2007 à Alger lors d’un brainstorming sur le devenir du NEPAD, et de là les recommandations d’Alger ont pris finalement forme. Parallèlement à cette intégration, il y a lieu également de souligner le démarrage effectif de l’agence de planification et de coordination du NEPAD. Un instrument à même de concrétiser de façon accélérée et efficace les programmes de développement du NEPAD.
Dans son intervention devant ses pairs, le Président de la République a mis l’accent sur l’effort que mène l’Algérie  pour non seulement asseoir une base infrastructurelle pour son propre développement, mais également dans la perspective d’une intégration régionale. Dans le cadre de cette stratégie de développement national, a relevé le Président de la République, l’Algérie mène depuis une décennie un effort massif pour développer et moderniser ses infrastructures non seulement dans les domaines des transports, de l’énergie et de l’eau mais aussi dans les infrastructures sociales, de santé, éducatives et sportives. Le Président de la République s’est longuement étalé sur ces efforts que mène l’Algérie, citant en cela le récent programme quinquennal de développement qui couvre la période 2010-2014 et qui marque d’une montée en cadence sur le double plan des ambitions quantitatives et des exigences qualitatives.
De par leur envergure, les divers plans de développement engagés par l’Algérie sont autant de facteurs favorisant l’intégration régionale et continentale, a souligné le Président de la République dans son intervention. “ Il sont de nature à traduire pleinement le rôle et la vocation de l’Algérie en tant que trait d’union et carrefour de rencontres et d’échanges entre l’Afrique, la Méditerranée, le Monde arabe et le vaste espace musulman.”
Cette stratégie de développement national avec un impact sur l’intégration régionale est concrétisée sur le terrain des réalisations, le Président de la République en a cité quelques exemples, comme la transsaharienne qui relie d’un trait Alger à Lagos, désenclavant toute une région et offrant par la même de plus grandes facilités pour les échanges aussi bien entre les pays africains qu’entre ces derniers et l’Europe, le gazoduc entre le Nigeria et l’Algérie auquel sera adjoint en parallèle un câble de fibre optique, l’autoroute Est-Ouest qui s’étend de la frontière tunisienne à la frontière marocaine, de même que l’extension et la modernisation du réseau ferroviaire permettront de dégager une perspective concrète d’intégration maghrébine.
A. M. A.

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Des questions vitales
Un sommet ordinaire de l’Union africaine s’ouvre aujourd’hui à Kampala. L’Algérie est représentée par le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. C’est un événement politique international car il intervient dans un contexte caractérisé toujours par la crise mondiale ; crise qui n’a pas fini de dévoiler sa face cachée. Mais surtout, cette crise n’a pas fini d’avoir des effets négatifs sur les pays africains, en particulier.
L’Afrique est victime à plusieurs titres de l’attitude franchement laxiste, voire même désintéressée, de son sort. Elle est victime de la crise financière mondiale qui a  laminé ses revenus ce qui ne manquera pas d’avoir des répercussions négatives sur son développement. En retour, pour combler ce manque à gagner, l’aide internationale s’est raréfiée car les pays développés sont plus préoccupés par leurs déficits publics et la stabilité de la zone euro, secouée par le tsunami grec.
Les changements climatiques provoqués par la croissance effrénée des nations nanties provoquent et provoqueront encore plus à l’avenir, des désastres écologiques dans le continent africain. Ces désastres se traduiront, en un mot, par une rupture de son écosystème, ce qui ne manquera pas d’avoir des conséquences sur ses ressources (notamment la baisse de la production agricole) et provoqueront ce que l’on appelle déjà l’exode écologique.
Enfin, l’Afrique est le continent le plus pauvre et le plus démuni de la planète. Rien d’étonnant à cet égard que sa situation sur le plan sanitaire soit très préoccupante. L’on comprend pourquoi, elle est très préoccupée par les questions de santé, liées à la mère et à l’enfant, car en protégeant ces deux êtres, c’est mieux assurer l’avenir du continent.
Toutes ces questions, normales mais toujours d’actualité, seront au centre des discussions des Chefs d’Etat à Kampala. Le développement, la santé de la mère et de l’enfant, le Nepad mais aussi d’autres aspects, comme la sécurité au sens large du terme reviennent avec force dans le débat. Ce sont des questions vitales pour l’Afrique. Il faut bien souligner que la crise financière mondiale, aura, à très long terme, un effet régressif sur le développement de l’Afrique qui est loin des standards internationaux. C’est le continent qui est le plus mal intégré dans la mondialisation.
Le Nepad connaît une panne financière  car les engagements des pays bailleurs de fonds n’ont pas été tenus alors que ceux de l’Afrique l’ont été bien tenus dans l’ensemble. Elle a fait des progrès en matière de gouvernance politique et économique et a même repris le sentier de la croissance, malgré des ressources limitées et l’hostilité de l’environnement international. A titre d’exemple, lors du Sommet de Copenhague, malgré son sort de victime, elle n’a pas bénéficié de l’aide conséquente pour affronter les effets des changements climatiques.
L’Algérie, à Kampala, comme à l’accoutumée, saura trouver les mots pour inviter les autres pays africains à faire entendre leur voix sur la scène internationale. L’Afrique a les moyens de le faire, aidée en cela par son réalisme politique.
Saïd T.
 

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