mardi 11 dcembre 2018 22:12:49

Mme Farida Belkassam présentatrice de « Hiwar Essaâ » : « Il n’y a pas de sexisme au sein de la télévision publique »

C’est en pleine préparation de l’émission « Hiwar Essaâ », diffusée à la télévision publique, que sa présentatrice, Farida Belkassam, nous a reçus au palais de la Culture. El

PUBLIE LE : 08-03-2018 | 0:00
Ph. : T. Rouabah

Entretien réalisé par : Ahmed Mesbah

C’est en pleine préparation de l’émission « Hiwar Essaâ », diffusée  à la télévision publique, que sa présentatrice, Farida Belkassam, nous a reçus au palais de la Culture. Elle livre un témoignage sur la place de la femme dans les médias, et révèle des détails sur sa famille et son quotidien.

El Moudjahid : Quels sont les critères qui président au choix des thèmes de votre émission ?
Mme Farida Belkassam : J’essaie d’être au plus près de l’actualité afin que les invités puissent répondre aux préoccupations des citoyens dans des domaines aussi variés que la culture, la société, la politique, l’économie ou encore le sport.

Tenez-vous compte de l’avis des téléspectateurs ?
Même s’il n’y a pas d’outils de mesure comme l’audimat, je reçois des réactions à travers la page facebook de l’émission, ce qui confirme que cette dernière est bien suivie.

Depuis quand exercez-vous ce métier ?
Je suis à la télévision depuis un quart de siècle et j’ai débuté en tant que rédacteur-reporter pour réaliser des reportages sur le quotidien des citoyens et recueillir de l’information sur divers sujets avant de présenter le journal de 20 H ce qui n’était pas toujours facile surtout lors de la décennie noire avec les menaces qui pesaient sur toute la corporation et pendant laquelle cette dernière a déploré 100 victimes et l’exercice du métier était perçu comme un acte de militantisme. (Avec émotions) D’ailleurs, quand j’y repense, je ressens beaucoup de peine, on ne croyait même pas qu’on allait s’en sortir indemnes. Mais nous l’avions fait pour que les valeurs de la République demeurent et que l’Algérie des chouhada reste debout.

Selon vous, que signifie le fait d’être une femme  à la télé ?
Je n’ai pas rencontré d’entraves de la part des mes collègues masculins. La femme a toujours eu sa place comme le confirme le parcours de Zahia Benarous, une des premières présentatrices du journal télévisé. Je dis avec beaucoup de fierté qu’il n’y a pas de sexisme au sein de l’entreprise et nos confrères nous viennent toujours en aide sur le terrain. En outre, je travaillais avec une équipe composée à 70% d’éléments masculins lorsque je présentais encore le JT. Néanmoins, il faut admettre que le journalisme est un domaine énormément investi par les femmes même si les hommes ne leur cèdent pas leur place dans la hiérarchie et l’encadrement supérieur, y compris dans les autres médias.

C’est pourtant contraire aux dispositions légales…    
L’article 36 de la Constitution (document en main) stipule que l’Etat œuvre à promouvoir la parité entre les hommes et les femmes sur le marché de l’emploi et encourage la promotion de la femme aux responsabilités dans les institutions et administrations publiques ainsi qu’au niveau des entreprises. 

Les téléspectateurs vous voient chaque semaine, mais que connaissent-ils de vous ?
Ils aiment aussi savoir qui est cette journaliste et quelle est sa vie de famille car ils nous prennent aussi pour des modèles.

Que leur diriez-vous pour vous connaître ?
Que je suis née en 1969 dans un village de Bordj Bou Arréridj où j’ai été scolarisée jusqu’au Bac pour poursuivre mes études en journalisme à l’université d’Alger. Je suis aussi diplômée en droit, en management et en marketing ainsi qu’en gestion administrative sans disposer d’aucun appui car issue d’une famille modeste, j’avais occupé le poste de rédactrice en chef du JT de 20 H entre 2009 et 2011 avant d’animer l’émission.
Du côté de la famille, je veux d’abord rendre hommage à mon père qui a eu l’intelligence de me permettre d’aller à l’école : chance que les autres filles de mon village n’ont pas toujours eue. Etant plus âgée, ma grand-mère m’a souvent incitée à fonder un foyer. Elle et ma mère suivent mes émissions et sont devenues expertes en politique nationale.
Quant à mon mari, avec lequel j’ai des échanges intellectuels c’ est un expert dans le domaine économique, il a été pour beaucoup dans l’évolution de ma carrière. Nous avons une fille et deux garçons qui sont mes premiers fans.

Avez-vous été sollicitée par d’autres chaînes ?
Les journalistes algériens sont très demandés à l’étranger mais j’ai choisi de rester en Algérie qui a besoin de tous ses enfants et nous lui sommes au moins redevables de cela ainsi qu’à nos aînés auxquels je rends hommage notamment au regretté Zouhir Ihaddadène qui a été notre père spirituel et un levier pour l’épanouissement de presse et la liberté d’expression. Choses qui n’auraient pu devenir une réalité sans l’ouverture du paysage médiatique sans les réformes initiées par le Président Abdelaziz Bouteflika. Réformes qui ont aussi redonné sa place à la femme. Enfin, je remercie mon public pour sa fidélité.  
A. M.

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