lundi 24 septembre 2018 11:35:01

Syrie : La Ghouta isolée

Découverte d’un atelier de production de munitions chimiques

PUBLIE LE : 13-03-2018 | 0:00
D.R

Les forces gouvernementales poursuivent leur progression dans l’enclave de la Ghouta orientale, pilonnant en particulier deux villes de l’ouest du fief insurgé, près de Damas. Enchaînant victoire sur victoire, les forces syriennes parviennent à reprendre le contrôle de plus de la moitié du pays. Les troupes régulières étouffent chaque jour davantage l’enclave soumise à un siège asphyxiant depuis cinq ans. Damas en contrôle désormais près de 60%. À la faveur de bombardements aériens, de tirs d’artillerie et de combats au sol, l’armée est parvenue à isoler les principales villes du secteur, scindant en trois parties le fief insurgé. Dimanche, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de la ville-clé de Madira, en effectuant la jonction avec les troupes positionnées à l’ouest de l’enclave, en particulier au niveau de la seule base militaire contrôlée par Damas dans la Ghouta, appelée la «Direction des blindés». L’offensive de l’armée syrienne, qui vise à reprendre l’intégralité de ce dernier bastion rebelle et terroriste en banlieue de la capitale, a fait, depuis le 18 février, 1.144 morts, dont 240 enfants, et plus de 4.400 blessés. Ces victimes viennent s’ajouter à l’effroyable bilan humain de la guerre en Syrie, déclenchée il y a bientôt sept ans et qui a désormais fait plus de 350.000 morts. De plus en plus d’enfants périssent dans cette guerre, a déploré hier le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). L’Unicef souligne, dans son rapport, une augmentation de 50% du nombre d’enfants tués en 2017 par rapport à l’année précédente. «En 2017, la violence aveugle et extrême a tué le plus grand nombre jamais connu d’enfants, 50% de plus qu’en 2016», affirme l’Unicef, ajoutant que 2018 s’annonce plus sombre encore. Près de 200 enfants ont été tués dans l’enclave rebelle de la Ghouta orientale depuis février dans des bombardements. Les enfants représentent 20% des victimes civiles de cette offensive. Les enfants handicapés «font face au risque très réel d’être négligés et stigmatisés, alors que le conflit se poursuit sans répit», souligne le directeur régional de l’Unicef, Geert Cappelaere. Selon l’Unicef, quelque 3,3 millions d’enfants sont exposés aux engins explosifs à travers le pays, tandis que des dizaines d’écoles ont été touchées en 2017 seulement.

Découverte d’un atelier de production de munitions chimiques

Un atelier de production d’armes chimiques a été localisé, a annoncé hier un responsable de l’armée syrienne, le colonel Ferraz Ibrahim. La découverte a été faite par les troupes syriennes, lors d’une opération de nettoyage dans la localité d’Aftris dans la Ghouta orientale. La charge des munitions en question aurait pu être destinée à préparer une provocation en vue d’accuser les troupes gouvernementales d’utiliser des armes chimiques, a-t-il indiqué. Dimanche, le vice-ministre syrien des Affaires  étrangères, Faysal Mokdad, a annoncé que les terroristes cherchaient à mettre en scène une attaque chimique dans la Ghouta orientale pour en rejeter la responsabilité sur les forces gouvernementales syriennes. Il a saisi cette occasion pour affirmer que les organisations internationales qui menaient des enquêtes pour faire la lumière sur l’utilisation des armes chimiques dans le pays étaient toujours les bienvenues en Syrie.

Plus de 1.000 évacuations médicales urgentes nécessaires

Plus de 1.000 personnes ont besoin d’une évacuation médicale urgente, selon les Nations unies.  «Plus d’un millier de personnes doivent urgemment être évacuées de l’enclave rebelle pour des raisons médicales. Il s’agit, en majorité, de femmes et d’enfants», a indiqué Linda Tom, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) à Damas. Selon l’Ocha, figurent 77 «cas prioritaires» parmi le millier de malades ou blessés nécessitant une sortie urgente. 

Guterres réclame un accès humanitaire immédiat

Le secrétaire général de   l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé, hier au Conseil de sécurité, un accès humanitaire immédiat dans la Ghouta orientale, en Syrie, lors d’un exposé sur la non-application de la trêve exigée il y a 15 jours par ce même Conseil. Il est «urgent de permettre des évacuations humanitaires» dans cette banlieue de Damas, a souligné Antonio Guterres, lors d’une réunion du Conseil de sécurité. Il a aussi appelé tous les États à faire en sorte que la trêve soit appliquée et que de l’aide internationale parvienne aux civils. La Russie a dénoncé, lors de cette réunion, sa mise en cause par les  États-Unis, la France et le Royaume-Uni dans l’absence de cessez-le-feu, estimant que ces pays ne sont pas motivés par des considérations humanitaires. Ce sont des «reproches sans fin contre la Russie», a déclaré l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, lors de la même réunion.  Dans leurs discours, les États-Unis ont cité «22 fois» la Russie, la   France «16 fois», le Royaume-Uni «12 fois», a-t-il énuméré. C’est une «ligne politique» qui «n’est pas motivée par des considérations humanitaires», a poursuivi le diplomate russe, en laissant entendre que ces pays occidentaux cherchent avant tout à défendre des groupes opposés au gouvernement de Damas. La résolution 2401 de fin février ne prévoyait pas «de cessez-le-feu immédiat», mais cherchait à établir un processus de moyen terme et concernait toute la Syrie, a aussi affirmé Vassily Nebenzia. Damas «a le droit de se défendre contre des terroristes», a-t-il fait valoir.

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