jeudi 20 septembre 2018 21:30:40

Grand Angle : Le mérite de la clarté

La Maison Blanche se soucie-t-elle vraiment du sort des habitants de l’enclave palestinienne de Ghaza ? L'administration Trump «considère que la détérioration des conditions humanitaires à Gaza mérite une attention immédiate», a indiqué Jason Greenblatt, émissaire américain pour le conflit israélo-palestinien.

PUBLIE LE : 14-03-2018 | 0:00
D.R

La Maison Blanche se soucie-t-elle vraiment du sort des habitants de l’enclave palestinienne de Ghaza ? L'administration Trump «considère que la détérioration des conditions humanitaires à Gaza mérite une attention immédiate», a indiqué Jason Greenblatt, émissaire américain pour le conflit israélo-palestinien. Et pour ce faire, elle a organisé hier une conférence à laquelle ont été invités de nombreuses parties prenantes» pour débattre de la situation humanitaire qui prévaut dans ce territoire palestinien. Une conférence que l’autorité palestinienne a décidé de boycotter pour montrer sa désapprobation de la politique américaine et principalement suite à la déclaration du président Donald Trump sur le transfert de l’ambassade US vers Al Qods. D’autant plus, faut-il faire remarquer, que cet éveil de conscience de la part de l’exécutif américain est tardif. Et pour cause, la situation humanitaire dans la bande de Ghaza est au plus mal depuis de nombreuses années sans pour autant que Washington n’ait daigné se préoccuper des conditions de vie de ces 1,9 millions habitants ou exprimer la moindre condamnation à l’égard de son protégé, Israël . L'enclave a été la cible depuis 2008 de trois offensives militaires agressives par les forces armées d'occupation israéliennes. Soumise à la fermeture permanente des passages et les frontières en raison du sévère blocus israélien pour la onzième année consécutive, Ghaza ne pouvait être qu’en proie à une crise humanitaire chronique. D’après un rapport de l’ONU, «la bande de Gaza deviendrait invivable d’ici 2020, si les conditions actuelles n’évoluent pas». Son envoyé spécial au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a prévenu la semaine dernière que «l'enclave était au bord d'un effondrement total». Et pour cause, Ghaza, dont environ deux tiers de sa population sont tributaires de l'aide étrangère pour vivre, est minée par la pauvreté, le chômage, le marasme économique, les pénuries d'eau et d'électricité. C’est sûr que dans ces conditions, le semblant d’intérêt manifesté par Washington ne peut être que mal vu. D’autant que la vraie raison qui a motivé cette initiative n’a rien d’humanitaire. Ainsi estimera M. Greenblatt, si «apporter une réponse à la situation à Ghaza est vital pour des raisons humanitaires», il reste aussi, ajoutera-il, que c’est «important pour la sécurité de l'Egypte et d'Israël et c'est une étape nécessaire pour arriver à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens». L’Américain ne pouvait pas être plus clair.
Nadia K.

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