mardi 25 septembre 2018 13:01:38

Ouarda une femme d’exception

Ouarda est une femme d’exception. Elle qui a surmonté son handicap par sa passion de tout d’apprendre dans la vie. Elle s’y connaît parfaitement en élevage apicole.

PUBLIE LE : 08-03-2018 | 0:00
D.R

Ouarda est une femme  d’exception. Elle qui  a surmonté son handicap par sa passion de tout d’apprendre dans la vie. Elle s’y connaît parfaitement en élevage apicole. Elle sait également bien conduire un tracteur pour labourer, car elle aime énormément la terre. Elle a appris aussi le métier de menuisier, qu’elle pratique avec génie. Ouarda a également eu l’honneur d’être reçue par le Président de la République, il y a quelques années de cela. Nous l’avons rencontrée au cours d’une exposition dédiée à la création féminine. Alors que l’on se promenait parmi les stands dédiés à la haute couture, à l’art culinaire, et aux produits d’artisanat qui essaient de faire revivre les métiers qui ont disparu ou sont en voie de disparition, notre attention a été attirée par cette fille qui exposait du miel. Elle ne parlait à personne, regardant passivement les gens circuler mais semblant  ne pas s’intéresser à ce qui se passait autour d’elle. Renseignement pris, on nous apprend qu’elle est sourde muette. On s’est approché pour essayer d’entrer en communication avec elle. Heureusement, voilà qu’arrive sa cousine qui lui sert de  moyen de communication avec les autres, par le biais du langage des signes.
La fille répond au nom de Yakhrelef Ouarda, elle est née en 1979 à «Ferme Blanche», Mohammadia. Elle a fait l’école des sourds-muets de Saïda pendant deux ans avant de tomber malade. Son bas âge à l’époque et la séparation de sa famille l’oblige à quitter définitivement l’école et à retourner auprès de ses parents. Quelque temps après, elle essaya d’apprendre la broderie mais comme ce métier, un peu complexe, exige de l’aide, elle n’a pu continuer. Comme les membres de la famille d’Ouarda, sont des apiculteurs de père en fils et que son père, bien qu’il soit directeur d’école, avait ses propres ruches, en son absence, c’est Ouarda, en compagnie de sa mère, qui s’en occupait, ce qui lui a permis de prendre goût à ce métier. Avec le peu de moyens qu’elle avait à sa disposition, Ouarda essaya tant bien que mal de créer ses propres ruches sur le terrain des voisins, mais néanmoins amis de ses parents. Pour atteindre son but, Ouarda ne restera pas les bras croisés. Elle court à travers champs et vergers pour récupérer les essaims qui abandonnent les ruches à maturité pour en créer de nouvelles, elle les ramasse et les installe, elle agit avec ces abeilles sans la moindre précaution ni masque, ni gants, Ouarda est l’amie des abeilles.
 Les grandes chaleurs de l’été dernier et le froid dur de l’hiver ont causé la mort d’une bonne partie de ses abeilles, mais Ouarda garde toujours le sourire, elle se contente de hausser les épaules et sûrement de penser, « je ne baisse pas les bras, je m’accroche et je compte cette toujours  multiplier mes ruches » Ouarda est une fille comme il en existe peu. Une fille courageuse, volontaire et accrocheuse, elle ne recule devant rien. Ouarda est également menuisière, elle utilise les machines comme un ouvrier professionnel pour fabriquer les différents objets dont elle a besoin, en particulier le nécessaire pour l’apiculture.
Elle a en poche un diplôme de menuiserie, un autre de vitrier et un troisième de cuisine collective. Ouarda circule à travers les champs dans un tracteur agricole qu’elle conduit avec art. Et justement, son travail et son savoir-faire lui ont donné l’occasion de représenter la femme mascaréenne. Ouarda n’a jamais fait de son «invalidité» un complexe, elle le pense «haut et fort» dans son mutisme, «le handicap  que Dieu lui a donné par la suppression de la parole et de l’ouïe, il le lui  a redonné dans l’esprit et dans les bras. C’est ce qui lui donne courage et ambition de faire mieux».
 A la question de savoir quel serait le message qu’elle pourrait adresser à la femme et à la fille algérienne, Ouarda dit que les filles en particulier doivent s’intéresser à la vie de leur pays, elles doivent chercher à travailler dans les métiers qui sont en voie de disparition, il ne suffit pas de travailler dans l’administration, il faut travailler dans tous les domaines pour le développement de notre pays.
Ouarda constitue un modèle de femme émancipée et une référence pour l’image de la femme algérienne qui a toujours été à la mesure de la tâche qui lui a été confiée.
La femme algérienne qui a activement participé à l’obtention de l’indépendance et à l’édification de son pays. Elle est présente aujourd’hui dans plusieurs hautes fonctions de l’Etat et dans les sphères de la vie politique et dans les assemblées élues nationales et locales.
A. Ghomchi

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