mardi 11 dcembre 2018 22:15:57

Kamélia Hadj Saïd : le défi d’une championne hors pair

Au vu de son petit corps frêle, on ne peut deviner être face à une grande championne en herbe. Ceci d’autant qu’ au début, le sport n’était pas du tout sa «tasse de thé». Elle n’y pensait même pas.

PUBLIE LE : 11-03-2018 | 0:00
D.R

Au vu de son petit corps frêle, on ne peut  deviner être face à une grande championne en herbe. Ceci d’autant qu’ au début, le sport n’était pas du tout sa «tasse de thé». Elle n’y pensait même pas.

Voilà que par un pur hasard, sa vie de petite fille choyée, se transforme de manière radicale. C’est un peu son frère Amir qui allait donner une « impulsion » inattendue à sa nouvelle vie.
En effet, Amir qui aimait faire du sport, avait choisi de pratiquer le karaté au CRB Chéraga. Bien  qu’il soit plus âgé qu’elle de deux ans, cela ne l’empêchait pas de le suivre partout.  Comme son frère faisait ses débuts de karaté à la salle de Chéraga, elle en profitait pour aller le voir, mais aussi tenter de comprendre cette discipline qui, dès le premier contact, a fait un grand effet sur elle. « Ce fut comme un coup de foudre », a-t-elle affirmé avec un léger sourire.    
« J’ai alors demandé à mon père de me laisser pratiquer cette discipline. Il a refusé, prétextant que ce n’était pas un sport de filles, et c’est bien sûr ma mère qui l’a convaincu. Son aide a toujours été très précieuse pour moi. Alors qu’au début, il était contre le fait que je pratique tout sport, il est devenu un « mordu » de karaté et m’accompagnait tous les jours où j’avais un entraînement. Depuis, mon père est devenu mon meilleur défenseur pour ne pas dire supporter, puisqu’il se déplace avec moi là où il y a une compétition et ce, quel que soit son niveau ou son éloignement».
Kamélia, qui habite Chéraga, avait eu un premier contact avec le sport considéré à ses yeux comme moyen de s’affirmer dans la vie et suivre le chemin qu’elle s’est tracée. C’est ainsi qu’à six ans, elle avait rejoint le CRB Chéraga, comme son frère. Elle n’a pas, pour autant, délaissé ses études. « Les études étaient pour moi très importantes.
C’était aussi le cas pour mes parents.   J’ai commencé le karaté durant la saison 1998/1999 avec comme entraîneur Mohamed Oudira. Mon frère m’avait appris les rudiments de base du karaté, ce qui a facilité mes débuts dans cette discipline. Cela m’avait énormément aidé dans la pratique du sport et aussi à m’intégrer. Pour faire simple, il m’a facilité la tâche. Si l’entraîneur Mohamed a guidé mes premiers pas, Samir Slimani m’a vraiment lancé ; et même mon père y était pour quelque chose, puisqu’il assistait à tous mes entraînements. De plus, il faut dire que j’étais très organisée, puisque durant l’heure de la sieste, j’en profitais pour réviser mes cours. C’est ce qui m’a aidé à allier sport et études.»

 Un palmarès impressionnant

Un jour, et c’est un souvenir qui m’a marquée, mon père nous a fait une confidence qui en dit long sur son changement de mentalité. Il m’avait dit : « Si j’avais maintenu ma position de t’empêcher de faire du sport, j’aurais commis un véritable crime. »
En 2015, Kamélia s’est mariée avec le rappeur et producteur, Azou. Elle est, aujourd’hui, mère d’une petite fille de 18 mois prénommée Nessilia.
 Au fil des années,  Kamélia va connaître une évolution spectaculaire sur le plan des résultats sportifs et ce malgré l’adversité. Dès 14 ans et demi, c’est-à-dire en 2007,  elle commence à vraiment faire parler d’elle en remportant une médaille d’or en individuel et en kata. Ce fut pour elle un succès éclatant qui a étonné et surpris tout le monde.
« En 2009, ce fut vraiment mon vrai départ sous la coupe du président de la FAK, Boubekeur Mekhfi, avec le lancement des équipes nationales des cadets, juniors et seniors, ce qui n’était pas le cas avant où il n’y avait que les seniors. J’étais dans la catégorie juniors. Il faut dire que les catégories existent en kumité,  mais pas en kata. »
Avec son entraîneur, Amor Lalam, elle se distinguera dans le championnat d’Afrique organisé à la Coupole en remportant la médaille d’or en individuel et par équipes. « Depuis, ce fut l’occasion pour moi de montrer mes capacités à tout le monde sur un plan international. Il y eut par la suite le tournoi d’Istanbul (Turquie) qui m’avait permis aussi de remporter une médaille d’or en individuel et par équipes. Je vivais une évolution linéaire. Ce qui m’a réconfortée dans mes convictions, mais aussi ma famille qui est restée toujours fidèle en me soutenant sans compter. Puis, et pour cause de réglementation, j’étais obligée de choisir entre le kata et le kumité. Finalement, j’ai opté pour le kumité qui exige force, vitesse et concentration. J’ai opté pour ce type de style par défi. Je voulais montrer que je suis, dans ce domaine, la meilleure. Au tournoi de Fès (Maroc), j’avais aussi excellé en obtenant l’or en individuel et l’argent par équipes. A Cap Town (Afrique du Sud), au championnat d’Afrique en 2010, je réalise le même résultat. C’était pour moi quelque chose de magique surtout en raison de ma régularité dans ce sport, pas facile du tout. Puis, au championnat du monde en Serbie, je me suis classée à la 5e place. On avait en face de nous, les meilleures du monde qu’on avait l’habitude de voir sur les réseaux sociaux.
En 2011, aux Jeux africains de Maputo (Mozambique), là aussi, j’étais égale à moi-même en dominant, comme il le faut, en donnant l’or à mon pays. J’ai refait cette performance lors des Jeux africains (Congo) en 2015.
Puis, après mon mariage avec Azou, en 2015, je me suis retirée pendant une année de la compétition, avant de revenir en 2017 en confirmant ma domination au championnat d’Afrique, qui a eu lieu au Cameroun. Au cours de cette année 2018, au championnat arabe (dames), j’ai obtenu deux médailles : une en or, en individuel, et une autre en argent par équipes. Mon objectif principal, désormais, demeure les JO de Tokyo en 2020. Là, il faudra se distinguer dans le Ranking, puisqu’on ne choisit que les 10 meilleurs mondiaux. Pour cela, il faudra participer à un maximum de tournois pour obtenir un meilleur classement.  
Justement  dans ce cadre, je souhaiterais que la FAK, le MJS et aussi le COA m’aident afin que je puisse représenter dignement notre pays. »
A l’occasion de la journée internationale de la Femme, « je souhaite bonne fête à toutes les femmes algériennes. Je dis qu’une journée pour cette fête reste insuffisante. La femme occupe une place prépondérante dans la société algérienne. Qu’on ne l’oublie pas ! »      
Hamid Gharbi
 

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